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Zemmour vs Mélenchon : bataille de boules de papier en salle des profs

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Publié le

28 janvier 2022

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Ce jeudi 27, le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est passé dans l’émission Face à Baba sur C8, émission qui a commencé par un débat avec Éric Zemmour durant 30 minutes. L’Incorrect l’a écouté et vous décortique la séquence.
ZEMEL

L’affrontement des deux grands orateurs s’est vite transformé en duel de punchlines dans l’objectif de se faire applaudir par leurs supporters. Ils n’ont pas pris beaucoup de temps avant de s’alpaguer, affirmant vouloir se « caresser » et se « hacher menu ». Mélenchon était franchement insolent et désagréable, tandis que Zemmour tentait de ramener le plateau à lui en tombant dans son ridicule petit jeu. Le ad hominem a ainsi pris le pas sur le reste, le premier étant critiqué pour son confortable poste de député, l’autre pour son poste de journaliste. Majoritairement, le débat s’est concentré sur le Grand remplacement et la créolisation, deux mots utilisés pour décrire le même phénomène.

De la cour de récré à la querelle historique

Michelet vs Clermont-Tonnerre, Monarchie vs République, Voltaire vs Diderot. Une nouvelle fois, le débat entre les deux candidats a basculé en un duel de références historiques plus ou moins solides. Mélenchon, en bon républicain, a défendu la naissance de la France à Valmy tandis que Zemmour, en bon patriote bonapartiste, la place sous la monarchie. Alors qu’étonnamment, le candidat LFI soutenait la thèse des Lumières catholiques, celui de Reconquête les a définies comme une « réaction à la religion ».

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Toujours sur un ton franchement désagréable, les deux se sont écharpés sur la grande question à laquelle personne ne semble vouloir donner de réponse : Qu’est-ce que la France ? Qu’est-ce qu’être français ? Zemmour a choisi de citer Renan, Mélenchon a préféré citer Michelet en se revendiquant une fois de plus des révolutionnaires de 1789. Critiquant l’idée de « France millénaire aux racines chrétiennes », il a préféré en faire un héritage de la « créolisation gallo-romaine » tandis que l’ancien chroniqueur de Face à l’info lui rétorquait son discours habituel. Hors plateau de télévision et sans insultes, le débat aurait probablement pu être intéressant mais son ton fit penser à « Baba » qu’il valait mieux changer de sujet.

Des cris et des larmes sur l’immigration

La troisième partie du débat est devenue de plus en plus inaudible. Alors que Jean-Luc Mélenchon a multiplié les emplois de pathos – « Vous n’aimez personne ? » –, Éric Zemmour a recyclé son disque habituel : « Les Français n’ont pas envie d’être remplacés ». Le débat est devenu franchement insupportable, chaque phrase d’un des deux candidats donnant lieu à des applaudissements d’un côté ou de l’autre du public. L’opposition frontale s’est faite sur le sujet qui oppose le plus gauche et droite radicales : l’islam. Entre deux gamineries de Mélenchon accompagnées des répliques de Zemmour, les insultes ont volé : l’un est facho, l’autre est communiste. On touchait le fond.

En tout et pour tout, ce débat est un échec pour les deux hommes 

La dernière partie portait sur les retraites. Le débat s’est calmé au grand plaisir des téléspectateurs, quoique Mélenchon semblait vouloir cesser la confrontation pour converser avec Cyril Hanouna : « Je parle avec Baba ». Chacun a pu exposer plus ou moins calmement son plan, Zemmour ayant de plus en plus de mal à interpeller (interrompre) le candidat LFI. Si le constat était le même, les solutions étaient opposées.

En tout et pour tout, ce débat est un échec pour les deux hommes : Éric Zemmour n’a pas su sortir de son sujet civilisationnel tout en suivant Mélenchon dans ses insultes ad hominem, lequel n’a fait que montrer un visage agressif, désagréable et artificiel. L’émission s’est poursuivie jusque tard dans la nuit avec neuf autres soutiens ou contradicteurs. Pourtant, seule cette confrontation aussi violente que ridicule restera dans les esprits.

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