Chef de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde s’est sans surprise rallié à Valérie Pécresse. Quoique Macron-compatible, il avait déjà dit quelques mois plus tôt qu’il soutiendrait le gagnant de la primaire des Républicains, sauf si c’était Éric Ciotti. De fait, la ligne du parti sur l’immigration et l’islam semble de plus en plus difficile à maintenir : Pécresse fait un « en même temps » macronien avec sa politique « ferme et humaine », Ciotti prône une politique sécuritaire intransigeante et dénonce la menace de l’islamisation, tandis que le député de Seine-Saint-Denis a fait preuve par le passé d’une très grande tolérance envers la religion du Coran et ses plus fidèles zélotes.
Jean-Christophe Lagarde, ami des islamistes et des voyous ?
Il faut se remémorer une affaire d’un cynisme effrayant qui avait sérieusement mis à mal la réputation de Lagarde. En 2008, celui qui était édile de Drancy avait caché qu’une salle polyvalente construite par la mairie serait en fait une mosquée, bâtie aux frais du contribuable. « Oui, je vous ai volontairement caché que ce serait une mosquée. […] Et aujourd’hui, tout prouve que j’avais raison de le faire ». Il s’était alors justifié en clamant ne pas vouloir augmenter les tensions qui auraient entouré le projet.
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Ce comportement, aujourd’hui qualifié « d’islamo-droitisme », caractérise tout à fait l’élu UDI, qui a été l’objet d’une enquête du Point (« Ces élus qui ont vendu leur âme ») en février 2020 puis d’un livre d’Eve Szeftel au titre évocateur : Le maire et les barbares. La journaliste de l’AFP y dénonce le clientélisme de Lagarde envers l’électorat musulman pour se faire réélire.
Mais ce clientélisme n’est pas qu’islamique. En effet, la collusion entre Jean-Christophe Lagarde et le « Gang des Barbares » était le principal sujet de la journaliste de l’AFP qui, en grattant un peu, a trouvé que 400 000 euros de la réserve parlementaire du député ont été utilisés afin d’obtenir l’appui de cette bande criminelle. Les associations qu’ils chapeautent ont donc pu, de cette façon, recevoir nombre de subventions, accentuant le contrôle du gang sur la ville de Bobigny. Eve Szeftel le dit ouvertement : « L’intérêt général est sacrifié à des fins électorales ». Elle ajoute une révélation effrayante : « 80 000 euros à l’association culturelle des musulmans de Bobigny, ont atterri sur les comptes de l’association cultuelle ». Les fonds publics du parti et de ses représentants politiques ont ainsi largement servi un objectif politicien caractéristique du centrisme corrompu. En pactisant avec ces délinquants notoires, Jean-Christophe Lagarde est ainsi parvenu à obtenir sa mairie, à 22 voix près. Ces voix sont chères, mais elles valent bien un mandat.
Szeftel a par ailleurs prouvé que la mairie UDI de la circonscription de Lagarde a financé une salle de sport avec horaires séparés répondant au nom évocateur de « Sunna Club ». Sur le même principe, une école coranique s’est installée.
« Pour ma part, je n’accepterai jamais le soutien d’un personnage […] accusé de connivence avec les islamistes »
Éric Ciotti
Éric Ciotti, toujours la demi-molle
Ce ralliement compromettant sonne comme un véritable affront pour Éric Ciotti, lui qui n’a pas réussi à imposer sa ligne et qui est réduit au rôle de rabatteur politique. Il doit désormais avalisé ce qu’il a toujours combattu.
Les tensions entre les deux hommes ont d’autres sources. En novembre sur France Info, Jean-Christophe Lagarde avait eu cette phrase : « Se foutre du monde au point de dire « je suis un RPR »… Mais monsieur Zemmour, si monsieur Pasqua était là, il te filerait une balle dans la tête ». Ce mot, Éric Ciotti ne l’avait pas digéré et l’avait d’ailleurs qualifié de « fatwa » contre le candidat de Reconquête en appelant à des « sanctions exemplaires ». Plus tard, lors du débat d’entre-deux-tours face à Valérie Pécresse, il avait même ajouté : « Pour ma part, je n’accepterai jamais le soutien d’un personnage […] accusé de connivence avec les islamistes ».
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Interrogé par Sonia Mabrouk sur sa position à propos du ralliement officiel de Lagarde, l’élu des Alpes-Maritimes a eu grand-peine à se justifier : « Je me sens parfaitement à l’aise dans sa campagne. Et il y a des alliés qui nous rejoignent, c’est tant mieux, mais la ligne n’est pas modifiée. […] Jean-Christophe Lagarde ne définit pas la ligne du parti ». Le voilà donc en train de renier publiquement des propos qu’il a tenus vieux d’à peine deux mois, comme pour ménager sa place sans se renier tout à fait. Nul doute qu’ils feront tout pour masquer ces dissensions pendant la campagne afin de conserver le mythe de la cohésion entre les différentes tendances du parti. En clair, le congrès LR n’aura rien changé : Éric Ciotti n’a ni la cohérence des mots, ni le courage de ses idées.





