Skip to content

Trans : les enfants cobayes

Par

Publié le

12 juillet 2023

Partage

Les demandes de changement de sexe explosent et ce dès le plus jeune âge. Un phénomène qui existe dans les pays nordiques et anglo-saxons depuis une décennie mais qui débarque en France. La circulaire de l’ex ministre de l’Éducation nationale, soi-disant anti-woke, dite circulaire Blanquer de septembre 2021 obligeant les écoles à changer le prénom d’un élève qui le demande dans tous les documents est un bel exemple. Embusqués derrière le (réel) trouble de dysphorie de genre, les lobbys LGBT déploient l’artillerie lourde pour perfuser la France de leur idéologie déconstructrice et de leur folie fanatique, avec comme premières victimes nos enfants. Enquête.
Trans

Depuis une bonne décennie, les diagnostics de dysphories de genre ont été multipliés par 10 à 40 selon les endroits dans tout le monde occidental. Aux États-Unis, 1,6 % des adultes se déclarent désormais transgenres ou non-binaires, un chiffre qui grimpe à 5 % pour les 18-29 ans (Pew Research Center, 2022). En 2009, 1 étudiant sur 665 se disait transgenre, puis 1 sur 56 en 2016, et désormais 1 sur 20 environ.

Lire aussi : Tu seras trans, mon fils : quand le sexe fait la loi

Et la France n’échappe pas hélas au phénomène : d’après la dernière enquête Ipsos, 4 % de la population française ne se reconnaît pas dans le « genre assigné à la naissance », et même 11 % de la génération Z – qui comprend 3 % de transgenres et 6 % de non-binaires. Des déclarations qui passent en acte : d’après l’Assurance maladie, les demandes d’opérations chirurgicales de réassignation ont été multipliées par 4 en une décennie, avec plus de 450 demandes en 2020.


Les chiffres des transitions en France

8952 personnes sont titulaires d’une affection de longue durée (ALD) pour « transidentité » en 2020 (dont 294 âgées de 17 ans et moins).
Les mineurs représentent 3,3 % des titulaires d’une ALD et près de 70 % des bénéficiaires ont entre 18 et 35 ans.
Source : Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM)

Triplement des séjours hospitaliers entre 2011 et 2020 pour « transsexualisme » (536 versus 1615).
Les 18 à 35 ans représentent 70 % des séjours en 2020 contre 50 % des séjours en 2011.
Les 36 à 50 ans représentent 17 % des séjours en 2020 contre 40 % en 2011.
62 % à 74 % des demandes de prise en charge de chirurgie mammaire et pelvienne de réassignation sont accordées selon l’année.
40 % de chirurgie de masculinisation et 60 % de chirurgie de féminisation.
Source : Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH)


Mais de quoi parle-t-on précisément ? Notre dentelle civilisationnelle, édifiée sur des assises naturelles qu’elle finalise et couronne, fait des attributs biologiques, du genre et de l’orientation sexuelle les trois faces alignées d’une même trinité sexuelle – les exceptions, dont il ne s’agit pas de nier l’existence, n’étant que la preuve qu’il existe une règle, de nature autant que de culture. À l’opposé, le terrifiant monde LGBT est celui de la décomposition, telle la vue en éclaté d’un dessin industriel : biologie, genre et sexe y sont réputés strictement indépendants.

Sexe, genre et biologie

C’est d’abord le lobby gay qui autonomisa la sexualité : au prétexte qu’il existe des homosexuels, l’hétérosexualité ne pouvait plus être la règle, et tout devenait socialement équivalent. Puis la théorie du genre autonomisa l’identité, en réduisant le sexe au simple statut d’organe biologique. Le mâle (XY) n’est plus un homme, la femme n’est plus une femelle (XX). D’ailleurs, mâle et femelle ne sont que deux pôles entre lesquels s’étaleraient « approximativement » 46 autres sexes – savantes combinaisons du sexe génétique, du sexe anatomique et du sexe hormonal qui empruntent au mâle et à la femelle, et que l’on regroupe sous l’étiquette « intersexuation ». En clair, le biologique ne signifie plus rien, si ce n’est que la binarité de genre relève d’une scandaleuse construction sociale dont il faudrait se débarrasser – Facebook reconnait pour l’heure 52 genres mais « il existe autant d’identités de genre que de personnes ». À bas l’assignation : le genre devenait le terrain de jeu du « ressenti ». Histoire d’effacer tout ancrage sexuel, on ne parle plus de « transexualité » mais de « transidentité ».

La biologie est alignée sur le sentiment, l’immuable sur le mouvant, le donné sur le volontaire

Trois possibilités alors. Ou la transition sociale : se faire appeler par un autre prénom et demander à être « genré » différemment. Et/ ou la transition administrative : changer d’identité à l’état civil. Et/ ou la transition médicale : changer le corps afin qu’il coïncide avec le genre par les traitements hormonaux et la chirurgie – dans ce dernier cas, le rapport sexe/genre retrouve sa part de nécessité, mais en sens contraire : la biologie est alignée sur le sentiment, l’immuable sur le mouvant, le donné sur le volontaire.

Les femmes à poil

Il ne s’agit pas de nier l’existence de la vraie dysphorie de genre, mais de spécifier l’espace idéologique dans lequel la contagion contemporaine opère. Car nouveauté historique il y a : connue depuis un bon centenaire, la dysphorie traditionnelle, ultra-minoritaire (0,01 %), touchait de manière écrasante les hommes et survenait dès la petite enfance, entre 2 et 4 ans – avec une transition vers 25-30 ans si le trouble persistait. Aujourd’hui, un phénomène radicalement inverse est à l’œuvre puisqu’il touche majoritairement les jeunes femmes à l’adolescence. Aux États-Unis, le pourcentage de personnes souhaitant une transition vers le genre masculin était à peu près nul jusqu’aux années 2000. Puis ce taux a grimpé pour atteindre 46 % en 2016, et environ 70 % aujourd’hui. Signalons aussi un fort marquage géographique, donc sociologique : dans l’État de New York, 1 adolescent sur 33 se dit trans, contre seulement 1 sur 222 dans l’Iowa.

Lire aussi : Tribune de Marion Maréchal : Du féminisme au transgenrisme

Comment expliquer ce basculement ? Auteur de Dommages irréversibles, la journaliste américaine Abigail Shrier souligne que ces jeunes femmes, majoritairement blanches et issues des milieux favorisés, sont les mêmes qui succombent aux autres contagions sociales (anorexie, boulimie, …) Personnes intelligentes mais isolées, sans grande indépendance ni aucun souci disciplinaire, elles ont pour point commun d’avoir fait d’internet et des réseaux sociaux leur unique espace de liberté. À un âge où elles détestent leur corps, les voilà sujettes aux contagions sociales, à la recherche d’une bouée sociale: la reconnaissance. Et un certain discours féministe, qui au prétexte d’émanciper les femmes a voulu en faire d’autres hommes, avec les mêmes goûts et les mêmes objectifs, en oubliant les spécificités féminines jusqu’à ne plus savoir définir la femme, n’a pas aidé. La communauté trans virtuelle offre à ces jeunes filles un prisme idéologique et indique une voie toute tracée, avec en point d’orgue l’héroïsation du trans. Tous les ingrédients sont réunis pour qu’opère l’embrigadement sectaire décrit par les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson dans La fabrique de l’enfant-transgenre, phénomène qui explique « le risque de surestimation diagnostique » et l’appel à « une grande prudence médicale » exprimés par l’Académie de médecine en février 2022.

Mon corps, ma foi

Pour que cette funeste évolution ait cours, il a fallu que ses zélateurs normalisent la figure du trans, qu’ils en effacent toute dimension pathologique, qu’ils fassent de la fluidité de genre une nouvelle norme. D’où un glissement sémantique d’abord : la « dysphorie de genre » a laissé place à l’« incongruence de genre », puis désormais à la « variance de genre ». D’où un glissement médical et politique ensuite : la « dépsychiatrisation », obtenue en France dès 2010 via un décret signé par Roselyne Bachelot qui supprimait la transsexualité de la liste des affections psychiatriques, option suivie par l’OMS dans sa nouvelle classification internationale des maladies (CIM-11) en 2019. La transidentité ne relève plus de la santé mentale, mais de la santé sexuelle. L’étape suivante, c’est la « dépathologisation » et la « démédicalisation » complètes, à savoir la mise à l’écart de toute expertise médicale – la prudence est considérée comme un obstacle –, seule manière d’atteindre le rêve de l’« auto-détermination »: les personnes trans doivent seules décider des soins qu’il faut leur prodiguer, comme on choisit un dessert ou une coupe de cheveux. « On fait obstacle à la médicalisation : la transidentité n’est plus un symptôme psychique à entendre et à interroger dans toute sa complexité, mais un fait social à accompagner, fondé sur acte positif d’auto-détermination » s’inquiètent Eliacheff et Masson.


Transitionner avant la majorité

Bloqueur d’hormones ou hormones du sexe opposé : sans condition d’âge avec autorisation des deux tuteurs légaux
Mastectomie (ablation des seins) : à partir de 14 ans
Mammoplastie (implantation de prothèses mammaires) : à partir de 16 ans
Hormonothérapie (traitement aux hormones du sexe opposé) : à partir de 16 ans
Chirurgies de changement de sexe : à partir de 18 ans


Et sous les assauts de lobbys trans, ce rêve est en passe de devenir réalité. En France, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale de septembre 2021 permet aux élèves transgenres de se faire appeler, au sein de leur établissement scolaire, par le prénom de leur choix. Le changement de genre à l’état civil est possible sans condition médicale depuis 2016 mais moyennant tout de même une procédure judiciaire (en Espagne, il est possible sur simple déclaration administrative). En ce qui concerne les opérations chirurgicales, le suivi psychiatrique n’est plus obligatoire depuis décembre 2022. Entre deux-tiers et trois-quarts des demandes de transition sont accordées selon les années d’après la Caisse nationale de l’Assurance maladie. La Haute autorité de santé – infiltrée par les militants trans comme l’a montré une enquête du Figaro – devrait présenter de nouvelles recommandations pour faciliter les transitions.

En insistant sur l’« identité », les activistes sont en passe de convaincre les professionnels de santé qu’ils ne doivent jamais refuser les traitements ou chirurgies à des patients transgenres. « Pas d’discussion/Allez allez/Exécution » comme chantait Bourvil. La famille doit soutenir, le médecin doit accompagner, l’État doit financer – à hauteur de 100 % ! Toute interrogation est amalgamée à une « thérapie de conversion » pénalement répréhensible (2 ans de prison et 30000 € d’amende depuis une loi de 2022) ; quiconque émettrait un doute serait coupable de transphobie – et c’est toute la machine militante qui se met alors en branle par l’indignation, la victimisation, l’intimidation et la violence aussi.

Lire aussi : « “Femme” n’est pas un costume » : J. K. Rowling répond au mouvement transgenre

Derrière cette mise au pas des sciences médicales se cache un véritable acte de foi – en l’occurrence, la foi moderne en un homme auto-créateur pratiquée dans son rite le plus des-intégriste: s’affranchir des limites assignées naturellement au corps – du moins, l’illusion d’un affranchissement, car on ne change pas de squelette ou de gènes, car Jean devenu Jeannette ne peut porter d’enfant, car Victorine devenue Victor n’aura jamais d’érection spontanée. C’est le rêve prométhéen dans toute sa radicalité – et tant pis si Pascal, Darwin et Freud nous ont enseigné que le Moi « libre et éclairé » n’est pas tout à fait maître chez lui. Débarrassé d’une nouvelle variété de contraintes non consenties, le trans est devenu la figure centrale de l’imaginaire progressiste, comme jadis le syndicaliste-révolutionnaire, comme demain le transhumain demain. L’homme nouveau du XXIe siècle a des seins en silicone. C’est le marché qui se frotte les mains, comme le démontre impeccablement Dany Robert-Dufour dans Le phénomène trans.

Troubles made in trans

Chaque contre-argument est balayé au nom d’un spectre qui justifie tout : le suicide. « Si on ne fait rien, le petit va se passer la corde au cou. » Et les études démontrent effectivement que l’on a affaire à une population très à risque : ces adolescents présentent fréquemment des comorbidités psychiatriques, principalement des troubles anxio-dépressifs, ainsi que des difficultés sociales et psychoaffectives – sans parler de la prévalence des troubles de l’autisme et d’hyperactivité. Liberté, égalité, transitionné – ou la mort.

Les études montrent qu’entre 60 % et 90 % des enfants qui interrogent leur identité sexuelle ne persisteront pas dans leur demande de transformation après la puberté

Pour quels résultats ? Les médecins du genre expliquent, études à l’appui, que les traitements permettraient de diminuer le risque suicidaire. Or, rien n’est moins sûr pour la gynécologue Nicole Athéa et Céline Masson : « La méthodologie de ces études est souvent critiquable : elles sont bien loin de remplir les critères de l’evidence-based medicine qui constituent les impératifs pour évaluer la qualité des travaux dans le domaine médical ». En fait, il n’existe aucune étude de long terme qui démontrerait une diminution des idées suicidaires après la transition. La dysphorie d’une femme peut même s’aggraver, celle-ci se rendant compte, malgré les changements physiques, qu’elle ne ressemblera jamais tout à fait à un homme.

En clair, le mal est loin de disparaître : une étude montre par exemple qu’après la chirurgie, les adultes transsexuels étaient cinq fois plus susceptibles d’avoir fait une tentative de suicide et dix-neuf fois plus susceptibles d’être décédés par suicide que la population générale (C. Dhejne et al., 2011). Membre du Comité de l’enfant et de l’adolescent de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (WAPTH), le Dr Laura Edwards-Leeper conclut : « Autant que je sache, il n’y a pas d’études qui disent que si nous ne commençons pas immédiatement un traitement hormonal chez ces enfants lorsqu’ils disent qu’ils en veulent, ils vont se suicider. C’est donc une erreur… En ce qui concerne la nécessité d’intervenir médicalement pour prévenir le suicide et de le faire rapidement, je ne connais aucune étude qui ait montré cela. »

Vol d’enfance

Outre leur efficacité non-prouvée, ces traitements ne sont tout simplement pas nécessaires pour une immense partie des adolescents se déclarant transgenres… car ils ne le sont pas ! Les études montrent qu’entre 60 % et 90 % des enfants qui interrogent leur identité sexuelle ne persisteront pas dans leur demande de transformation après la puberté (88 % dans D.Singh et al., 2021). Faciliter les transitions très tôt au nom de l’« auto-détermination », c’est donc inciter nos ados à se lancer dans des traitements très lourds du point de vue des effets secondaires, et en bonne partie irréversibles : les effets de la testostérone sur la pilosité ou la voix ne peuvent être annulés, les seins découpés ne peuvent être recousus, la possibilité de procréer est souvent compromise. Et tout ça alors que leurs problèmes sont très sûrement ailleurs ! On ne s’étonnera pas que le nombre de « détransitionneurs » explose, que les cliniques londoniennes ou suédoises, longtemps précurseurs, commencent à faire machine arrière.

Lire aussi : Écosse : la guerre entre féministes et trans est déclarée

Reste la question principale : la maturité intellectuelle des enfants. Dans quelle mesure une telle décision peut-elle être prise en conscience par un être dont les capacités intellectuelles et sensitives sont en voie de maturation, soumis aux attraits de l’imagination et de la mode, esclave des bouillonnements adolescents et des projections des désirs parentaux ? Prononcés en 1990, ces mots prémonitoires d’Alain Finkielkraut devraient bousculer nos consciences : « Mais si l’enfant est déjà un homme, comment le soustraire aux pressions que les hommes exercent sur lui ? Le traiter à égalité avec l’adulte, affirmer qu’il est responsable de ses actes, qu’il faut le croire sur parole et prendre ses adhésions pour argent comptant, ce n’est pas le respecter ou le défendre, c’et garantir l’impunité à ceux qui le manipulent. […] Voir en lui une personne achevée et non une personne en devenir, c’est sous l’apparence du libéralisme le plus généreux, lui dénier férocement la légèreté, l’insouciance, l’irresponsabilité qui sont ses prérogatives fondamentales pour l’exposer, alors qu’il est sans défense, à tous les conditionnements et à toutes les convoitises. » On croyait la protection de l’enfance acquise ; elle n’a jamais eu une si vertigineuse actualité.


Un insondable mystère

Pour étayer son enquête, L’Incorrect voulait commander un sondage sur une question un peu bête, un peu simplette mais qui méritait tout de même, on le pensait du moins, qu’on s’y penche : les Français sont-ils d’accord avec tout ce qui se fait déjà en matière de transgenrisme? Nous avions donc concocté une dizaine de questions pour demander à nos compatriotes s’ils sont favorables, pêle-mêle, à l’intervention d’associations militantes transactivistes dans les écoles; à la circulaire Blanquer et à la loi interdisant les thérapies de conversion; au fait qu’un homme puisse être enceint; au remboursement à 100 % des transitions par la Sécurité sociale; à la possibilité pour un homme biologique se sentant femme de s’introduire dans les toilettes des dames et de concourir dans les compétitions sportives féminines; à la possibilité de s’engager dans une transition sans consultation préalable d’un psychiatre; à l’interdiction des transitions sexuelles en dessous d’un certain âge. « Trop touchy » nous ont répondu les grands instituts de sondage français – quand ils ont daigné nous répondre. Peuple non sondé et non consulté, acteurs institutionnels pétrifiés d’aller contre le vent, lobbys nous faisant « progresser » à coup de bistouri : notre République retourne visiblement à ses premières amours, la terreur. Quelle fleur bleue, cette Marianne !

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest