Skip to content

Transition de genre : la clinique Tavistock dans la tourmente

Par

Publié le

28 février 2023

Partage

La clinique britannique Tavistock, précurseur des thérapies pour les transitions de genre chez les enfants et adolescents, pourrait faire l’objet de nouvelles poursuites judiciaires à la suite des révélations fracassantes de la journaliste Hannah Barnes sur le traitement de ses patients.
Trans

La cause de la transidentité a subi de nombreux revers ces derniers mois en Grande-Bretagne, où paraît s’opérer un véritable réveil des consciences face aux drames causés par les transitions de genre de centaines d’enfants et d’adolescents. Alors que la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon démissionnait récemment à cause du débat sur l’identité de la femme transgenre Isla Bryson et de son projet de loi controversé autorisant la transition de genre chez les adolescents de 16 ans (texte bloqué par Westminster), la journaliste de la BBC Hannah Barnes vient de publier Time to Think, livre dans lequel elle pointe du doigt les graves déficiences du traitement et de l’accompagnement des patients mineurs dans la Gender Identity Development Service (GIDS) de la clinique londonienne Tavistock.

Patients autistes et dépressifs

La première et sans doute la plus sérieuse révélation faite par Hannah Barnes porte sur la santé et le profil des enfants. Après avoir discuté avec soixante psychologues, psychothérapeutes, infirmières et fonctionnaires, Hannah Barnes en est venue à une conclusion effroyable : plus d’un tiers des enfants traités pour une transition de genre étaient autistes, et bon nombre des autres étaient des dépressifs. Certains étaient des adolescents victimes d’abus sexuels. Enfin, parmi les cas relevés, on trouve des jeunes qui s’automutilaient. En clair, la question de la transition de genre n’était que l’un des problèmes auxquels ces enfants faisaient face, et peut-être un faux problème.

Lire aussi : Jean-Frédéric Poisson : « Drag-queens pro-LGBT, ou l’aboutissement logique de l’idéologie macroniste »

Mais la clinique Tavistock, par une politique toute idéologique, aurait mis la question du genre en première place, sans s’inquiéter de l’état de santé psychologique et psychique des enfants. Une fois la dysphorie de genre décrétée par le médecin, les patients se sont vu attribuer des bloqueurs de puberté pour leur donner « le temps de réfléchir » quant au changement définitif de sexe. Ces révélations ne sont pas nouvelles et ont débuté lors du procès de Keira Bell en 2011. Cette adolescente de 16 ans s’était vu prescrire par les médecins du GIDS de Tavistock des bloqueurs de puberté et des séances de mastectomie (ablation des seins), sans que cela ne la guérisse de ses maux, bien au contraire.

Bloqueurs de puberté et hormones : des effets irréversibles

Au-delà des scandales déjà dévoilés par plusieurs lanceurs d’alertes de la clinique, dont l’ancienne médecin du GIDS Anna Hutchinson, les parents et les enfants seraient victimes d’une grave désinformation de la part du personnel de la GIDS. La conclusion de l’enquête est sans appel : les cliniciens du service ont insisté sur la réduction de la détresse chez l’adolescent dysphorique et sur l’absence de conséquence des bloqueurs d’hormones ou des hormones du sexe opposé. Tout ceci est faux rétorque la journaliste : les effets de ces médicaments sur les enfants sont irréversibles.

Après une recherche menée par le GIDS, il fut prouvé qu’aucune amélioration de la condition psychologique des enfants n’était constatée à la suite de la prise d’hormones

Mais plus grave encore, après une recherche menée par le GIDS, il fut prouvé qu’aucune amélioration de la condition psychologique des enfants n’était constatée à la suite de la prise d’hormones. Madame Barnes rappelle pourtant les statistiques effarantes de demandes de transition de genre chez le GIDS : en 2009, il avait 97 demandes de transition, chiffre qui est passé à 2 500 en 2020, avec une liste d’attente de 4 500 personnes. À mesure que le nombre de demandes augmentait, le suivi des patients – assuré souvent par des jeunes en début de carrière – était de moins en moins bon, en particulier au niveau psychologique. « Au lieu de se concentrer sur leur situation individuelle, des cliniciens m’ont dit qu’ils orientaient rapidement certains enfants vers des bloqueurs de puberté parce que cela libérait de la place pour voir d’autres patients sur la liste d’attente » confie Hannah Barnes dans un entretien accordé à l’hebdomadaire L’Express le 18 février.

Mermaids, ou la puissance des lobbys LGBT+

Pourtant, la politique d’attribution d’hormones fut bel et bien poursuivie par la clinique, encouragée par les associations transgenres, en particulier Mermaids. Cette association britannique qui promeut les droits des trans en Grande-Bretagne aurait mis une pression considérable sur les médecins qui refuseraient d’enclencher immédiatement le processus de transitions de genre. Ceux-ci seraient « certainement attaqués [par Mermaids] s’ils tentaient simplement de se poser et de réfléchir avec [les enfants] » sur leur demande de transition.

Lire aussi : Nouvel ambassadeur aux droits LGBT+ : quand la démocratie s’en va-t-en guerre

L’association aurait par ailleurs mis une forte pression auprès de la clinique afin qu’elle supprime la limite d’âge de 12 ans pour débuter une transition de genre. Dans une déclaration récente, son porte-parole affirme que « alors que nous défendons les besoins des jeunes transgenres, l’objectif de Mermaids est et a toujours été de soutenir nos usagers qui en ce moment souffrent d’un manque de clarté du NHS à propos des futurs services spécialisés sur le genre pour les enfants et les jeunes, tout comme de délais d’attente inacceptables de plus de trois ans pour accéder à un traitement qui sauve la vie ». Il n’est pas certain que les révélations récentes servent la cause de Mermaids dans les prochains mois.

Des réactions tardives

Hélas, la réaction générale à cette triste situation fut très tardive. Pourtant, les alertes individuelles n’ont pas manqué ces vingt dernières années. En 2006 déjà, le médecin Dr David Taylor exprimait « ses inquiétudes dans un rapport sur les effets à long terme « non testés et non documentés » », rappelle Hannah Barnes dans L’Express, ce qui n’a pas empêché 1 000 enfants de se voir prescrire des bloqueurs de puberté par les médecins de Tavistock entre 2006 et 2018. Le rapport provisoire sur le suivi des enfants transgenres, commandé par le gouvernement britannique en 2018 et publié en février 2023 par la pédiatre Hilary Cass, réitère ces inquiétudes.

Elle confie également la grande inquiétude qu’elle a ressentie lorsqu’elle découvrit que l’attribution d’hormones du sexe opposé entamait bel et bien la transition de genre des enfants, contrairement à ce qu’on leur disait lors des consultations médicales

Plusieurs cliniciens de Tavistock, dont la médecin Anna Hutchinson, interviewée pour cet ouvrage par Hannah Barnes, ont démissionné du service. Elle dit avoir été alarmée par le traitement et le suivi très négligés de ces enfants et adolescents. Pour autant, elle n’a pas osé lancer l’alerte. Elle confie également la grande inquiétude qu’elle a ressentie lorsqu’elle découvrit que l’attribution d’hormones du sexe opposé entamait bel et bien la transition de genre des enfants, contrairement à ce qu’on leur disait lors des consultations médicales.

Une leçon pour la France

Ces révélations ont permis de mettre en lumière les graves dangers que peuvent représenter les transitions de genre. Alors qu’en France la transition de genre n’est pas autorisée pour les mineurs, les pressions sont nombreuses pour modifier la législation, comme l’a fait l’Espagne le 16 février dernier en autorisant la transition de genre à partir de 16 ans sans le consentement des parents. Un article publié par la Caisse d’allocations familiales le 25 janvier dernier, intitulé « Mon enfant est transgenre, comment bien l’accompagner ? », normalise la « condition » de transgenre et prodigue des conseils aux parents pour accompagner les enfants soi-disant atteints d’une dysphorie de genre nécessitant une transition. Les références citées par l’article sont édifiantes. « Beaucoup, en particulier chez les jeunes générations, ne veulent pas s’enfermer dans un genre féminin ou masculin » analysetrès objectivement Anaïs Perrin-Prevelle, coprésidente de l’association OUTrans. « Si les parents se sentent démunis, ils peuvent se tourner vers les associations LGBTQI+ » poursuit-elle.

Lire aussi : Le nouveau monde LGBT (3/3) : l’homme grand-remplacé, la civilisation en danger

Dans une lettre ouverte au ministre de la santé François Braun, publiée dans Le Figaro le 17 janvier dernier, plusieurs personnalités dont Elisabeth Badinter ont demandé à ce que la CAF cesse de faire la promotion de la transidentité, affirmant que « non seulement cette théorie ne repose sur aucun fondement scientifique, mais en outre elle rejette une donnée biologique, scientifique, incontestable : l’espèce humaine est constituée de deux sexes, mâle et femelle, et de deux genres, le féminin et le masculin ».

L’association Juristes pour l’enfance y voit quant à elle une incitation ouverte à la légalisation des transitions de genre pour les adolescents et prévoit une action en justice contre la CAF prochainement. « Sous couvert d’apporter une aide aux parents confrontés aux difficultés de leurs enfants, cet article se fait le porte-parole d’associations militant pour banaliser et encourager la “transidentité” chez les enfants, sans faire référence au débat contradictoire qui existe sur ces questions » a-t-elle dénoncé dans un communiqué de presse. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest