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Semaine cinéma : ce qu’il faut voir et fuir

Médecin de nuit de Elie Wajeman avec Vincent Macaigne, Sara Giraudeau, Pio Marmai

Mikaël est médecin de nuit. Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie est un chaos. Mikaël n’a plus le choix : cette nuit, il doit reprendre son destin en main. Conduit comme un contre-la-montre dans le Paris des invisibles, Médecin de nuit se déguste comme un engrenage à la mécanique parfaitement huilée, haletant et suffocant, porté par un Vincent Macaigne d’une densité impressionnante.

https://youtu.be/gQC-0RtpwQs

La Nuée de Just Philippot avec Suliane Brahim, Sofian Khammes et Marie Narbonne

Avec La Nuée, Just Philippot nous embarque sur un tout autre terrain: le film de genre. L’histoire de Virginie, mère célibataire qui pour sauver sa ferme se lance dans le business de sauterelles comestibles et développe avec elles un lien étrange. Écriture précise, mise en scène brillante et une actrice, Suliane Brahim, exfiltrée de la Comédie française, tout en intensité, La Nuée, à la fois réaliste et fantastique, surprend par sa maîtrise qui n’a rien à envier aux maitres du genre.

https://youtu.be/c3l9x-QYw5Y

5ème Set de Quentin Reynaud avec Alex Lutz, Ana Girardot et Kristin Scott Thomas

À presque 38 ans, Thomas est un tennisman qui n’a jamais brillé?. Pourtant, il y a 17 ans, il était l’un des plus grands espoirs du tennis. Mais une défaite en demi-finale l’a traumatisé et depuis, il est resté dans les profondeurs du classement. Si ce 5ème set souffre de quelques maladresses inhérentes à un premier film, l’ensemble touche par ce portrait très juste d’un sportif qui ne veut rien lâcher. Le tout porté par un Alex Lutz magistral.

https://youtu.be/EHqjVxdKfvU

Sans un bruit 2 de John Krasinski avec Emily Blunt, Cillian Murphy et Millicent Simmonds

Après les événements mortels survenus dans sa maison, la famille Abbot doit faire face au danger du monde extérieur. Pour survivre, ils doivent se battre en silence. Forcés à s’aventurer en terrain inconnu, ils réalisent que les créatures qui attaquent au moindre son ne sont pas la seule menace qui se dresse sur leur chemin. Tension parfaitement maîtrisée et mise en scène travaillée, au service d’une histoire qui traite finement les thèmes de l’hérédité et du passage de l’enfance à la maturité : enfin un numéro deux aussi bon que le premier[...]

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Sans un bruit 2 : notre critique
John Krasinski est de retour derrière la caméra pour Sans un bruit 2, la suite du thriller sorti en 2018. Le film reprend directement là où l’opus précédent s’était conclu, alors que la famille Abbot cherchait à survivre après la mort du père, joué par Krasinski lui-même. Ce deuxième épisode de la saga réussit l’exploit de dépasser le premier, qui était déjà excellent. Tout touche juste, alors que la séparation rapide des personnages voit l’intrigue se subdiviser en deux quêtes parallèles où chacun est confronté à ses propres faiblesses. [...]
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Dante peut-il chanter en français ?

D’après la spécialiste Jacqueline Risset, la fortune de Dante en France serait « l’histoire d’une absence ». La publication d’une préface inédite et somptueuse du grand D’Annunzio à une édition française de La Divine Comédie (Dant de Flourence, Arcadès Ambo) se lit comme une formidable introduction au « précurseur du grand esprit occidental, comme le prophète inconscient de la future unité latine, tout éclairs même quand il est trouble, tout amour même quand il hait, toute ferveur, même quand il se trompe ». Une mésestime qui s’explique entre autres par le geste de François Ier jetant le livre de Dante après avoir lu que son aïeul Hugues Capet y était décrit comme « le fils d’un boucher de Paris ».

Lire aussi : Musée Carnavalet : après quatre ans de travaux, enfin la réouverture !

Même si Christine de Pisan a révélé l’œuvre aux Français à la jonction du XIVe et du XVe siècle, ceux-ci, jaloux et vaniteux, eurent tendance à ignorer cet Homère italien, que les romantiques ne leur redonnèrent à lire qu’à travers L’Enfer. Alors que Michel Orcel publie sa nouvelle traduction du Paradis et achève une entreprise qui reçut la bénédiction du regretté Philippe Jaccottet, il vient nous expliquer, après l’avoir prouvé, comment Dante pourrait chanter en français. Usant d’une versification donnant à entendre en français le rythme du poème toscan, osant des archaïsmes adéquats et des néologismes copiés sur ceux de Dante, il parvient à restituer l’aspect torrentiel du texte le plus éblouissant de la littérature mondiale. Propos recueillis par Romaric Sangars.

Oui. Même si beaucoup de traductions actuelles en font douter.

C’est une sorte de configuration stellaire qui m’a soudain révélé le devoir que j’avais de rendre justice à Dante en français. Cette configuration relève à la fois : de ma soif de grandes entreprises ; de ma longue pratique de la traduction des classiques italiens ; de mon retour en France après une longue station en terre d’islam ; de l’amitié et de la confiance que me porte ce merveilleux éditeur (grand connaisseur de Dante) qu’est Florian Rodari ; de l’approbation de Philippe Jaccottet ; mais, plus radicalement encore, c’est à la fois l’irritation extrême que j’ai éprouvée en relisant ou découvrant les traductions qui circulent actuellement (Vegliante, Ceccaty, Robert) et mon retour à une vision chrétienne du monde que je dois sans doute d’avoir osé m’approcher amoureusement de ce massif de la pensée et de la poésie qu’est la Divine Comédie. [...]

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Médecin de nuit : notre critique

Mikaël est médecin de nuit. Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie est un chaos. Mikaël n’a plus le choix : cette nuit, il doit reprendre son destin en main. Conduit comme un contre-la-montre dans le Paris des invisibles, Médecin de nuit se déguste comme un engrenage à la mécanique parfaitement huilé [...].

Lire aussi : Le Dernier Voyage : notre critique

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Simon Berger, rhapsodie bohémienne

Après un premier roman sur Jean-Sébastien Bach, un roman sur les Gitans. Deux sujets rebattus qui ne facilitent pas la tâche d’un jeune écrivain…

 L’Ecclésiaste le martelait déjà : il n’y a rien qui ne soit éculé, tout a déjà été dit. Je ne me vois pas chercher un sujet pour sa seule singularité ou parce que je montrerais, en le traitant, ma prétendue originalité. Paradoxalement, une fois qu’on a compris que l’originalité dans le sujet est une illusion, la liberté et la jubilation de l’invention peuvent, je le crois, jaillir. L’errance de Bach ou celle des nomades m’intéresse, mais je ne cherche ni l’originalité, ni la démonstration ; je cherche seulement à faire se rencontrer un sujet qui m’attire et mon amour du travail de la langue. Bien sûr, quand on ne croit pas à l’originalité du sujet, on sait d’autant plus la dette que l’on a contractée, à vie, à l’égard de ceux qui nous ont précédés, et qui ont labouré le champ que nous prétendons aujourd’hui moissonner. La comparaison avec les compositeurs est très juste : il y avait un temps où chaque musicien se devait de faire sa messe sur L’homme armé. Mais c’est dans cette continuité, dans ce passage de relais, que le frottement des styles et des personnalités artistiques devenait possible – et même les révolutions formelles. En somme c’est toujours la même histoire, répétée, remodelée, dans une grande fugue des générations, avec aussi les incompréhensions, les reprises, les divergences inhérentes à ce dialogue ininterrompu.

Pourquoi faire de la figure de Jacob un petit Gitan? 

Il se trouve que le Jacob de mon livre est inspiré d’un Jacob qui a existé. Ce Jacob était, non pas exactement un Gitan, mais un Yéniche ; cela dit, le mode de vie reste le même, et c’est précisément cette vie-là, dans cet environnement-là, qui m’a retenu et m’a poussé à écrire cette histoire. L’assignation à ce peuple très fer de ses origines (pourtant jamais vraiment élucidées), dont la façon de vivre et de penser est très proche de celle des manants (alors même qu’en règle générale, les voyageurs ne permanent jamais bien longtemps, où que ce soit), ne peut pas ne pas marquer le jeune Jacob jusque dans sa chair. Il y a là-dedans quelque chose de la tragédie, ce fatum qui est le même dans les palais grecs et entre les roulottes, le drame en miniature de la condition de l’homme, jeté dans le monde avant tout, pour employer un bien grand mot, comme un homo viator. [...]

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Le Dernier Voyage : notre critique
Pour son premier film, l’audacieux Romain Quirot ambitionne de s’incruster sur le terrain de jeu favori d’Hollywood, la science-fiction. Dans un futur proche, une mystérieuse lune rouge est exploitée à outrance pour son énergie. Alors qu’elle change brusquement de trajectoire et fonce droit sur la Terre, Paul W.R, le seul astronaute capable de la détruire, refuse d’accomplir cette mission et disparaît. Si le Dernier Voyage souffre de sérieux problèmes d’écriture, entre dialogues simplistes et quelques trous scénaristiques, il offre pourtant l’une des plus belles propositions de cinéma de ces dernières années. [....]
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Nomadland : notre critique
Grand vainqueur des Oscars 2021 avec trois statuettes (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure actrice) le nouveau film de la jeune chinoise Chloé Zhao s’inscrit dans la filiation de ses deux premiers longs-métrages : la vie des marginaux américains d’aujourd’hui. Après les Amérindiens dans Les Chansons que mes frères m’ont apprises (2015) et les gueules cassées du Rodéo dans le très beau The Rider (2015), Nomadland s’attaque aux nouveaux aventuriers de l’ouest [ ...]
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Cinéma : bilan à l’heure de la reprise

Il est un peu plus de 20h lorsque ce mercredi 28 octobre 2020, Emmanuel Macron annonce ce que beaucoup craignaient. À peine quatre mois après leur réouverture, les salles obscures doivent à nouveau tirer leurs rideaux bleu nuit. « C’est catastrophique », déclare à chaud Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français. Avec 3 millions de spectateurs enregistrés au box-office cette semaine précédant la fermeture, un record depuis la réouverture du 22 juin, l’annonce est un coup de massue. Adieu les cons d’Albert Dupontel vient d’atteindre en quelques jours 600 000 spectateurs (alors que le couvre-feu le prive d’au moins deux séances sup- élémentaires par cinéma), le charmant Antoinette dans les Cévennes n’est pas loin des 800 000 entrées, confirmant que les trois mois de confinement n’ont pas fait passer aux Français le goût du cinéma. Le bilan de l’année 2020 n’en est pas moins catastrophique : à peine 30 % du chiffre de 2019. « Dans ce contexte particulier, les films français (29,2 millions) réalisent davantage d’entrées que les films américains (26,6 millions) ou les films d’autres nationalités (9,3 millions). Ce phénomène ne s’était pas produit depuis 14 ans (2006) », se rassure le CNC. C’est là qu’est l’os.

Si les ricains n’étaient pas là.

 Si le cinéma français peut se gargariser d’avoir battu les Ricains, c’est surtout parce que ces derniers ont alors déserté les salles obscures pour les plateformes. La Warner a préféré sortir sur ce support sa superproduction Wonder Woman, quand Disney a profité de la crise sanitaire pour lancer Disney +. Propriétaire des studios Pixar, Marvel, Lucasfilm et 20 th Century Fox, la firme de Mickey représentait, en 2019, 49 millions d’entrées en France, soit 23 % du marché ! Une concurrence de moins pour le cinéma français ? « Il faut des locomotives pour attirer les spectateurs à retourner au cinéma », répond l’attaché de presse très expérimenté Robert Schlockof. « Ce ne sont pas les films de Kerven ou de Dupontel qui allaient mobiliser le grand public lors du premier déconfinement. Or c’est lorsque le grand public se déplace que se crée une dynamique globale », ajoute-t-il. Et tout le monde en profite, les exploitants de salle comme le cinéma français. « Pour cette réouverture, le scénario est inversé, témoigne un exploitant. On a près de 400 films en attente de sortie. » Une estimation qui compte 200 films français et plus de 200 films étrangers. Quid des superproductions américaines ? « Il y a un mois, les Majors repoussaient des dates et certaines avaient même décidé d’annuler leur sortie. Elles ont fait marche arrière et se bousculent aujourd’hui pour sortir leur film en salle », explique Robert Schlockof. Soit un immense embouteillage en perspective.

Si les syndicats de distributeurs indépendants étaient présents, ils étaient bien seuls puisque les « gros » avaient piscine, américains comme français.

Chacun pour soi

À l’initiative du CNC et avec une autorisation exceptionnelle de l’Autorité de la concurrence, une réunion était prévue le 5 mai pour mettre en place un calendrier concerté entre distributeurs afin de préparer la réouverture et permettre aux « petits films » d’avoir une chance d’exister. Si les syndicats de distributeurs indépendants étaient présents, ils étaient bien seuls puisque les « gros » avaient piscine, américains comme français. « Honnêtement, il n’y avait aucune chance que les studios américains, qui misent sur des sorties mondiales, s’alignent sur le mi- cromarché qu’est la France », relève un exploitant. « On se retrouve dans la situation qu’on craignait : c’est-à-dire une boucherie avec des semaines à trente films contre quinze habituellement », ajoute-t-il. Avec deux fois plus de films que prévu, on imagine pourtant qu’un directeur de cinéma est avantagé. « Oui, je préfère en avoir trop que pas assez, mais la réalité est différente », nous explique un autre exploitant de cinéma indépendant. « Jusqu’à huit jours avant la réouverture, je n’avais aucun film à proposer et n’étais pas certain de pouvoir ouvrir. Les comportements des distributeurs ne tiennent pas une seconde. Ils ont la trouille de [...]

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