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Love, Death & Robots : notre critique

Netflix sort (enfin !) la saison 2 de sa mini-série Love Death & Robots. La première saison rassemble dix-huit films d’une quinzaine de minutes chacun. Aucun lien entre eux, mis à part le thème : la science-fiction. On se croit plongé dans des brèves de K. Dick ou de Bradbury : des univers esquissés servent de toile de fond à des intrigues chargées, drôles ou dérangeantes – voire très perturbantes. Loin de notre monde, et pourtant : le genre SF se prête excessivement bien aux questions les plus fondamentales, telles que l’altérité extrême, ou le rapport à l’intégrité du corps.

Lire aussi : Hippocrate : notre critique [...]

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Perturbator : le punk de l’électro française

Fer de lance de la synthwave, Perturbator avait déjà commencé à s’éloigner de ses sentiers trop balisés pour trouver, finalement, sa touche personnelle. Toujours aussi sombre, toujours aussi rétro-futuriste, mais moins dans le cliché auto-référencé et l’hommage constant (et parfois pataud) au passé. Cela s’était amorcé avec The Uncanney Valley, avant de devenir patent avec le très froid et massif New Model, sorti par surprise en 2017. « Il est vrai que j’en avais un peu marre du gimmick, et je pense que j’ai dit tout ce que j’avais à dire dans ce style-là. C’est quelque chose que j’ai fait, mais j’avais besoin d’évoluer, de changer d’horizon, de trouver d’autres moyens de m’exprimer », nous confie-t-il. Effectivement, le changement est radical : les morceaux s’allongent, et on retrouve des invités vocaux, notamment Maniac 2121, ou encore les fabuleux Hangman’s Chair. Auréolé de son succès, Perturbator aurait sûrement pu avoir les invités qu’il voulait, et, comme beaucoup, proposer un album blindé de vedettes sans queue ni tête. Droit dans ses bottes, il a préféré faire cela en famille.

SYNTHWAVE ET METAL

« Maniac 2121 est un ami d’enfance, je l’ai invité chez moi. Il n’est pas du tout chanteur, à la base, mais on a réussi à faire quelque chose de pas mal », explique le musicien, qui avait, par le passé, collaboré avec Alcest, les papes du blackgaze (mélange de shoegaze pop éthérée et de black metal). Cela signifie-t-il qu’il existerait une alliance du metal français et de la synthwave ? Pas forcément « Je ne dirais pas ’’dans la scène française’’, car il y a énormément de groupes, dont beaucoup ne me touchent pas forcément, mais il est vrai qu’avec Alcest, Hangman’s Chair, ou encore d’autres groupes, nous avons une proximité, notamment au niveau managérial, et j’aime beaucoup leurs musiques, ce qui nous donne une bonne cohésion. J’avais d’ailleurs déjà travaillé avec Hangman’s Chair sur leur album Banlieue Triste. Le featuring s’est fait très facilement. Nous nous voyons assez souvent, on a enregistré chez eux, c’était très facile, très intuitif ».

On retrouve d’ailleurs dans sa musique une dimension cinématographique. Au début de sa carrière, certaines de ses chansons se sont d’ailleurs retrouvées sur la bande-son du jeu vidéo rétro Hotline Miami

Fait intéressant à propos de la synthwave : il s’agit en effet probablement du seul genre de musique électronique écouté principalement par des amateurs de metal, un public peu ouvert à tout ce qui ne comporte ni double pédale ni riffs ravageurs. Perturbator est d’ailleurs régulièrement invité à se produire dans les festivals de metal, et on a pu le voir notamment au Hellfest et au Motocultor.

UNE DIMENSION CINÉMATOGRAPHIQUE

« Beaucoup de gens dans mon public ont découvert la musique électronique à travers ce style de musique. Mais moins l’inverse. Les fans de musique électronique n’ont pas l’air de s ’intéresser à Perturbator », nous explique-t-il. Imperturbable, il ajoute : « ce qui n’est pas grave ». Et on peut le comprendre : adoubé par Goblin (à qui l’on doit les intenses bandes-originales des chefs-d ’œuvre de Dario Argento) ou encore le pape de l’électro horrifique John Carpenter (réalisateur de classiques de l’horreur ou du fantastique), Perturbator peut faire son petit bonhomme de chemin comme il le souhaite. On retrouve d’ailleurs dans sa musique une dimension cinématographique. Au début de sa carrière, certaines de ses chansons se sont d’ailleurs retrouvées sur la bande-son du jeu vidéo rétro Hotline Miami.

SOMBRER SANS SOMBRER

Si ce nouvel album n’est pas franchement progressif, New Model « avait des structures plus compliquées, qui sortaient un peu du 4/4 habituel sur lequel beaucoup de musiciens se reposent, surtout dans la musique électronique. Mais je n ’irais pas jusqu’à dire que c ’est du prog, mais il y a clairement des influences, oui ». En revanche, un autre tournant pris par Lustful Sacraments tient à sa noirceur : si celle des précédents albums était inhérente au genre (on s’attendrait à voir un Réplicant sortir d’une échoppe crasseuse, dans une ville sombre aux immeubles engloutissant le ciel), voilà maintenant qu’elle sent le vécu. Et heureusement, Perturbator ne sombre pas dans le cliché d ’imputer cela à la crise sanitaire, et on l ’en remercie.

« Ça n’a rien à voir avec la situation actuelle. Ce sont surtout mes goûts qui s’affnent au fil des albums. Je suis plus pointilleux dans ce que j’ai envie de retranscrire en musique. Ça vient de ce désir de sortir du côté synthwave, d’épurer les morceaux, de les simplifier, et ne garder que la moelle, les bases de mon écriture. C’est ce qui, sans doute, donne ce côté beaucoup moins disco, et beaucoup plus solennel », nous explique-t-il. Et de solennité, il est question : l’album a réellement une dimension mystique, quasi religieuse, en témoigne le final God Says, sur lequel on retrouve la voix éthérée et cristalline de Cédric Toufouti, chanteur d’Hangman’s Chair.

CONFINÉ HEUREUX

En outre, la pandémie a bon dos, mais pour un artiste électronique, composer seul dans son studio confiné ne change pas grand-chose. « Je fais tout chez moi, que ce soit l’écriture ou la production, le mixage et le mastering. Cela n’a pas changé mon procédé, j’ai juste eu plus de temps, car je n’étais pas en tournée, sur la route, tous les jours. C’était donc beaucoup plus facile pour moi de finir l’album, de me pencher réellement dessus ». Il est aussi plus facile d’affiner ses choix et de ne pas se perdre dans les méandres du mauvais goût des autres lorsque l’on est seul maître à bord (même si c’est bien entendu une position qui peut vous faire tomber dans le travers inverse de la mégalomanie), et même si, à l’époque où les concerts existaient encore, Perturbator s’est adjoint les services d’un batteur, afin de donner une dynamique plus pêchue à ses prestations, ce dernier n’a pas eu son mot à dire sur la composition de l’album. « Malgré le fait que mon batteur et moi soyons très proches, c’est aussi un ami d’enfance. Je lui ai envoyé les morceaux pour qu’on imagine comment les jouer une fois la pandémie finie, quand les concerts auront repris. Toutes les batteries ont été programmées, je préfère ce côté froid de la machine.

Lire aussi : Osamu Tezuka est-il éternel ?

C’est quelque chose qui est très important dans ma musique », dévoile-t-il. On ne peut évidemment pas parler de boîte à rythmes sans évoquer les Sisters of Mercy, groupe de goth rock légendaire des années 1980, et, sans surprise, il s’agit d’une de ses grosses influences. « L’album Floodland est l’un de mes albums préférés depuis très jeune, et les Sisters of Mercy ont été une influence importante sur ce nouveau disque, mais aussi des groupes tels que Fields of the Nephilim, The Cure, Joy Division[...]».

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Hippocrate : notre critique

Après une première saison réussie qui nous plongeait dans les vies d’internes d’un hôpital public contraints de gérer leur service seuls, la série de l’ex médecin Thomas Lilti enchaîne avec une deuxième saison hivernale. Une vague de froid s’est abattue sur la France, les hôpitaux sont submergés. Une canalisation a sauté, inondant les urgences, les soignants et les malades doivent se replier en médecine interne et nous retrouvons Alyson, Hugo, Chloé et Arben dans un hôpital en crise, sous l’autorité du docteur Olivier Brun, nouveau chef des urgences.

Lire aussi : Le malin et Au-dessous du volcan : notre critique[...]

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Station opéra : un Faust sans le ciel néanmoins sublime

Le prince des ténèbres survole Paris comme un rapace. Sur terre, ses serviteurs dansent autour de proies innocentes. L’enfer est au milieu des hommes ; le ciel reste impassible. Pas d’enjeu métaphysique dans Faust, selon Tobias Kratzer. Méphistophélès et ses sbires incarnent les idées noires qui pourrissent l’existence : peur, vengeance, culpabilité. La foi n’est que l’instinct de survie fait superstition, et même les croix que Valentin et sa bande portent autour du cou ne peuvent rien contre la violence de leur banlieue. Une rame de métro fait office de l’église où Marguerite chante sa pénitence : rongée par le remords, sa prière est un délire sans réponse. Seule délivrance possible, le sacrifice du jeune Siebel attirant à lui tous les démons. Un abaissement audacieux, certes, mais le réalisateur allemand tient les rênes de bout en bout avec une cohérence implacable.

Lire aussi : Station opéra : la Passion selon Haendel

Grâce à la richesse des trouvailles, à une direction d’acteur millimétrée, à l’usage spectaculaire de la vidéo, pendant trois heures on reste cloué à son fauteuil. Et le streaming ne fait qu’exalter la prouesse. Du côté des voix, le ténor de Benjamin Bernheim (Faust) est au sommet de son charme, que l’art des nuances et l’élégance du phrasé inscrivent dans la grande tradition du chant français. Ermonela Jaho manque parfois de naturel dans la peau d’une Marguerite chauffée à blanc. La prestance de Christian Van Horn (Méphistophélès) et l’incarnation de Florien Sempey (Valentin) font merveille, idéalement accompagnés par l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Paris. Un spectacle enfin digne de la « Grande Boutique[...] ».

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Sélectron : les 10 chansons de Michel Sardou préférées des Français

10 – J’accuse

Parce que j’accuse les hommes de croire des hypocrites moitié pédés moitié hermaphrodites


9 – Les Yeux d’un animal

Parce que comme les bleus transparents des aurores marginales, elle a de temps en temps les yeux d’un animal


8 – Être une femme

Parce que j’ai imaginé sans complexe qu’un matin je changeais de sexe

https://www.youtube.com/watch?v=dm4wYy72NqA&ab_channel=AnastasioEric

7 – Les Lacs du Connemara

Parce qu’on n’accepte pas la paix des Gallois, ni celle des rois d’Angleterre

https://www.youtube.com/watch?v=M4DbCtBSGQQ&ab_channel=AnastasioEric

6 – Les Ricains

Parce que si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie


5 – Les Deux écoles

Parce que Fille aînée de l’Église et de la Convention, elle serait bien heureuse que ses maîtres la laissent libre de faire l’amour et d’aller à la messe


4 – Le France

Parce que j’étais un bateau gigantesque, capable de croiser mille ans


3 – Je suis pour

Parce que j’aurai ta tête en haut d’un mât


2 – Au temps béni des colonies

Parce des idées, ça on en a, nous on pense


1 – Ils ont le pétrole mais c’est tout

Parce qu’un Martel à Poitiers

Le malin et Au-dessous du volcan : notre critique

Si la plupart des réalisateurs content avoir tout dit dès leurs premiers films, John Huston a trouvé son second souffle à la fin de sa vie. Sa seconde partie de carrière est riche de quelques chefs-d’œuvre dont Au-dessous du Volcan et Le Malin. Dans le premier, Huston s’attaque au roman réputé inadaptable de l’écrivain dipsomane Malcolm Lowry : une fiévreuse plongée dans la vie d’un diplomate anglais perdu dans ses souvenirs et un Mexique travaillé par la mort (incarné ici par un Albert Finney monolithique).

Lire aussi : Monster Hunter : notre critique

Faute de pouvoir mettre en images les soliloques sans fin du héros, Huston travaille son film comme un joyau brut, haut en couleur, dont il extrait ici et là quelques scènes marquant durablement la rétine : en filmant la déchéance d’un homme, il s’attarde aussi sur celle d’un monde qui livre ses derniers soupirs à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Jacqueline Bisset, comme toujours, est énigmatique à souhait, et la photographie de Gabriel Figueroa, qui a fait ses armes chez Eisenstein, renforce l’impression d’assister à une Fête des Morts impériale et baroque[...]

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Rue des Beaux-Arts : Galbiati sculpte les saints

Les sculptures de Davide Galbiati ne laissent aucun doute sur leur auteur. Les têtes sculptées sont comme des reliques venues d’un monde d’avant ou d’après, qui sait ? Nous sommes perdus et pourtant dans une espèce de communion avec ces statues, reliés à elles, en intimité. « Les êtres que je sculpte manifestent une union avec leur part spirituelle, ils l’assument », explique l’artiste. Ses personnages ressemblent à des saints projetés dans le lointain par la force de l’imaginaire. L’auréole, chez eux, est intégrée au corps.

Lire aussi : Rue des beaux-arts : Notre terre qui êtes en feu

C’est au Tyrol du Sud, là où il a étudié son art pendant quatre ans, que Galbiati a éprouvé l’envie de traiter la figure humaine en la reliant au spirituel. À regarder ces êtres à la fois singuliers et intimes, il nous semble percevoir la beauté de leur vie intérieure. Ils rayonnent et manifestent une présence supérieure aux vivants, un mouvement intérieur qui s’imprime sur la matière, et cette contemplation de l’âme nue nous trouble. Davide Galbiati travaille toutes les matières dans une ronde d’éléments[...]

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Osamu Tezuka est-il éternel ?

Un succès tardif en Europe qui s’explique d’abord par une personnalité discrète, effacée derrière un monstre de travail et d’humilité. Comme tous les grands créateurs d’univers, Tezuka ne se donne pas facilement : à l’instar d’Hergé et de Walt Disney, le discret petit homme au béret a été presque dévoré de son vivant par son propre mythe, par une œuvre à la fois tentaculaire et visionnaire, dont on peine encore aujourd’hui à évaluer l’impact sur les jeunes générations.

Si le dessinateur a connu un statut presque hégémonique dans les années 60 et 70, son héritage a été pendant quelque temps distancé : la concurrence est grande au Japon, pays où le dessin est probablement le principal moyen d’expression. Pourtant, on revient toujours à Tezuka : Delcourt sort en juin le deuxième volume de Tezucomics, un ouvrage collectif en forme d’hommage et de prolongement. Jeunes auteurs et dessinateurs ont choisi chacun une œuvre du maître qui leur est chère et se sont pliés à l’exercice du spin off (bourgeonnement narratif). La profusion d’images et de scénarii qui en a été tirée prouve à quel point l’œuvre de Tezuka, se montrant en dehors du temps, demeure donc d’une contemporanéité fulgurante.

Oui. Tezuka s’est illustré dans tous les genre (il en a même inventé)

D’une curiosité presque pathologique, Tezuka s’intéresse à tout, se renseigne sur tout et fait feu de tout bois. Est-ce grâce à ses études de médecine ou à sa passion pour les insectes ? En tout cas, son ambition narrative lui donne des airs de démiurge et ses plus grands chefs-d’œuvre montrent des personnages conduits à leurs extrémités. C’est pourquoi les genres se télescopent chez Tezuka, parfois à l’intérieur d’une même bande dessinée : on peut passer sans problème de la romance au récit humoristique, sans oublier l’horreur pure qui éclate parfois au détour d’une page, sans pré- venir, dans une outrance parfois grotesque.

Son ambition narrative lui donne des airs de démiurge et ses plus grands chefs-d’œuvre montrent des personnages conduits à leurs extrémités

L’alter-ego de Tezuka, Black Jack, est d’ailleurs un chirurgien ténébreux dont le visage couturé comporte une greffe de peau d’origine inconnue : tout Tezuka est là, dans cet aspect discrètement composite. Tezuka ne s’embarrasse pas d’étiquettes : l’histoire passe avant tout le reste. Cette exigence le confine à inventer des formes : dans MW, par exemple, il compose une étrange romance homosexuelle mâtinée de thriller et de fantastique, qui influencera des myriades de mangakas. Pionnier de l’animation, il s’illustre dès le départ avec des courts-métrages conceptuels comme Histoires au coin de la rue et son esthétique qui rappelle les fameux génériques de Saul Bass.

Oui. Son dessin est intemporel

Tezuka ne s’est jamais remis de sa vision de Bambi. Il en a tiré cet amour des courbes pures, des visages de faons. Un dessin volontiers classique qu’on a souvent pu trouver daté : c’est méconnaître une œuvre en perpétuelle mutation, qui expérimente tout en tâchant de tendre vers le trait parfait. Comme Hergé, Tezuka associe le souci du détail à celui de la compréhension, et son découpage narratif fait école par sa clarté. Maître de l’étirement du temps, il ventile sa narration avec des procédés toujours inventifs. Dans Astro Boy, son œuvre la plus connue, son trait explore parfois l’esthétique totalitaire, les affiches de propagande soviétiques ou futuristes : précisément parce que l’histoire le justifie. De même, il a créé toute une galerie de personnages récurrents qui sont de véritables signatures visuelles autant que narratives – dont le fameux « Moustache » qui est désormais un archétype de la culture graphique nippone.

Oui. Il parle depuis la fin des temps

 On ne dira jamais à quel point le Japon est hanté par la sidération atomique, et a su la transcender : Tezuka n’aura de cesse de traduire ce traumatisme. Il en tirera une sagesse et un pacifisme syncrétiques, visibles notamment à travers ses grands récits historiques, empreints d’un humanisme jamais mièvre, qui tend plutôt vers la fresque monumentale. Néanmoins, la noirceur ne le quitte pas, c’est ce qui rend son œuvre toujours aussi surprenante, capable d’abîmes comme de hauteurs[...]

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