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Entretien avec Antoine Raimbault, réalisateur d’Une Intime Conviction
Pour son premier long-métrage, Antoine Raimbault nous replonge dans l’affaire Viguier, un professeur accusé du meurtre de sa femme – femme dont le corps n’a jamais été retrouvé. Dans ce thriller conduit à l’anglo-saxonne, le jeune réalisateur français offre une immersion fascinante au cœur d’un système judiciaire français mal connu. Nous l’avons appelé à la barre.
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Lagerfeld : from Proust to Les Anges de la téléréalité
Karl Lagerfeld s’est éteint. Le « Kaiser » était peut-être la dernière grande personnalité du monde de la mode française, en dépit du fait qu’il fut Allemand par le sang. Une vie entière consacrée au luxe, à l’avant-garde, aux vêtements pour hommes et pour femmes, animée par une vision totale de son art, d’aucuns diraient totalisante. Au service de la maison Chanel, Karl Lagerfeld est devenu avec le temps une marque en propre. Quitte à y perdre son âme ?
QUE FAUT-IL RETENIR DE LA 44ème CÉRÉMONIE DES CÉSAR ?
Hier soir, la très chic Salle Pleyel accueillait la grande famille du cinéma venue s’autocélébrer. Sous la présidence de Kristin Scott Thomas, à l’étrange coupe au bol, la cérémonie se révéla une nouvelle fois trop longue, dramatisante et à peu près sans surprise.
Les CÉSAR servent-ils autre chose qu’eux-mêmes ?
Les Grandes Questions de l’Incorrect se penchent sur la 44e cérémonie des César, qui se déroule le 22 février. Entre autocélébration, indignations convenues, interminables remerciements, faux lyrisme et gags lourds, ce raout a-t-il un sens ? OUI ET NON. IL LEUR ARRIVE EXCEPTIONNELLEMENT DE SERVIR UN FILM « Les César n’ont rien changé à la carrière du film », racontait Dominik Moll, multi-nominé en 2001 pour Harry, un ami qui vous veut du bien. « À mon sens, sauf exception, les César servent avant tout à satisfaire les égos du cinéma français », ajoutait-il. Dans certains cas, pourtant, « l’effet César » existe, certes incomparable avec celui que produit son cousin ricain (une simple nomination aux Oscar vieille de dix ans reste bankable), mais des films peu connus comme L’Esquive (César du meilleur film en 2005) ou Lady Chatterley (5 César en 2007), une fois primés, ont pu entamer une seconde vie. « Mais ce sont des épiphénomènes », remarque un réalisateur. « Les César sont devenus encore plus prévisibles que le Festival de Cannes. Les lauréats sont soit les films déjà auréolés d’une grande notoriété, soit des petits films sociaux inconnus. Le systématisme est évident. Pour cette année, on sait déjà que la récolte va se partager entre Le Grand Bain et Jusqu’à la garde. Nous sommes loin du temps de Gabin, président de la première cérémonie », conclut-il. NON. ILS MAINTIENNENT CANAL SOUS PERF’ Canal +, partenaire depuis 1994, soigne à travers les César son statut de banquier du cinéma français. Si les audiences chutent chaque année – les concours d’indignation où la précarité de Kevin-l’intermittent rivalise avec celle de Mamadou-le-migrant ne font plus recette, et les private jokes du milieu conjuguées aux litanies de remerciements ont fini par lasser même les lecteurs inconditionnels de Closer – la chaine tient néanmoins à démontrer coûte que coûte « au milieu » et à ses abonnés qu’elle a encore de l’avenir en dépit de la perte de ses deux marchés de niche : le boulard et le football. OUI. ILS PEUVENT SERVIR LES RÉALISATEURS « Je ne regarde que très rarement la cérémonie, les prix m’ennuient et ce qui me parle et compte, c’est le plébiscite du public », nous confie le jeune réalisateur Antoine Raimbault. Si la recette reste le mètre-étalon des producteurs, quand un réalisateur est récompensé et que l’information est colportée au JT de Delahousse, les financiers sont rassurés sur leur poulain et les têtes d’affiche se font moins bégueules. Ainsi, le discret Martin Provost, qui reçut sept César pour Séraphine en 2009 et se trouva par la suite en mesure de diriger un beau duo de Catherine (Frot et Deneuve) dans Sage Femme (2017). (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Hubert de Torcy : Distributeur de films d’inspiration chrétienne
Distributeur de films d’inspiration chrétienne, SAJE distribution ambitionne de mettre le spectateur en contact avec les Évangiles à travers le cinéma. Un vrai défi au sein d’un milieu singulièrement déchristianisé. Rencontre avec son directeur, Hubert de Torcy.
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Des artistes s’élèvent contre la politique culturelle
L'Incorrect relaie une lettre de Rémy Aron, ex président de la Maison Des Artistes, signée par une vingtaine de personnalités du monde de l'art dont Aude de Kerros, Nicole Esterolle ou encore Pierre Lamalattie, lettre qui demande la création d’un groupe de travail parlementaire sur la question de l’intervention de l’Etat dans le champ de la création artistique, considérant que ce dernier est le plus interventionniste du monde et privilégie systématiquement les mêmes formes de vieilles avant-gardes essoufflées.
LE BON, LA PUTE ET LE TRUAND – La Chute de l’Empire américain
Malgré son titre aguichant – La Chute de l’Empire américain – le nouveau film du réalisateur québécois Denys Arcand n’est pas le troisième volet du cycle débuté en 1986 avec Le Déclin de l’Empire Américain puis poursuivi avec Les Invasions Barbares, film oscarisé en 2003. Moins féroce, plus moraliste, si la manière qu’a Arcand de scruter son époque fait toujours sourire, elle perd franchement en puissance. La Chute de l’Empire Américain s’ouvre sur un clin d’œil à Pulp Fiction : attablé dans un restaurant, Pierre-Paul explique à sa future ex qu’il est « trop intelligent » pour réussir, que « l’intelligence est un handicap », expliquant l’élection de Donald Trump par un cinglant : « Les imbéciles adorent les crétins ». Pierre-Paul a 36 ans et malgré un doctorat en philosophie, il exerce le métier de chauffeur pour une compagnie de livraison. Plaqué pour s’être montré « trop intelligent pour dire je t’aime », il se retrouve quelques jours plus tard témoin d’un hold-up qui tourne mal et au terme duquel sont abandonnés deux énormes sacs de sport bourrés de billets. Des millions de dollars. Le pouvoir irrésistible de l’argent va bousculer ses valeurs altruistes et mettre sur sa route une escort girl envoûtante (Maripier Morin, d’une beauté sublime) et un ex-taulard (merveilleux Rémy Girard) reconverti en conseiller financier. La patte d’Arcand se remarque dans ses personnages, les dialogues font souvent mouche – « J’ai besoin d’aide, j’ai vraiment trop d’argent » – et on y découvre même un cadre plus soigné qu’à l’accoutumée. Son personnage aussi timoré qu’érudit et qui use de citations pour fuir tout dilemme moral rappelle ceux du Déclin de l’Empire Américain. On s’amuse de voir Pierre-Paul dealer avec un avocat véreux pour blanchir moralement ses valises de biftons via des paradis fiscaux ou acheter, comme première dépense, les faveurs d’une escort de luxe qui cite Racine. Arcand montre comment l’argent, origine de tous nos maux, sait se rendre désirable même aux yeux d’un socialiste convaincu.(...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.

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