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Retour de l’homme providentiel
Enfin! L’amiral Polnareff revient, après une absence discographique de vingt-huit ans, absence qui s’était cruellement fait sentir. Imaginez: que ce soit en musique comme ailleurs, le bateau part à la dérive, et il nous faut un homme à poigne pour redresser la barre ! Quelqu’un qui n’a que faire des simagrées de l’époque, quelqu’un de prêt à imposer sa vision. Pour cela, Michel Polnareff est l’homme providentiel. Entamant cette revigorante salve de tubes pop ciselés par une introduction instrumentale de près de onze minutes, l’Amiral montre qu’il ne revient pas pour se coller dans le moule. Au contraire, le navire vogue toute canonnière dehors, pavillon au vent! Polnareff n’a rien perdu de son sens de la mélodie, ni de son usage de la langue de Molière, qu’il utilise avec [...] Suite dans le dernier l'incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Électro : RÉVOLUTION SONORE OU TYRANNIE DU DIVERTISSEMENT ?
Autrefois sulfureuse, la musique électronique s’est normalisée. L’esprit d’aventure des pionniers a fait place au pragmatisme de DJ préférant de loin les paillettes du show-business à la solitude monacale des home-studios. Retour sur l’histoire d’un genre passé du laboratoire au dancefloor mondial. Puisant ses origines du côté des futuristes italiens, la musique électronique est placée dès ses origines sous le signe de l’utopie progressiste et du post-modernisme. Tout commence à l’orée de la Première guerre mondiale lorsque le jeune Luigi Russolo, peintre et fils d’horloger italien, fait la rencontre du poète Marinetti puis adhère officiellement au mouvement futuriste en signant le Manifeste des peintres futuristes en 1910. Délaissant un temps la peinture pour la musique, il rédige en 1913 « L’Art des bruits », dans lequel il théorise l’utilisation des bruits dans la musique. L’après-guerre voit l’apparition de deux instruments de musique majeurs : le thérémine, un boîtier équipé de deux antennes qui permet de produire de la musique sans toucher l’instrument, et les ondes Martenot, inventées par le français Maurice Martenot et présentées au public en 1928. Ces deux inventions constituent à elles seules l’acte de naissance de la musique électronique. Les premières œuvres créées dans ce genre sont de véritables odes au progrès industriel et au machinisme comme le « Ballet mécanique » (1925) du compositeur américain Georges Antheil, qui comporte, entre autres, le doux ronronnement d’une hélice d’avion. L’AUDACE DES PIONNIERS En 1937, l’américain John Cage, père de la musique minimaliste, théorise à son tour l’utilisation du bruit pour créer de la musique dans son manifeste « The Future of music ». À l’époque, les pionniers de la musique bruitiste sont des intellectuels issus des cercles artistiques et littéraires qui subissent l’influence du dadaïsme et du surréalisme. Véritable André Breton de la musique, l’ingénieur Pierre Schaeffer, par ailleurs admirateur de l’ésotériste Pierre Gurdjieff, invente en 1948 la musique concrète, laquelle intègre des bruits du quotidien par le biais d’un collage de sons. Celle-ci s’oppose à la musique abstraite par le fait qu’elle prend son origine dans le son lui-même au lieu de partir de l’idée. En 1958, ce dernier crée le GRM (Groupe de Recherche Musical), un laboratoire de recherche qui fait aujourd’hui partie de l’INA. Pour la première fois dans son histoire, la musique électronique fait l’objet d’une reconnaissance institutionnelle. DE PIERRE HENRY À JEAN-MICHEL JARRE À chaque nouvelle invention technologique, la musique électronique franchit un cap. Désormais, ce ne sont plus les musiciens qui déterminent les évolutions musicales mais bien les machines elles-mêmes. D’ailleurs, comme l’a dit notre Jean-Michel Jarre national : « Ce n’est pas la musique qui est électronique, ce sont les instruments qui le sont ».
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Edmond : Cyrano en coulisses

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1546951165436{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac. Enthousiasmant.

 

C’est un projet qu’Alexis Michalik porte depuis quinze ans. Une idée survenue lors de la sortie du sur-oscarisé Shakespeare In Love dans lequel Joe Madden racontait comment, grâce à une jolie muse, le jeune Shakespeare, alors criblé de dettes, retrouvait l’inspiration pour écrire son chef-d’œuvre : Roméo et Juliette. Le jeune Michalik s’attelle à une version made in France d’un tel scénario : la naissance du plus grand succès théâtral français, Cyrano de Bergerac.

 

 

L’ambition est immense, le budget aussi, tant et si bien que les financiers prennent peur et que le script est remisé au placard.

Le plat du jour est-il de droite ?
Il existe plusieurs sortes de plats du jour, depuis la palette gustative du matin jusqu’à la blanquette du mardi. La blanquette du mardi, si fermement accrochée à son jour qu’un distrait saurait, en considérant l’ardoise, se repérer dans la semaine ; la palette gustative du matin si intelligente, si subtile, que le jour en paraît illuminé et fragile. D’un côté la certitude solide des harengs marinés, du salé aux lentilles, du bœuf aux carottes, du quart de brie et de la crème caramel, de l’autre les délices éphémères du yaourt d’artichaut et de la neige de céréales toastées aux baies de Sichuan. On sent que le bulot mayonnaise est un roc là où les cacahuètes des Hautes-Pyrénées sont une aventure incertaine. On sent aussi que la blanquette et son riz-tout-court (pas du riz basmati indien rose, ou du riz de chez Manolo Perutzu, producteur intrépide) ne promettent aucune surprise mais une lente délibération intérieure pour savoir si cette blanquette-ci est meilleure que celle qu’on trouva si bonne l’autre jour. Le plat du jour sans surprise aide l’âme à considérer la chose en soi, l’archétype, à goûter la nuance infime, à élaborer dans le secret de sa conscience des principes d’analyse et des règles de jugement qui aideront à accueillir chaque jour non comme une expérience neuve et redoutable mais comme un chemin à parcourir en avant, calme et droit. La blanquette est une morale, le bulot est éthique. Si être de droite c’est considérer qu’un bon chevalier doit avoir été adoubé dans les règles, et que la richesse du caparaçon est moins importante que la vertu de celui qui manie l’épée, alors le plat du jour est de droite. D’un autre côté, un chevalier qui ne partirait pas à l’aventure ne serait qu’une panoplie à peine animée, un chevalier de la légion d’honneur qui n’a retenu de la cérémonie que la médaille et la rosette, et son nom dans Le Figaro (et quelle idée, franchement, que d’inventer une légion d’honneur, comme si on portait ça à la boutonnière au lieu de le serrer dans son cœur ou de le pousser au bout d’une lame ?) (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Alexandra Dezzi : Obscure clarté
De l’univers trash du groupe électro-rap Orties à la quête métaphysique de son premier roman Silence radieux (Éd. Léo Scheer), tout en étant la locataire de Michel Houellebecq, cette fille avait tout pour nous intriguer. Alexandra Dezzi a remisé « Orties » au placard. De fait, la jeune trentenaire qui nous reçoit à deux pas de la Madeleine n’a plus grand-chose à voir en apparence avec le personnage qu’elle entretenait sur scène. Calme et posée, la voix d’Alexandra Dezzi ne crache plus son dégoût du monde moderne et de ses contemporains, désormais elle l’écrit. Lorsque le duo « Orties » qu’elle formait avec sa sœur jumelle a pris fin, la jeune femme a donc tracé sa route en solo. Un épilogue qui a « accéléré le processus d’écriture. On écrit mieux face à soi-même », précise-t-elle. Renouer avec l’écriture, c’est renouer avec son premier choc artistique. Pour Alexandra, ce fut Albert Camus. Une étude de L’Étranger en cours de français plus précisément. Le Révolté partage avec Duras la paternité de sa vocation d’écrivain : fille de Duras et Camus, il lui fallut s’émanciper et c’est dans un studio parisien qu’elle entama sa carrière artistique. Un studio parisien dont le propriétaire était… Michel Houellebecq. Cela ne s’invente pas et cela pourrait paraître absurde. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Une Traviata de malades
Au Théâtre des Champs Élysées est née le mois dernier une nouvelle primadonna : Vannina Santoni.  Quel privilège d’assister à la naissance d’une primadonna. Vannina Santoni a magnifiquement réussi ses débuts dans le chef-d’oeuvre de Verdi le mois dernier au Théâtre des Champs-Elysées. Éclatante en robe rouge de bal, la jeune soprano française a fait preuve d’une rare maturité dans l’un des rôles mythiques du mélodrame. Il faut trois voix pour apprivoiser Violetta : la voix frivole de la demi-mondaine à la vitalité débridée, la voix ardente de l’amoureuse immolée par l’hypocrisie bien-pensante, la voix spectrale de la mourante condamnée par la maladie. Vannina maîtrise déjà toutes les trois, hormis une retenue parfois excessive dans les aigus. Son vibrato soutenu et pudique révèle plus de remords que de violence. Ses pianissimi sur un fil de voix donnent des frissons.
Will Franken : le point de vue d’un humoriste
Il a été prof d’anglais à Harlem avant de conquérir les comedy clubs de New York puis d’enflammer ceux de San Francisco. Cette bête de scène américaine, authentique amoureux de l’Angleterre, s’inquiète de l’avenir du stand-up au pays de l’humour. Que pensez-vous de Comedy Unleashed? Ce club est un antidote à l’inquiétante prolifération des soirées de comédie qui donnent la priorité à la bonne pensée aux dépens de la performance des artistes et même des désirs du public. Le critère des programmateurs n’étant plus la qualité de l’humour, le stand-up s’est transformé en eau tiède. L’existence de Comedy Unleashed est salutaire. Elle est aussi un indice de l’effondrement du niveau. (Allez expliquer ça aux comiques appointés!) Ma seule inquiétude c’est que, le succès venant, ce club soit noyauté par des opportunistes. Les ralliements tardifs menacent les authentiques révolutions. Les retardataires, miraculeusement convertis à la liberté de pensée, risquent de neutraliser cette puissante insurrection comique plus vite que jadis les escrocs ne parvinrent à pulvériser le mouvement punk. Notre culture occidentale tremble devant la propagande trans, les lubies victimaires et les dogmes de l’islam. Will Franken L’humour est-il aujourd’hui censuré ? Quiconque a un semblant d’humour connaît la réponse à votre question. Évidemment que la comédie souffre d’une forme de censure. Il suffit de voir la mélasse insipide qui dégouline sur nos scènes et nos écrans, pour s’en convaincre. D'ailleurs [...] Suite dans le dernier L'incorrect et en ligne pour les abonnés.
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