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Guy Peellaert : le maître du jeu
Artiste plasticien belge ayant vécu en France où il décloisonna les arts et se fit une réputation de génie inclassable, Guy Peellaert est mort en 2008. Bédés expérimentales, affiches de film célébrissimes (Paris Texas ou Taxi Driver), pochettes mythiques (Rolling Stones, Bowie) et peintures numériques, son univers visuel aura marqué de son empreinte le dernier demi-siècle. À l’occasion de la réédition de The Game, qui rassemble ses planches expérimentales publiées après 68, Jean-Emmanuel Deluxe est allé visiter le parolier Boris Bergman, qui l’a bien connu, afin d’évoquer ses souvenirs avec l’artiste.
« COMEDY UNLEASHED » LIBÈRE LA COMÉDIE
Un nouveau club de stand-up dédié à la liberté d’expression réunit à Londres une bande de dingues qui n’ont peur de rien. Andy Shaw et Andrew Doyle, ses deux fondateurs, sont récompensés pour leur audace.
Opéra : personne ne touchera à Caïn !
Le mythe biblique de Caïn et Abel se fait drame théologique en musique à l'Opéra de Paris, grâce à une mise en scène raffinée et touchante du « Primo Omicidio », chef-d'œuvre méconnu de la musique baroque. Même à l'opéra, Romeo Castellucci fait du grand théâtre. Cette fois-ci, la tâche n'est pas des plus aisées, puisqu'il s'agit d'ajouter une action dramatique à une œuvre qui à l'origine ne comportait ni scènes ni costumes, comme c'est dans le genre de l'oratoire auquel appartient ce superbe « Premier meurtre » d’Alessandro Scarlatti (1707).
Son style à lui : Marquer son territoire
Le bon usage de l’eau de toilette est un art qui relève davantage de la retenue que de la démesure : comme une dose excessive de sel corromprait le plus subtil des mets, savoir se parfumer devra se compter en gouttes parcimonieuses plutôt qu’en flots débordants. Nous avons tous vécu cela : une sortie de bureau dans un métro bondé, collés à un voyageur qui nous aura gratifiés d’une eau de toilette tenace et dégradée par sa propre sueur, ou encore un collègue qui vous aura fait don de sa trace olfactive rien qu’en vous serrant la main, tel un virus informatique envahissant et ravageur, et qu’aucun savon ne saura effacer avant au moins deux heures. Si le parfum était jadis un élément de toilette destiné à flatter ou masquer les odeurs naturelles d’un coup de chapeau lors d’une révérence, cette conception utilitaire et romantique n’est plus qu’un souvenir : il s’agit désormais de marquer un territoire de manière animale en se servant d’une fragrance comme d’un élément de séduction. Ce langage olfactif, s’il est muet, en dit pourtant long : selon la cherté et l’image du produit, le porteur en affirme son niveau de vie, sa domination sur les concurrents éventuels et le leurre d’une fausse individualité, la quantité palliant souvent la qualité en un choix relevant davantage de l’idée qu’il se fait de lui-même plutôt de ce qui convient à sa peau. De plus, pour contrecarrer l’image de fugacité que renferme une fragrance équilibrée, il faudra désormais qu’elle dure au-delà de son spectre naturel, comme pour affirmer la persistance d’un pouvoir que l’on voudrait sans fin. Suivant servilement les publicités au schéma primaire d’une femme tombant dans les bras d’un homme parfumé, jeune, beau et riche, les neurones miroirs de notre prédateur moderne feront la substitution factice d’une personnalité privilégiant l’apparence au détriment de la richesse de l’intellect. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Ghislain de Diesbach : L’imparfait du subjectif
Biographe à succès de Madame de Staël, de Chateaubriand et de Proust, Ghislain de Diesbach est aussi l’auteur de truculents mémoires. Un homme Grand Siècle, élégant et racé, qui déambule dans une époque grossière. « Je veux que mes enfants soient élevés dans la haine de la République », disait son père. Dès l’école, Ghislain de Diesbach cultive sa différence, proclame son royalisme et refuse de chanter la Marseillaise. À quoi l’abbé jacobin répond du collège en le croisant : « Tiens, v’là l’boche ». Ghislain de Diesbach a toujours eu le goût de l’insolite et du bizarre. Issu d’une antique famille suisse, il naît au Havre en 1930. La passion des montagnes, propre aux Suisses, ne l’a jamais touché. Toute sa vie, il demeure hanté par les ports et le grand large. En 1940, l’effondrement de la France révèle à l’enfant la comédie humaine avec ses lâchetés et parfois son héroïsme. La confusion est générale, et sur les routes des soldats français aux allures de clochards se mêlent aux civils. Ghislain de Diesbach consigne dans un journal ces événements où se mêlent tragédie et grotesque. Il débute sans le savoir le métier de mémorialiste. Sa vie accélère brusquement en 1958. Comme tout homme de lettres qui se respecte, il cultivait jusque-là son oisiveté avec opiniâtreté. Son père, excédé de sa paresse, finit par lui couper les vivres. Ghislain se jette sur la première situation venue, stagiaire chez L’Urbaine et la Seine, une compagnie d’assurances. C’est le temps des petites chambres d’hôtel sinistres et des maigres repas. Dans le troisième volume de ses mémoires, Un début à Paris, il décrit cette France des années cinquante où se mêlent paternalisme et alcoolisme. Chez L’Urbaine et la Seine, tout est prétexte à organiser des « pots ». On boit et on mange à toute heure pour oublier son salaire de misère, tandis que le garde-chiourme que l’on appelle le « Léopard », arpente les étages pour débusquer les tire-au-flanc. Le week-end, Diesbach écrit. Il publie en 1960 un premier recueil de nouvelles, Iphigénie en Thuringe. Récit d’un autre temps, ciselé à l’imparfait du subjonctif dans un style suranné parfaitement assumé. Sacré « jeune maître de l’insolite », les portes du monde littéraire s’ouvrent à lui. Propositions d’éditeurs et soirées mondaines se succèdent. Dès lors, sa vie s’écoule dans une cadence immuable : il travaille la journée aux assurances, rentre chez lui répondre à son courrier, et se précipite à un dîner en ville. Car Ghislain de Diesbach est un mondain professionnel. Pendant 40 ans, il rencontre des milliers de personnes. Une multitude délibérée, destinée à approfondir sa connaissance des hommes. Et entretenir son sens de l’observation : « J’ai l’œil et j’ai l’oreille. Cela me fut très utile pour concevoir mes biographies ». (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Où va la francophonie ?
Le XVIIe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la francophonie s’est tenu à l’automne dernier en Arménie, sous le signe paradoxal du renoncement de la France à une certaine idée de son rayonnement culturel. Jean-Jacques Granianski nous raconte les coulisses d’une défaite qui a vu la québecoise Michaelle Jean évincée par la rwandaise Louise Mishikiwabo le 1er janvier 2019. À peine sorti de l’avion, le voyageur est transporté par la voix de Charles Aznavour. Omniprésente, lancinante, elle résonne dans l’enceinte de l’aérogare, des hôtels et jusque dans les rues et les villes de province. Le thème du sommet, « le vivre ensemble », est plus banal mais se justifie au vu des vicissitudes du pays hôte. De fait, le sommet d’Erevan est intervenu en plein processus de transition politique en Arménie. Pour le nouveau Premier ministre, Nikol Pachinian, c’est l’occasion d’asseoir une fragile légitimité face à un parlement hostile. Surtout Erevan voit dans la francophonie un moyen de desserrer l’étau d’une relation déséquilibrée vis-à-vis du grand frère russe. Une organisation moribonde Née de la vision politique de l’égyptien Boutros Boutros-Ghali et de François Mitterrand, la francophonie institutionnelle est malheureusement plongée depuis quelques années dans une profonde léthargie. Siégeant à Paris, l’OIF regroupe sur le papier 88 pays (54 membres de plein droit, 7 membres associés et 27 observateurs). Un espace qui compte 900 millions d’habitants, soit 14 % de la population mondiale et 20 % des échanges mondiaux de marchandises mais les chiffres sont inversement proportionnels au poids réel de l’organisation dans le monde. L’Arménie revendique pour sa part 200 000 francophones : chiffre qui ne prend pas en compte l’importante diaspora qui a essaimé du Liban au Canada en passant par la France, première communauté d’Europe. De manière générale, l’inflation des adhésions à l’OIF accroît la visibilité de la francophonie mais entraîne un réel danger de dispersion. Parmi les nouveaux entrants, rares sont ceux qui encouragent la promotion de la langue française. Nombreux sont ceux qui profitent de ce forum pour se placer. Le budget ne dépasserait guère celui de la chaîne TV5 Monde : le site de l’OIF n’a d’ailleurs pas mis à jour son chapitre budget, lequel était fixé à 85 millions d’euros entre 2010 et 2013. Et quand on interroge des diplomates français et canadiens sur ce point, c’est le même sourire crispé qui se lit sur les visages. La franglophonie À l’OIF la règle est le consensus. Le duel entre la Canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean – candidate désignée par défaut en 2014 faute de consensus africain – et le chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mishikiwabo, n’a pas eu lieu. La Canadienne présentait le modèle d’une immigrée parfaitement intégrée au Canada, au point d’en devenir Gouverneur Général en 2005, quand la seconde est une vieille habituée de la scène internationale, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères du Rwanda depuis 2009. Critiquée par l’Élysée (la France est le premier contributeur net de l’OIF) pour son train de vie, Michaëlle Jean a dû se retirer. À Montréal, les rumeurs de « coûts d’aménagement d’un demi-million de dollars dans son appartement de fonction à Paris » ont eu raison de sa candidature, quoique Madame Jean ait aussitôt dénoncé une campagne de « salissage ». En vain. La première femme africaine à diriger l’organisation a profité du scandale pour couronner une carrière brillante. En 1986, Louise Mushikiwabo décroche une bourse et quitte le Rwanda pour des études d’interprète aux États-Unis, ce qui la sauve du génocide qui élimine sa famille huit ans plus tard. Elle y vit pendant plus de 20 ans et se marie à un Américain. Son soutien à l’anglais n’est pas un tabou. Elle fait remarquer au Monde pendant sa campagne qu’« il est normal et pragmatique, pour un pays enclavé, de donner une prépondérance à la langue anglaise. Il n’y a pas de contradiction à donner plus de place à l’anglais tout en restant un pays francophone ». Une vision commerciale que partage le président français, qui s’exprime si souvent dans la langue de Shakespeare. Si Kigali n’a jamais quitté l’OIF, le Rwanda a remplacé le français par l’anglais en tant que langue obligatoire à l’école en 2010, rejoignant le Commonwealth. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Avé Commode ! Ceux qui vont mourir te saluent !
Les productions de Michel Onfray se suivent et se ressemblent avec leur cohorte d’imprécisions et de contresens, leur mauvaise foi flagrante, et toujours le même refus obstiné de problématiser, c’est-à-dire de philosopher vraiment. Sagesse ne déroge pas à la règle et cet opus, censé clore sa Brève encyclopédie du monde, enchaîne les poncifs selon une langue gonflée qui n’en finit pas de s’étirer, histoire sûrement de donner à cet essai des proportions dignes d’une vraie somme, lorsqu’on aurait pu le résumer en une phrase : « Les Romains sont meilleurs que les Grecs qui se perdent dans des raisonnements compliqués et inutiles tandis que les Romains nous apprennent à vivre, eux ! » C’est facile et c’est faux, comme souvent chez Onfray. Quiconque s’intéresse à la philosophie des Grecs anciens sait que, métaphoriquement, Platon contient tout Sénèque, mais que Sénèque ne contient pas Platon. Quant à l’honneur dont Michel Onfray fait grand cas, le considérer tel un pré carré romain face à Périclès, (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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