
Le chant grégorien a été revalorisé lors du concile Vatican II, et c’est pourtant à ce moment qu’il a failli s’éteindre. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
La constitution sur la liturgie de Vatican II affirme en effet : « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place. » Pourtant, son usage s’est considérablement restreint. Ce paradoxe s’explique notamment par le contexte culturel dans lequel le concile a été reçu, un contexte souvent confondu avec le concile lui-même. À cela s’ajoute l’idée, exprimée par Paul VI, d’un sacrifice douloureux du latin dans la liturgie pour favoriser la participation des fidèles. « Nous perdons ainsi en grande partie cette admirable et incomparable richesse artistique et spirituelle qu’est le chant grégorien », expliquait le Saint-Père le 26 novembre 1969, en présentant la nouvelle forme du rite romain.…








