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La guerre faite aux mots
Des pouvoirs auxquels tout échappe, que leur reste-t-il sinon de s’en prendre aux mots ? Emmanuel Macron, qu’on pensait à cet égard moins « suiviste », a décidé d’exaucer une grande idée de son prédécesseur : supprimer le mot race de la Constitution, une Constitution définitivement transformée en pâte à modeler. Les représentants du peuple ont réussi à faire l’unanimité en commission sur cette importante décision, qui porte un coup de plus à la langue française, dont ces benêts semblent ignorer la polysémie, la variété, les nuances, en un mot la richesse. Il paraît donc que le mot race choque l’irénisme à la mode. Taisez ce mot que nous ne saurions entendre, disent à l’unisson nos modernes Tartuffe. Mais supprimer, voire, interdire un mot qui a deux pages dans notre bon vieux Littré, et encore deux pages dans notre moderne Grand Robert, ne va pas être facile. Le premier sens qu’en donne le Littré est : «Tous ceux qui viennent d’une même famille ». De même le Grand Robert : « Famille, considérée dans la suite des générations et la continuité de ses caractères ».
T’as l’bonjour d’Alfred ! Sur les traces d’Alfred Fouillée
Alfred Fouillée, contemporain de Péguy, est l’objet d’une curieuse méconnaissance. Penseur difficilement classable, philosophe des « idées forces » qui commence timidement à être redécouvert, il consacra les dix dernières années de sa vie à une réflexion à la fois inquiète et passionnée sur l’avenir de la France. Alfred Fouillée, contemporain de Péguy, est l’objet d’une curieuse méconnaissance. Penseur difficilement classable, philosophe des « idées forces » qui commence timidement à être redécouvert, il consacra les dix dernières années de sa vie à une réflexion à la fois inquiète et passionnée sur l’avenir de la France. On sait à quel point durant cette période, qui va de 1890 à 1914, les interrogations sur la République furent fortes, soit pour la contester dans ses fondements même, à la manière du nationalisme barrésien, soit pour prétendre accomplir sa promesse, à la manière du socialisme jauressien. Dans les deux cas, c’était le fondement national de la République qui posait un problème : on lui reprochait de trahir la nation ou on lui reprochait au contraire de ne pas dépasser le cadre de celle-ci
Anniversaire de l’attentat manqué contre Hitler : Jean-François Thull raconte l’Histoire
Le 20 juillet 1944 à 12h42, la bombe déposée dans le quartier général d'Hitler par le colonel Claus von Stauffenberg explosait sans parvenir à tuer le chancelier. Le détournement de l'opération de sécurisation du Reich Walkyrie, par des conjurés en nombre insuffisant, était dès lors voué à l'échec. Dès le 21 juillet, les acteurs les plus exposés du coup d'Etat manqué étaient fusillés par les nationaux-socialistes. Jean-François Thull, directeur de la Cité royale de Loches, est l'auteur d'un essai court et dense sur la figure de Claus Schenk von Stauffenberg, le chevalier foudroyé (Le Polémarque, 2015). Il éclaire pour nous les motivations d'une figure toujours méconnue, plus complexe que n'a pu donner à le penser sa présentation hollywoodienne. Votre essai sur Claus von Stauffenberg dépasse le simple récit historique. Vous évoquez son destin comme s'il faisait de longue date partie d'un « panthéon personnel », éclairant toujours l'histoire européenne. J'ai voulu rendre justice à une figure de mon point de vue majeure du XXe siècle européen, et montrer que l'action de Stauffenberg va à l'encontre de l'idée d'une fatalité allemande, du prétendu Sonderweg. Contrairement à ce que l'on a souvent prétendu, l'Allemagne n'était pas condamnée à suivre une voie destructrice, celle de la spirale du national-socialisme.
Genève : Yves Bouvier au cœur d’un nouveau scandale d’escroqueries de millionnaires russes
Surfacturations, manipulations, sociétés-écrans, fraude fiscale, corruption, blanchiment d'argent : les affaires cernent le marchand d'art suisse Yves Bouvier. La dernière en date oppose le sulfureux intermédiaire à l'un de ses anciens clients, l'homme d'affaires russe Vladimir Scherbakov, qui l'accuse d'avoir artificiellement gonflé le prix des œuvres qu'il lui vendait. Retour sur les péripéties judiciaires d'un « ami » qui ne vous pas que du bien. Les nuages s'amoncellent au-dessus d'Yves Bouvier. Le marchand d'art suisse, qui a fait fortune en montant la société de transport et d'entreposage d'œuvres d'art Natural Le Coultre, également célèbre pour avoir fondé les ports francs de Genève, du Luxembourg et de Singapour, est à nouveau dans la tourmente. Un homme d'affaires russe, Vladimir Scherbakov, accuse Yves Bouvier d'avoir utilisé un prête-nom afin de réaliser, sur son dos, des plus-values indues, dont le montant dépasserait un milliard de dollars. Dans la foulée, la justice helvète a ouvert une enquête.
Napoléon le plus étranger des Français
Qui était-il, ce Corse adoubé comme le plus Français d’entre les Français ? Qui était-il, cet enfant qui, une fois parvenu à l’âge adulte, devint un demi-dieu marchant parmi les hommes ? Napoléon Bonaparte, s’il est le plus connu de tous les grands personnages de l’Histoire de France, et peut- être même du monde, reste un mystère.   Charles Maurras lui-même, tout père de l’empirisme organisateur et contre-révolutionnaire qu’il était, ne put s’empêcher d’écrire dans son « Napoléon avec la France ou contre la France » que l’homme était « enivrant », et là d’énumérer ces qualités rares et uniques qui, réunies en un seul individu, forment les mythes : « mémoire immense, génie de l’organisation, esprit critique et psychologue, puissance de travail, étendue et ressort de la volonté, le sujet est inépuisable et [...] Suite à lire dans L'Incorrect et sur le site pour les abonnés.
Poète, voici tes papiers !
Ont-ils fait la France ? Du dedans de leurs tranchées, quatre ans durant, les hommes de la Légion étrangère ont empêché qu’elle se défasse, comme en 1870. Engagés volontaires, le poète Cendrars et le peintre Zinoview se sont fait honneur et ont honoré la France. Il fut un temps où la nationalité française ne s’attrapait pas en haut d’un balcon. C’était le temps où l’Europe était en éruption juvénile, où l’imagination partout explosait, où des confins de la Russie et de l’Europe de l’Est, on accourait à Paris. C’était le temps où le corps de l’Europe convulsait dans un accès acnéique, où la pire guerre qui fût éclatait. Le vieux continent se crevait les comédons, il [...] Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés

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