
Il y a des livres comme des chansons d’amour, et Thomas Morales entre en scène avec Monsieur Nostalgie comme Yves Montand plane sur les planches de l’Olympia pour entamer en un murmure, Oh, je voudrais tant que tu te souviennes… Nous peinons d’abord à nous souvenir de ces jours heureux où, en ce temps-là, la vie était plus belle grâce à l’audace d’un Belmondo bronzé, ou à Romy près de la piscine sous un soleil plus brûlant qu’aujourd’hui. Les feuilles mortes ont été ramassées à la pelle depuis, pourtant l’auteur est là pour nous dire « Tu vois, je n’ai pas oublié » ; sur fond de Michel Legrand, Francis Lai ou Philippe Sarde, les pages de son livre se feuillettent doucement, car nos âmes encore patriotes sont excédées par l’instantanéité de notre époque. Lorsqu’on a refermé la couverture de son passé et que l’on a conjuré la nuit froide de l’oubli, on a le cœur tout plein d’un temps et d’un pays que l’on croyait presque perdus.…








