
DE L’ALTITUDE ET DU FEU
Le jeune écrivain Simon Berger s’essaie à méditer sur un lieu à forte résonance pour servir le projet de la collection Arpenter le sacré, chez DDB, et, de retour dans son Auvergne natale, après une ouverture tonitruante sur la cathédrale de Clermont- Ferrand, immense et noire, en pierres de Volvic, il commence de liguer ses « Volcaniques ». Plusieurs ombres, certaines discrètes, d’autres glorieuses, d’autres encore oubliées (des ancêtres dont on a les photos de jeunesse, Didier, un professeur décisif; Pascal, Jeanne d’Arc, Max Jacob; Pierre le Vénérable) sont convoquées au fur et à mesure de pérégrinations où l’unité de lieu permet la multiplication des temps. Comme Dieu, l’Auvergne vomit les tièdes, et entre les hivers comme des déserts blancs, des étés qui martèlent la terre et la pierre de lave, ses paysages poussent à des caractères tranchés. Berger se fait lyrique, baroque, intense, panoramique; on se perd un peu dans ses aperçus et ses combinaisons, et puis soudain, il relie ces fils en relatant l’expérience de sa conversion chrétienne: « La conversion ne pourrait que dans ce syllogisme: c’est beau; ils sont morts; donc c’est vrai.…








