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Yann Vallerie : « La sécession est la dernière chance avant le chaos »

Votre premier chapitre fait écho à cette tendance lourde issue du confinement : la fuite hors des villes. N'avez-vous pas l'impression que nous sommes au début d'un changement de civilisation prenant le contre-pied de l'exode rural ?

Yann Vallerie : Une partie de la population a pris conscience, notamment avec le premier confinement, que les villes étaient des endroits de moins en moins sûrs, en matière sécuritaire bien entendu mais également en matière alimentaire ou communautaire. Car ce sont des endroits où l'individu se retrouve seul. On a vu des familles séparées, on a vu des personnes perdues dans les villes. Partant, un mouvement de retour à la campagne ou vers de plus petites villes, s'est mis en route. Effectivement, c'est un mouvement qui est amené à se poursuivre : reste à savoir sous quelle forme. Car certains vont rapidement déchanter à la campagne ou dans les petites villes tout simplement parce qu'ils ne sont tout pas préparés à ce changement de vie radical.

Sachant qu'avec le développement d'internet, aujourd'hui en Centre-Bretagne on a autant accès à la culture ou à la mode que dans une grande ville.

Je vais peut-être vous surprendre mais je vais souligner le travail de la gauche depuis des années sur le maillage territorial en matière d'offre culturelle (médiathèques, bibliothèques, centres culturels). Avec l'avènement d'internet, accentué par la généralisation de la fibre optique, on peut en effet avoir la même vie culturelle ou les mêmes équipements vestimentaires ou de bricolage ou que sais-je encore que dans les villes. Les inconvénients suscités en moins ! [...]

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La politique, ce concours de beauté
rançois Hourmant signe un essai réussi sur un sujet trop peu traité, et pour ainsi dire tabou : l’importance du physique (beauté, corps, apparence) en politique – et plus encore à l’ère électorale, et surtout à l’heure médiatique – importance que le politologue analyse depuis ses enjeux jusqu’à ses effets, en déclinant les usages d’hier et d’aujourd’hui. C’est que le physique participe activement au « miracle permanent de la transsubstantiation d’un individu en monarque ». Pour faire court, l’homme politique est devenu un véritable entrepreneur esthétique – non sans rapport avec le culte néolibéral de la performance – ; la beauté opère ainsi une discrimination souterraine entre les candidats, favorisant les personnalités narcissiques en quête d’estime de soi ; elle participe surtout à leur élection par un effet de halo, puisque lui est associé tout un tas d’autres qualités telles l’intelligence et l’honnêteté. Ajoutons que le poids du critère varie selon le pays et le mode de scrutin ; le sexe, l’appartenance politique et le degré de politisation du votant. [...]
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Progressisme : cette volonté de transformer l’homme

Vous achevez un cycle de trois dictionnaires en consacrant celui-ci au progressisme, après deux autres sur le conservatisme et sur le populisme. Quel sens donner à cette grande œuvre de près de 3500 pages ?

Olivier Dard : Merci de qualifier cet ensemble de grande œuvre. Après les deux premiers, les lecteurs jugeront du troisième. Il est certain que pour nous, leurs directeurs, il s’agit bien d’une trilogie. Nous n’avions pas prévu la chose comme telle en publiant le Dictionnaire du conservatisme en 2017. En revanche, lorsque deux ans plus tard nous avons sorti le Dictionnaire des populismes, il nous est apparu qu’il manquait un volet au triptyque pour prétendre brosser le panorama idéologique des années 2020. Entreprendre un Dictionnaire du progressisme relevait donc de l’évidence et nous espérons que cette somme, au sens déjà littéral du terme, donnera aux lecteurs de 2022 un tableau assez complet des doctrines politiques dominantes de notre temps en France, bien sûr, mais aussi en Europe et aux Amériques.

En histoire des idées, quand et comment apparaît le concept de « progressisme » ? Contrairement à l’éthique conservatrice, qui au fond est vieille comme le monde, s’agit-il d’un état d’esprit nouveau et inédit dans l’histoire ?

Frédéric Rouvillois : La question est intéressante, l’une des particularités du progressisme étant que, contrairement au conservatisme et au populisme, on peut dater, non seulement le mot, qui apparaît en France sous la Monarchie de juillet, mais également la notion. En effet, le progressisme se construit à partir d’une idée capitale, l’idée de progrès, selon laquelle tout ce qui se rapporte à l’homme, sans exception, est amené à se perfectionner au cours du temps, de façon nécessaire et illimitée. [...]

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Éditorial essais de février : Des conséquences de ce que l’on pense et de la dynamite
Aujourd’hui, on oscille paradoxalement entre une admiration pour les idées parce qu’on aime la discussion et un mépris pour la pensée qu’on prend pour du vent, une distraction incapable de faire voler des avions. Ce n’est pas faute pourtant d’observer les conséquences concrètes de certaines philosophies dont les Golems maléfiques, tels les wokes, fruits d’un nietzschéisme morbide, tentent d’imposer concrètement leur joug. Sans parler de la profusion des méta-récits issus du post-modernisme, la faute à Nietzsche encore, qui viennent contaminer la science pour la transformer en un point de vue parmi d’autres et qui obligent l’expert à rendre des comptes au fou et à l’escroc. Nietzsche nous avait prévenus, il est de la dynamite et si rien n’existe tout est permis ; ainsi, un Youtubeur comme Didier Raoult peut tout à fait être considéré comme un grand scientifique, ce qu’il aurait paraît-il jadis été, si tant est que ce monde existe et qu’il ne soit pas simplement un récit enchâssé dans un autre, une narration à laquelle on peut renoncer à tout instant et dont on sait qu’elle ne portera pas à conséquence. [...]
Thor, de l’institut
problèmes pourtant : outre l’insistance pénible sur le critère biologico-ethnique, l’institut ne pense que « l’Europe » et fait de son « combat prioritaire » le refus de l’universel ; combat déroutant s’il en est puisque cette prétention à l’universel est précisément une tradition européenne ; déroutant encore pour quiconque défend l’imbrication communautaire, car le genre humain n’est autre que la plus grande des communautés, et que l’appréhender n’implique aucunement l’uniformité – en plus d’être inévitable pour résoudre certaines questions, dont l’environnementale. [...]
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L’islam est-il notre avenir ?
Il est devenu de bon ton de distinguer le « temps court » et « le temps long » en politique. Harouel réconcilie les deux sur un thème à la fois très ancien et très actuel – et futur. L’introduction est au présent : les premiers mots sont pour Samuel Paty et les fidèles catholiques assassinés dans la cathédrale de Nice en octobre 2020. Puis l’auteur convoque le passé : depuis le VIIe siècle, il déroule naissance et vie de la civilisation islamique, examine la nature de l’Islam telle qu’elle résulte des principes qui la forment. [...]
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Platon ou les ambiguïtés

Difficile de trouver un équivalent de Platon dans le domaine de la philosophie. Disciple de Socrate, avec lequel sa pensée se confond assimilant, pour la postérité, celui-ci à ses Dialogues, sa position chronologique en fait le père de sa discipline si bien que toute personne qui prétend penser philosophiquement pense à partir de Platon, avec ou contre lui ; ainsi, son plus grand élève, Aristote qui, lui seul, peut revendiquer une importance égale à celle de son maître dans l’histoire des idées. Grec, athénien, aristocrate descendant de Solon, engagé malheureux auprès du Tyran de Syracuse, il considérait la politique comme l’activité humaine la plus noble, mais son admiration n’égalait que le mépris qu’il éprouvait envers la déchéance dans laquelle elle se trouvait.

Il ne s’agit donc pas de transformer le monde selon les idées, mais de les adapter au monde pour le rendre un peu moins pire

En ces temps de décadence qui furent les siens. Pour autant, il figure à présent et par bien des aspects dans l’imaginaire collectif le philosophe des nuées, celui des belles idées désincarnées dont on ne peut pas faire grand-chose. Car la tradition platonicienne a traversé les siècles, de Plotin à Hegel en passant par saint Augustin, jusqu’à certains sectateurs des totalitarismes rouge ou brun saisissant son effigie pour asseoir sur son cadavre leur légitimité intellectuelle – à tort ou à raison... plus certainement à tort mais aussi à raison. C’est que l’idéaliste naïf perdu dans ses sphères et l’idéologue déterminé que le sang n’effraye pas font ensemble la tête de Janus bifrons. Alors, penseur de l’ordre préfigurant Kant ou révolutionnaire archétypique comme Nietzsche le définit dans le merveilleux cours qu’il lui consacre ? Sûrement tout cela en même temps et rien de cela pourtant, parce que Platon excède, comme tous les grands parmi les grands, les interprétations de ses interprètes et qu’il surplombe ceux qui le combattent tel le barrage qui n’empêche pas le source d’exister indépendamment de lui. [...]

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Alexandra Kollontaï : femme rouge
Le nom d’Alexandra Kollontaï était célèbre après-guerre dans les milieux trotskistes et assimilés, qui n’en finissaient plus de s’interroger sur la nature – ouvrière ou dégénérée – du régime russe issu de la Révolution de 1917. Sa brochure L’opposition ouvrière fut traduite en 1964 dans Socialisme ou Barbarie, et méditée par tous les militants d’ultra-gauche. Figure de la Révolution, Kollontaï fut en 1921 l’une des premières à s’opposer à Lénine et à la mise en coupe réglée du pays par un parti fossilisé, composé d’apparatchiks nantis de privilèges. « Le Parti est devenu une bureaucratie étrangère aux masses, à la classe ouvrière », écrit-elle. Elle fut aussi l’une des rares féministes parmi les bolcheviques, plutôt indifférents à la condition des femmes, et qui voyaient dans le féminisme un danger pour l’unité du parti. [...]
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