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Dans le slip des Français

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Publié le

9 janvier 2020

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Avant que la dure réalité terroriste ne revienne frapper à notre porte, la France s’est plu à se déchirer autour d’une nouvelle polémique. En cause : une soirée privée organisée par des employés du « slip français ». Une marque au concept un peu stupide ne pouvait qu’engendrer une affaire stupide. Alors, on y trouve quoi dans le slip des Français ?

 

Licenciement pour bad buzz ? C’est désormais possible. À l’ère des réseaux sociaux, où tout se sait et tout peut devenir viral, l’affaire du « slip français », dont on ne peut écrire le nom de la marque sans esquisser un sourire moqueur, a tout du cas d’école. Rappel des faits : le vendredi 4 janvier, un compte anonyme intitulé « Décolonisons-nous » relayait une vidéo d’une soirée privée à thème « Africa » à laquelle participaient deux employés de la marque de sous-vêtements masculins Le Slip Français qui n’est à la vérité qu’un produit habilement marketé. Un homme y apparaissait déguisé en gorille de cirque et une jeune femme était grimée en personne noire, vêtue d’un boubou et d’un turban. En introduction à cette diffusion en direct supposément « fun », car c’est bien de la dictature du « fun » tel qu’on le conçoit en école de commerce qu’il faudra parler en dernière analyse, une jeune femme peinte en marron prévenait : « Non, ce n’est pas du racisme ».

 

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Evidemment, comme il fallait s’y attendre, la diffusion publique de la vidéo fit « réagir » et « s’émouvoir » des centaines d’internautes, dont l’effroi fut rapidement repris à bon compte par l’intégralité des grands médias. Le chauvinisme bêbête de la marque indiqué par son nom devenant le prétexte idoine à un déferlement. Et voilà que ressortaient aussi les propos du fondateur Guillaume Gibault qui, en 2013, dans l’émission Capital, s’enthousiasmait d’être cité dans une liste prestigieuse de chefs d’entreprise en lâchant qu’il était agréable d’être en compagnie d’une bande d’hommes qui n’étaient pas « des petits pédés ». Ils en ont dans le slip ! Reste que ledit Gibaut s’est empressé de faire amende honorable au nom de ses salariés et de les jeter en pâture, diffusant un message de condamnation et indiquant qu’ils seraient « sanctionnés » sous la forme d’une mise à pied à titre conservatoire.

 

Concrètement, cela signifie que Le Slip français pourrait gagner comme … être condamné aux prud’hommes. Rappelons que le « blackface » ne fait pas l’objet d’une loi. Il est encore autorisé de se peindre le visage et de se déguiser en France. Un comportement répréhensible doit générer une plainte … pas une sanction disciplinaire. Autrement, ce serait la porte ouverte aux licenciements pour convictions religieuses, politiques ou pratiques sexuelles du week-end…

 

Plus encore, Guillaume Gibaut s’est ensuite placé sous le patronage de SOS Racisme, auguste association historique qui sera conviée par le slip hexagonal pour dispenser la bonne parole aux jeunes pousses du groupe. Mais, au juste, Le Slip Français a-t-il eu une réaction justifiée en droit ou strictement émotionnelle ? Protecteur du salarié, le droit du travail a pour principe que ce qui a lieu à titre privé ne puisse faire l’objet d’une mesure disciplinaire. Quand bien même la Cour de Cassation a jugé en droit qu’un « trouble objectif caractérisé » pourrait constituer un juste motif de licenciement, au moins une preuve ou un commencement de preuve, le code du Travail détermine qu’une entreprise ne peut pas apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives des « restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

 

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Concrètement, cela signifie que Le Slip français pourrait gagner comme … être condamné aux prud’hommes. Rappelons que le « blackface » ne fait pas l’objet d’une loi. Il est encore autorisé de se peindre le visage et de se déguiser en France. Un comportement répréhensible doit générer une plainte … pas une sanction disciplinaire. Autrement, ce serait la porte ouverte aux licenciements pour convictions religieuses, politiques ou pratiques sexuelles du week-end… Pis : pour délit de « buzz », comme c’est arrivé très injustement auxdits « membres » de la Ligue du LOL et même à ceux qui étaient simplement soupçonnés d’y appartenir ! Cette société du contrôle moral, hors du cadre juridique, où les procès se tiennent sur Twitter et les chaînes d’information en continu, contient des ferments totalitaires extrêmement dangereux.

 

 

Comme on voit souvent la paille dans l’œil de son voisin, et plus rarement la poutre dans le sien, il est notable que les commentaires sur l’affaire du « slip français » ont manqué le plus important : la culture festive des Parisiens des beaux quartiers sortis des prestigieuses écoles de commerce. Ce côté potache absolument neuneu et ces accents parigots ridicules qu’on entend sur la vidéo du « crime ». C’est bien ça qui est choquant. Et cela correspond beaucoup plus à l’esprit Yann Barthès qu’à un très hypothétique « racisme systémique » qui aurait cours en France. Dans le slip des Français, on peut parier qu’il n’y a plus beaucoup de vigueur.

 

 Gabriel Robin

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