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De Dieu le Père à Déesse(s) Mère(s)

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Publié le

16 juillet 2019

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La « PMA pour toutes » et demain la GPA ne vont pas seulement permettre à l’égoïsme et au consumérisme de prendre forme, elles vont aussi modifier en profondeur la structure familiale française de base, à savoir la famille nucléaire. Et qui touche à l’un des trois fondements d’une société (religion, forme politique et structure familiale), touche en réalité à la société elle-même.

 

Cette étape n’est qu’une suite logique de l’attaque subie par la France depuis la Révolution (et même avant la Renaissance) qui reprendra, après la mort du Roi et la Terreur, les cycles historiques menant vers le matriarcat total. Nous ne sommes pas encore au bout du processus.

 

Lire aussi : Agnès Thill : « L’éviction du père pose un problème éthique »

 

L’oncle, figure de substitution

Mai 68 s’était occupé de détruire l’idée d’autorité pour mieux détruire celui qui l’incarne naturellement. Le foyer se voit alors dépourvu de sa figure protectrice et séparatrice pour n’être plus qu’un lieu placentique dans lequel règne la toute-puissance maternelle. Aujourd’hui, nombre sont les enfants qui veulent tout, qui peuvent tout, même retarder leur puberté pour être certain de bien pouvoir décider de leurs sexes. Car sans le père qui pose les limites ? Qui annonce le « non » de la Loi et du Bien ? Le dernier résidu du patriarcat, à savoir la présence du père biologique au sein du foyer est en train de disparaître.

Mai 68 s’était occupé de détruire l’idée d’autorité pour mieux détruire celui qui l’incarne naturellement.

La figure montante, comme dans les communautés primitives, est celle de l’oncle. Maternelle, cela va sans dire. L’oncle serait la figure masculine dont l’enfant a besoin, il permettrait de mettre tous les arguments benêts du style « les enfants ont besoin d’un homme pour se construire » en PLS car oui l’oncle est, sauf opération en cours, un homme. Il peut même faire preuve de virilité et de bon sens. Ce qu’on ne dit jamais, c’est que le père va au-delà de la fonction de l’homme ou du masculin, il est celui qui va empêcher l’indifférenciation prolongée entre l’enfant et la mère, il est celui qui va poser l’enfant face au monde en passant du « nous » au « je ». Il va créer l’individu autonome. Il est celui qui, à l’image du Christ, vient apporter la division dans les familles. Un enfant sans père, c’est un pervers narcissique en puissance. Une société sans père, c’est une société d’esclaves et une société de guerre imminente. Que sera l’oncle dans une famille monoparentale ou une famille à deux mamans ? Il ne sera qu’une mère-bis, cédant aux caprices, offrant sa carte de crédit pour compléter la CAF, il ne sera pas le mur à franchir car non.. ce n’est pas son enfant. Mon désir est mon droit, mais mon désir a-t-il seulement des droits ?

 

Lire aussi : Elargissement de la PMA : encore une loi qui va diviser les Français

 

Un retour à la famille pré-chrétienne

Les anthropologues universitaires se posent des questions. « Que va donc donner la famille sans père ? », « est-ce viable ? ». La réponse nous la connaissons car nous retournons au modèle familiale dit « communautaire » dans lequel le père biologique n’est pas reconnu et ne joue aucun autre rôle que celui de donneur de sperme. Ces familles, sans devoir remonter aux temps des Argonautes, sont aujourd’hui très présentes dans le monde musulman et ne sont qu’une survivance des modèles familiaux pré-chrétiens. Rappelons que la Révolution française s’est beaucoup appuyée sur ce modèle familial très présent dans le bassin parisien, et qui domine aujourd’hui le pays. Tanistry[1] et égalitarisme y règnent en maître. Nous vivons, en réalité, un remplacement anthropologique majeur qui mène la France vers une orientalisation complète. La famille communautaire est basée sur une idée totalement étrangère à la France chrétienne, celle que l’autorité se partage à égalité entre plusieurs membres, et pourquoi pas se subdivise entre plusieurs rôles. Pire encore, elle s’achète. Ce concept qui ne peut que s’incarner et se vivre par l’exemple, n’est plus aujourd’hui qu’un objet d’achat. Mais un concept acheté n’est-il pas vidé de sa substance ? Si demain l’amour s’achète sur Amazon, est-ce encore de l’amour ?

Rappelons que la Révolution française s’est beaucoup appuyée sur ce modèle familial très présent dans le bassin parisien, et qui domine aujourd’hui le pays.

Dans la tradition, et cela ne plaît pas au moderne, tout est rigide, tout est calé, tout tient debout. La famille nucléaire avec un père qui détient l’autorité, une mère qui prône la grâce, et les enfants qui sont sous leurs coupes, n’est rien sans le système politique du Roi, père du peuple car lieutenant du Christ et qui a pour objectif de permettre à ses sujets de gagner le Ciel. Il n’est rien non plus sans la verticalité ultime de Dieu le Père. Hors des cycles de l’ordo ab chaos, seule la tradition permet l’espérance.

 

Lire aussi :  La vérité vous rendra libres 

 

Du père aux mères

Le père de famille, celui qui de père en père transmettait la révélation chrétienne par l’exemple et la foi, est remplacé par les déesses mères du cercle infini du nombrilisme comme aboutissement de soi seul. La mère qui porte l’enfant, la mère qui accueille, bientôt la mère qui vend, déjà la mère qui achète, demain la mère qui rend et qui loue ? Le débat semble même ouvert pour un avortement post-natal « Deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l’Université de Melbourne et Alberto Giubilini, de l’université de Milan affirment en effet que « le droit de tuer un nouveau-né devrait être éthiquement permis dans toutes les mêmes circonstances que l’est l’avortement. Ces circonstances incluent les cas où les nouveau-nés […] peuvent être un risque pour le bien-être de sa famille ».[2] En clair, l’enfant verra se dresser devant lui un panthéon de femmes déifiées et derrière, comme caché sous une brume divinatoire, un homme qui n’ose même plus dire « non ». De l’anthropologie qui découle de Dieu le Père la France passe, peu à peu, sous contrôle de déesses de la mort, du marché, et du sacrifice. Nous sommes bercées par Hela, déesse de la mort douce, le visage à moitié plongée dans les ténèbres et l’autre dans la lumière pour mieux nous leurrer. Le « monde de demain » est en réalité un immense retour au monde violent d’avant-hier. L’Enfer est décidément peuplé de bonnes intentions. Big Mother est « en marche. »

 

 

Sylvain Durain

 

 

[1]La Tanistry est un système matriarcal qui prône l’égalité dans l’héritage des biens. Il est l’une des sources de la dénatalité française après son retour par la Révolution.

[2]https://www.causeur.fr/vers-le-droit-a-l%E2%80%99avortement-post-natal-16203

 

 

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