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Fêtes johanniques : Charlotte d’Ornellas jugée trop incorrecte pour France 3

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Publié le

30 avril 2021

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Alors qu’elle devait diffuser un programme sur les fêtes johanniques, la chaîne France 3 Centre-Val de Loire a décidé d’annuler la projection. En cause : la présence de Charlotte d’Ornellas, jugée trop à droite.
Orléans

C’est l’un des grands événements qui balise l’année orléanaise. Chaque 8 mai, la ville d’Orléans organise les fêtes johanniques pour célébrer la délivrance de la ville par Jeanne d’Arc et son armée en 1429. À cette occasion, et alors qu’il n’y aura pas de spectateurs cette année pour cause de Covid, France 3 Centre-Val de Loire devait diffuser un programme de 52 minutes financé entièrement (25 000 €) par la ville et donné clef en main à la chaîne pour diffusion, afin que les habitants puissent assister par écran interposé aux célébrations.

Ce devait être une première, mais France 3 en a décidé autrement : dans un courrier envoyé à la mairie, le directeur de la chaîne Jean-Jacques Basier a annoncé qu’il renonçait à la diffusion. En cause : le documentaire a été jugé comme étant un tract politique, et la chaîne, qui n’avait pas le droit de regard, a préféré se retirer. Dans les pages de La République du Centre, Jean-Jacques Basier s’est expliqué : « J’aurais aimé que la ville utilise le conditionnel au moment de la présentation du programme. Nous avions fait une lettre d’intention, c’est vrai, mais il ne s’agissait pas d’un contrat. Il était prévu que si ce magazine ne nous convenait pas, nous ne le diffuserions pas ».

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C’est l’intervention dans le programme de Charlotte d’Ornellas, ex-Jeanne d’Arc en 2002 et journaliste de Valeurs actuelles, qui a semble-t-il posé problème à la chaîne. « Quand j’ai appris, lundi, que la voix off de ce programme serait faite par une journaliste de Valeurs actuelles, les bras m’en sont tombés. Pour un programme diffusé sur une chaîne publique, c’est quand même très compliqué ». En clair, elle est jugée trop de droite, trop catho, trop de tout ce qui sent l’obscurantisme pour les bien-pensants. La télévision publique assume donc ouvertement de discriminer les intervenants sur des critères idéologiques – et soyons clair, la discrimination va toujours dans le même sens. Si vous n’êtes ni libéral, ni de gauche, votre opinion est considérée comme n’ayant pas droit de cité sur une chaîne financée par l’impôt de tous. Nouvelle confirmation de ce que l’on savait : les médias publics sont à la botte des progressistes, et toute opinion de droite n’est plus tolérée par ceux qui défilaient en se disant Charlie il y a encore peu de temps. Pas étonnant que la liberté d’expression ne passe plus chez les « jeunes », quand même les médias et l’Université y ont renoncé. Décidément, la gauche donne l’exemple.

Autre raison invoquée par le patron : pareil programme télévisé aurait offert au maire LR de la ville Serge Grouard une tribune politique jugée inappropriée alors que la campagne pour les élections départementales et régionales va bientôt débuter : « Je suis arrivé il y a seulement quatre mois à Orléans, et j’ignorais qu’il y avait dans ces fêtes des prises de parole politiques. À deux jours de l’ouverture de la campagne des départementales et des régionales, ça me semblait maladroit ». Dans cette prise de parole, il y a tout : les défauts du parachutage d’abord, d’un homme qui débarque sans connaître le territoire et ses traditions ; la bêtise-prétexte ensuite, car qui dit campagne électorale dit juste équilibre des prises de parole politiques, mais certainement pas mise en silence des personnalités publiques. En tant que maire élu de la ville et donc représentant de ses administrés, il est évident que Serge Grouard ait un juste droit à la parole – comme Emmanuel Macron lors du 14 juillet, ou démocratie ne veut plus rien dire dans la bouche de ces démocrates.

« Nous avons des partenariats avec la région sur des programmes culturels et nous restons ouverts à des partenariats avec la ville mais s’il n’y avait pas eu le Covid et ce huis clos, nous n’aurions jamais marché là-dedans, nous préférons produire les choses nous-mêmes. Notre directeur des programmes avait accepté la proposition de la ville car nous sommes dans un contexte particulier et cela nous semblait logique de ne pas priver les Orléanais de cet événement festif. Mais habituellement, on ne le fait pas comme ça et on ne le refera pas » a-t-il conclu, lâchement.

En représailles, le maire aurait d’abord refusé toutes accréditations aux journalistes de la chaîne pour assister aux cérémonies, dorénavant confidentielles. Finalement, les journalistes ont eu l’autorisation d’assister à la cérémonie du 29 avril dans la cathédrale, mais le maire a refusé de leur répondre. Certains élus d’opposition auraient refusé de participer aux fêtes. Le programme sera quant à lui diffusé sur les réseaux sociaux de la ville.

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