PEDRO SÁNCHEZ – TOUCHÉ COULÉ ?

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En 1996, le principal parti nationaliste catalan fait chuter le gouvernement socialiste de Felipe González sur une question budgétaire. En février 2019, ce sont à nouveau les formations séparatistes catalanes qui font échouer l’adoption du budget élaboré par un président du gouvernement social-démocrate, Pedro Sanchez.

 

Ce mercredi 13 février, le Congrès des députés a en effet mis au vote le projet budgétaire du cabinet en place pour l’année en cours. Ce texte a été défendu par la ministre des Finances, María Jesús Montero, dans des conditions difficiles. L’exécutif issu de la motion de censure de juin 2018 est en effet en minorité au sein de la chambre basse du Parlement (84 sièges sur 350) et doit composer avec ses principaux alliés.

 

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La semaine dernière, une importante manifestation place Christophe-Colomb, à Madrid, a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes contre la politique territoriale de Pedro Sánchez. Organisé par plusieurs partis et associations (dont le Parti populaire, Citoyens et Vox), le rassemblement visait à réclamer des élections générales anticipées et à protester contre la politique territoriale du président du gouvernement.

 

Ce dernier a proposé aux indépendantistes catalans de négocier par rapporteur interposé, ce qui a été pris comme une trahison par une bonne partie de la société. Il s’agissait en effet d’une vieille revendication séparatiste qui n’a toutefois pas suffi à Quim Torra, président de la Généralité de Catalogne, lequel a rejeté l’initiative. Le geste était désespéré de la part de Sánchez, qui avait besoin des représentants indépendantistes au Congrès des députés pour qu’ils votent en faveur de son budget.

 

Ce vendredi 15 février, à la sortie du Conseil des ministres, Pedro Sánchez a donc deux choix face à lui : résister jusqu’aux prochaines élections générales, au premier semestre 2020 ; ou dissoudre le Parlement et appeler les électeurs aux urnes

 

Tout cela aura été fait en pure perte car Torra réclame l’organisation d’un « référendum d’autodétermination » en Catalogne et la grâce des douze anciens responsables indépendantistes arrêtés en 2017 sous divers chefs d’accusation (rébellion, sédition, malversation) et jugés par la Cour suprême depuis le 12 février dernier.

 

Mécontents de voir que Pedro Sánchez n’a pas accédé à leurs exigences, les séparatistes ont donc présenté des amendements à l’ensemble du texte budgétaire. Ces amendements ont été adoptés le 13 janvier.

 

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Le président du gouvernement peut théoriquement présenter un nouveau budget aux députés ou se contenter de prolonger celui adopté par son prédécesseur, Mariano Rajoy, pour gouverner à coups de décrets-lois royaux, comme il l’a fait jusqu’à présent. Mais sa majorité s’est irrémédiablement brisée sur les écueils parlementaires.

 

Ce vendredi 15 février, à la sortie du Conseil des ministres, Pedro Sánchez a donc deux choix face à lui : résister jusqu’aux prochaines élections générales, au premier semestre 2020 ; ou dissoudre le Parlement et appeler les électeurs aux urnes, probablement le 28 avril, quelques semaines avant les élections européennes, régionales et municipales. Nul besoin de dire que la droite attend impatiemment ce scrutin, d’autant que les sondages prêtent à Citoyens, au PP et à Vox la possibilité de gouverner ensemble à son issue…

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nklein@lincorrect.org

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