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Tugdual Derville : « C’est un bras de fer anthropologique qui s’engage »

Refusant tout défaitisme, Tugdual Derville, le porte-parole d'Alliance Vita, lutte activement contre la légalisation de l'euthanasie, qui mènerait à l'auto-exclusion des plus vulnérables. Entretien.

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© Alliance Vita

Après le mariage pour tous, la PMA pour femmes seules et lesbiennes, l’extension des délais d’IVG, c’est l’euthanasie qui se profile dans le calendrier législatif. Comment stopper ou du moins freiner l’offensive sur la vie ?

Ces offensives sont à distinguer même si elles relèvent d’une même logique de déconstruction des repères anthropologiques. Oui, la légalisation de l’euthanasie menace, mais aussi l’euthanasie « masquée », c’est-à-dire dissimulée. Vous me demandez comment « freiner »  : se contenter de donner un coup de frein à des évolutions vues comme inéluctables n’est pas motivant ! Mieux vaut repartir d’un regard ajusté sur l’état de notre société, afin d’analyser les causes profondes des régressions du droit à la vie, du respect de la dignité humaine, et des repères favorisant la famille durable, écosystème qui offre à l’être humain les meilleures chances de protection. 

Il faut aussi reconnaitre les progrès indéniables de la protection de la vie humaine dans de nombreux domaines : respect accru des enfants, lutte contre la violence routière, l’alcoolisation du fœtus, les abus sexuels, etc. Se garder d’une vision univoque est essentiel, car nous assistons à une sorte de chassé-croisé : d’un côté, de grands progrès en matière de médecine, de prise en compte de la personne ; d’un autre côté, de graves régressions. C’est à partir de ce constat équilibré que nous pouvons construire une culture de vie. Il ne s’agira pas seulement de résister aux mesures législatives délétères que l’on fait passer pour « inéluctables » en les prétendant « humanistes » ; nous devons aussi favoriser les conditions sociales et culturelles pour que nos contemporains conservent le « goût de la vie » jusqu’à son terme naturel. Cela nécessite par exemple de lutter contre « la mort sociale » de millions de personnes âgées isolées, qui vivent dans la précarité affective et ont peu de prix aux yeux d’autrui. Tous contaminés par l’individualisme, nous avons à travailler à une société d’interdépendance, où les personnes fragiles auront toute leur place. C’est le sens de la récente campagne d’Alliance VITA « changeons nos regards pour changer sa vie ». [...]

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