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Zemmour or not Zemmour

Quel regard porter sur la campagne d’Éric Zemmour? Après une période de flottement, le candidat de l'union des droites s'est présidentialisé et réalise une véritable percée.

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© Benjamin de Diesbach

En décembre dernier, L’Incorrect faisait sa Une sur Éric Zemmour : grand entretien, enquête et analyse. Après une grande majorité de papiers, avouons-le plus que favorables à son endroit, le dossier en surprit plus d’un et en blessa même quelques-uns. La politique exacerbe tout, une campagne présidentielle encore plus, la moindre ponctuation se révèle tranchante comme une lame de rasoir, un bon mot est vécu comme un coup de poignard dans le dos. L’Incorrect a son ton, son style, ne mégote pas sur les virgules. Il nous arrive même, par instants, d’user de quelques facilités, qu’on ne nous reproche jamais lorsqu’elles concernent la gauche, ni même lorsqu’elles touchent Valérie Pécresse ou Marine Le Pen. Les messages tombèrent comme des flèches anglaises à Crécy, de remerciements, d’insultes, de félicitations ou d’incompréhension. Un ami me confia sa désapprobation, non sur le fond, mais sur la forme ; d’autres m’expliquèrent qu’on ne pouvait pas tirer ainsi contre son camp. Ce qui était accepté (et même réclamé) pour les autres ne l’était pas pour Éric Zemmour.

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Au nom des combats passés et des amitiés, Éric Zemmour mériterait-il un traitement de faveur? Non, mais des mots moins durs, probablement. La première règle du journaliste est de savoir penser contre soi-même, peut-être encore plus quand le « terrain » tire la tronche. Il observe, recueille, recoupe, et surtout voit ce qu’il voit, ce qui est le plus difficile. Or ce que nous voyions alors, comme les comptes-rendus de ses déplacements que nous recevions de province, n’augurait rien de bon. On ne parle pas de son projet politique, mais de la façon dont était conduite son entreprise de conquête du pouvoir. Si Éric Zemmour, qui était monté jusqu’à 17-18 % dans les sondages, était retombé à 12-13 %, ce n’était pas uniquement dû aux tirs de barrage de ses opposants. La politique est un métier et les dysfonctionnements étaient nombreux. Mais qui l’imaginait propulsé si haut et surtout si vite ? [...]

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