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[Cinéma] Rodéo : daube racoleuse
Une jeune femme en rupture de ban intègre un gang de motards à leur corps défendant. Validée par le big boss en prison, elle se rapproche de sa femme, jeune mère désemparée... On trouve de tout dans Rodéo : une caméra parkinsonienne à la Dardenne (les frangins réalisateurs de Rosetta), le clinquant et la désexualisation à la Titane (la daube Palme d’or en 2021), un milieu d’hommes fétichisés façon Belle Épine de Rebecca Zlotowski, c’est-à-dire rendu stérile, et, dans ses rares moments un peu enlevés, le désir impossible d’une dissolution dans le groupe clairement emprunté au beau American Honey d’Andrea Arnold. [...]
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Les Anneaux de pouvoir : il faut sauver la Terre du Milieu

On peut tout de même rappeler une chose à Libération : les récits légendaires et mythologiques sont, par définition, enracinés dans une terre et dépendants d’un socle ethnique. La mythologie créée par Tolkien dans Le Seigneur des Anneaux est certes un formidable syncrétisme mais elle puise essentiellement dans des récits folkloriques du nord de l’Europe : le monde germanique et le monde scandinave, pour ne pas les citer. Aujourd’hui, l’idéologie woke et l’occidentalisme impérialiste américain voudraient à tout prix nous faire oublier une chose, ce qui explique sans doute leur hystérie hybridiste récente : un peuple et ses mythes sont le fruit d’une très longue et très patiente décoction dans les athanors de l’histoire et d’une terre.

Lire aussi : Virginie Despentes : la moraline en rotant

La Terre du Milieu est précisément le fantasme romantique (et à ce titre la fantasy est un genre anglo-saxon et dix-neuvièmiste par essence) de ce substrat ethnico-légendaire nord-européen. Car la fantasy n’est pas, comme le dit Olivier Lamm, « née au XXè siècle dans la presse pulp et dans l’édition pour enfants ». En réalité, elle est apparue dès le milieu du XIXè siècle dans le sillage de la poésie romantique et de la réhabilitation du patrimoine culturel préchrétien. Vouloir y importer tout un fatras interracial post-moderne et donc non seulement contre-productif mais tout à fait artificiel. Cela ne répond – est-il besoin de le démontrer – qu’à une logique commerciale typique des grands studios hollywoodiens, pressés de s’amender de leurs « fautes » passées et de prendre le grand virage inclusiviste plus vite que les autres. En nous faisant croire au passage qu’ils ont changé – alors qu’ils sont les mêmes, en pire.

Rings of Power, la nouvelle série d’Amazon consacrée au pillage sans vergogne des appendices du Seigneur des Anneaux est d’ailleurs ridicule à plus d’un titre : à chaque fois qu’un figurant noir apparaît (ou mieux : un premier rôle), on sent le cadre qui se resserre, comme pour disqualifier d’avance tous les doutes et toutes les moqueries possibles. Outre qu’il est ridicule et vain de s’abaisser à une telle logique mercantile de quotas, ces acteurs « racisés » posent plusieurs problèmes réels. [...]

Emma Becker : pute, mais pas trop

Nous parlions récemment de ces nouvelles pratiques de la prostitution « sans risque » qui attirent tout un tas de petites grues vénales et narcissiques : la domination à distance, le « caming » et autres pratiques nichées du sexe virtuel qui demandent un investissement corporel minimum – mais n’empêchent pas les âmes de ces pauvres filles d’être bruyamment concassées par le Néo-Capital. On ne pourra pas enlever à Emma Becker qu’au moins, elle est allée au charbon. En travaillant deux ans dans plusieurs bordels berlinois, elle est rentrée dans le vif du sujet. Bon, certes elle a préféré les confortables hôtels de passe de la capitale allemande au périphérique nord-parisien et à ses putes à crack édentées... On va dire que c’est une question d’esthétique – mais passons. Dans La Maison, paru en 2019, Becker poussait jusqu’au bout le gonzo-journalisme, par opportunisme, ambition et peut-être même par vice. Pourquoi pas, après tout. Le problème, comme souvent dans ce genre de procédé d’immersion, c’est qu’elle est devenue doublement pute : d’abord avec ses clients, mais ensuite avec son propre milieu d’adoption, qu’elle a quitté un beau matin pour rejoindre le VIè arrondissement parisien. Faire le tapin n’aurait été qu’un hobby particulièrement rentable – si l’on additionne les ventes de La Maison et à ses émoluments de femme à jouir. 

Maman et putain

L’Inconduite sera donc le roman du retour à la vie parisienne et germanopratine. Retour à ses obsessions de petite fille riche : s’envoyer tout ce qui bouge pour tromper l’ennui, et si possible des vieux beaux plus ou moins célèbres, qu’on ne nommera pas dans le livre mais qu’on s’arrangera pour laisser fuiter dans l’exercice promotionnel qui suivra, histoire d’être sûr que tout le monde a compris : Emmanuel Carrère fera donc partie de ces illustres bâtons de vieillesse que la Becker aligne comme des trophées de veines pulsantes, de bonnes vieilles queues couronnées comme elle les aime depuis Monsieur, sa première autofiction confessatoire (c’est sans doute un des rares plaisirs qu’on peut trouver au livre : voir l’insupportable homme-soja des lettres françaises en prendre un peu pour son grade). [...]

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Éditorial culture de septembre : Rentrée dans le rang

La tendance de cette rentrée ? Des romans sans style peignés dans le sens de l’idéologie par palettes entières. Sur les sites des éditeurs, les argumentaires se ressemblent, souvent interchangeables, rejoignant toujours les mêmes thèmes. À ce titre, les éditions du Seuil, qui publient, ou publièrent, par ailleurs, des écrivains audacieux ou de grande tenue, se montrent d’une exemplarité idéologique effrayante. Adrien Genoudet évoque le souvenir d’un ancien maquisard, Kaouther Adimi met en scène des Algériens durant la Seconde Guerre mondiale et dans la période qui suit, Kinga Wyrzykowska, nous offre une fable qui « porte un regard d’une grande finesse sur le climat social et la peur de l’autre »,Diaty Diallo nous présente une bande de potes de cité et « le harcèlement policier qu’ils subissent quotidiennement »,Nadia Yala Kisukidi, spécialiste des études postcoloniales défend son premier roman, quand Cloé Korman donne un récit « des traces concrètes de Vichy dans la France d’aujourd’hui ».…

[Cinéma] Avec amour et acharnement : naufrage total
Claire Denis, c’est plutôt le haut du panier et la certitude a minima d’une recherche plastique : depuis Beau Travail jusqu’à High Life en passant par le magnifique Vendredi soir, voilà une bonne trentaine d’années que son œuvre travaille une forme singulière, et propose autre chose qu’un récit illustré – en somme Claire Denis essaye de faire du cinéma. Dommage, ici, elle s’est acoquinée avec la sinistre Christine Angot pour cette adaptation du non-moins sinistre Un tournant de la vie: soit un compendium des obsessions pathétiques de la romancière – marivaudages sans passion, immigrationnisme complètement hors-sujet, et sécheresse infinie de son cœur de bourgeoise avariée. [...]
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[Cinéma] Memories : fleuron de l’animation
Le film à sketches, assez répandu dans les années 90, était un moyen pour les cinéastes d’animation japonais de se faire la main et d’expérimenter leurs techniques. Conçu sous la houlette de Katsuhiro Otomo, ce Memories méritait bien une ressortie cinéma. Outre le très bon Cannon Fodder, réalisé par Otomo, plan séquence virtuose qui explore le quotidien d’un enfant dans un univers militariste et ubuesque, le film vaut surtout pour l’incroyable Magnetic Rose. Réalisé par Koji Morimoto, génie de l’animation malheureusement un peu oublié aujourd’hui, Magnetic Rose se veut à la fois un hommage au Kubrick de 2001, aux films de maison hantée et à l’opéra italien. [...]
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[Cinéma] Vesper Chronicles : SF poétique
Alors qu’Hollywood disloque peu à peu son savoir-faire dans ces machines à broyer l’imaginaire que sont Disney +, Marvel et consorts, un vent de renouveau de la science-fiction souffle à l’est. Co-production franco-lituanienne, ce très beau Vesper Chronicles n’invente pas grand-chose mais rend hommage à ses maîtres tout en renouvelant avec poésie certains concepts. Dans un pays et dans un futur institués, on suit l’errance d’une gamine qui tente de redonner du sens à sa vie – et accessoirement de sauver son père paralytique dont la conscience a été téléchargée dans un drone rouillé. [...]
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Gilbert Houbre : quand l’énergie se propage
En regardant les toiles de Gilbert Houbre, on devine immédiatement le geste du peintre, sa rapidité, sa force, sa nécessité. La fulgurance du geste palpable. Il y a quelque chose de vital dans cette peinture-là. On sent bien qu’il y a eu combat, et que ce que nous voyons en est non pas le résultat, mais son expression permanente, comme si rien n’était jamais figé. Le combat a lieu entre ce que le peintre a observé et la traduction intérieure qu’il opère. Cela passe par un corps-à-corps, Houbre fait vite, comme s’il fallait qu’il laisse à la toile une chance de survivre toujours au combat. [...]
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