
Culture




SIC LUCEAT LUX
LUX, Rosalia, Columbia, CD 14€99
Rosalia ne fait rien comme tout le monde. Après s’être imposée comme une star mondiale de la pop latino, et ce en moins de deux albums, elle revient avec un album symphonique, enregistré à Londres, qui balaie d’un revers de main toutes les affèteries numériques de la pop moderne, et revient aux bases, dans un geste artistique aussi contemporain que scandaleusement anti-moderne – presque comme Moody Blues l’a fait à l’époque de Days of Future Passed. Une pop solaire, chantée dans une dizaine de langues, sorte d’hommage aux divas qui ont fait l’histoire appuyé par des cordes étincelantes, que vient parfois assombrir une tectonique ravageuse de nappes synthétiques et de coruscations drum’n’bass – contrepoint nécessaire et tellurique à un chant diaphane qui s’évertue à vouloir effleurer le dôme du ciel. Dur de détricoter cet album trop parfaitement produit, arrangé et interprété, mais parfois tiraillé ici et là par des inspirations virtuoses – comme cet incroyable « Berghain » qui commence par un déferlement de cordes à la Vivaldi, interrompu en majesté par l’immense Björk, et sa voix qui brise toujours aussi parfaitement les glaces.…

1. J’écris l’Iliade, Pierre Michon, Gallimard
2. Les Cambrioleurs, Fabio Viscogliosi, Actes Sud
3. Tressaillir, Maria Pourchet, Stock
4. Le Fou de Bourdieu, Fabrice Pliskin, Cherche-Midi
5. La Marchande d’oublies, Pierre Jourde, Gallimard
Lire aussi : Pierre Michon : l’antidote
6. Arrêt sur enfance, Manuela Draeger (Antoine Volodine), L’Olivier
7. Tout ouïe, Alexandre Postel, L’Observatoire
8. Feux sacrés, Cécile Guilbert, Grasset
9. Comme un père, Christian Authier, Le Rocher
10. Nous les moches, Jean Michelin, Héloïse d’Ormesson …

EXPLOSIF
LE NOM DE LA BATAILLE, Tom Buron, 49 pages, 48 p., 7€49
Les éditions 49 pages proposent des textes de court calibre promettant un effet explosif. Contrat tenu avec ce Nom de la Bataille de Tom Buron qui souffle assurément le lecteur par un aperçu condensé du front russo-ukrainien où l’auteur s’est lui-même engagé entre 2022 et 2024. « Tous les perdus du monde, les dingues de l’adrénaline se retrouvent ici », écrit-il en décrivant les formes de cette nouvelle guerre d’Espagne à l’Est de l’Europe qui attire ses partisans pour un choc inédit. Quotidien troué par les explosions furtives, fabrique de drones, repérage par la 3G : Buron expose les nouvelles coordonnées comme le paysage humain éternel que la guerre dévoile, ces amours intenses, fidélités sublimes, gâchis tragique, ce mélange d’absurde et de transcendance, de trivial et de symbole. Tout cela est adéquatement évoqué dans un texte d’une rare puissance et d’une nécessité certaine.…

Comment définiriez-vous l’art d’être français ?
L’élégance, l’érudition, la souveraineté, l’humour, le talent, le charme, le goût et l’amour.
La France brille-t-elle encore par sa culture ? Si oui, qui porte cette aura ou par quels autres ?
Aujourd’hui, elle brille par son inculture, sa saleté, sa vulgarité. Ses odeurs ! Hélas !!!
Qu’est-ce qui est pour vous le plus significatif dans le déclin français ?
Le manque d’autorité.
Vous qui avez été l’icône de la femme française, en dépit des attaques quotidiennes contre la féminité et la France, voyez-vous des héritières possibles ou du moins des femmes d’aujourd’hui qui donnent des raisons d’espérer ?
À part les drag-queens il n’y a personne… Mais si quand même !
Des femmes durant votre formation ou dans l’Histoire qui vous ont inspirée ?
Je n’ai été inspirée par personne.
Quelle est votre journée type aujourd’hui ?
Je travaille pour ma fondation. Je m’occupe du courrier très nombreux.…

Vous commencez votre livre par une citation singulière : « Bardot était l’apocalypse de la femme. » Pourquoi ?
Bardot n’était ni actrice ni comédienne. Elle avait un talent inné, mais de quoi? On ne sait pas au juste. Elle est arrivée, elle a tout bouleversé, et elle est repartie, comme un phénomène naturel. C’est presque un instrument du destin, une messagère des dieux, puisqu’elle est arrivée à un moment précis où l’image de la femme était en train de changer radicalement dans la société. Elle a été le catalyseur de ce changement, mais finalement elle n’a pas eu d’autre génie que d’être elle-même. Elle ne s’est jamais dressée contre rien, c’est-à-dire ni la morale, ni le désir, ni la jalousie, ni la haine, ni l’hypocrisie… Elle a toujours vécu comme elle avait envie de vivre, naturelle, avec un besoin de plaire et d’être aimée, mais avant tout sans chercher à imposer quoi que ce soit.…
L’Incorrect
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