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Qui, mais qui ? Beach House
Beach House, c’est une femme (Victoria Legrand) et un homme (Alex Scally) qui forment l’un des duos les plus excitants de la pop-music de ces vingt dernières années, pour la bonne raison que leur style est reconnaissable entre mille. En quelques notes de guitares cristallines, nous savons où nous sommes. Formé en 2004 à Baltimore, le duo sort son premier opus deux ans plus tard. S’il ne déclenche pas un séisme, il fait néanmoins beaucoup parler dans le milieu de l’underground américain. Comme les livres de Modiano, les albums de Beach House se prolongent les uns les autres et refusent la rupture. Ainsi se promène-t-on dans leur discographie comme dans un paysage familier, paysage dont la majesté croît continuellement. Après Devotion en 2008, arrive le superbe Teen Dream, dont le titre pourrait à lui seul définir l’art poétique du groupe. Quatre ans après avoir enregistré un disque artisanal avec mille dollars, ils poussent leur production vers des sommets et c’est un triomphe critique. L’album est encensé partout. On y retrouve cette chaleur organique se diffusant au sein d’une atmosphère froide : les guitares glacées d’Alex Scally avec la voix de velours de Victoria Legrand donnant l’impression de larmes gelées face au feu. [...]
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Nom : le tout-à-l’ego de Constance Debré

Ah ! Elle adore ça, notre gauche parisienne, mesquine et ricanante, les artistes qui renient leurs parents, qui renient leur lignée, qui renient leur genre – que sais-je encore – et qui en tirent assez de moelle fétide pour alimenter leurs mauvais feuilletons psychanalytiques. Pas encore remise de la french theory, faut croire, notre gauche française applaudit de tous ses moignons dès qu’un écrivassier surgit du néant pour condamner d’un doigt gourd l’immanence immonde de la filiation, de la famille nucléaire et de la charlotte aux boudoirs. Nos critiques gavés se paluchent de concert dès qu’un auto-fictionneux un peu vicelard se décide enfin à endosser pour eux le suprême tabou, tout frétillants à l’idée de vivre par procuration ce fantasme que leurs petits cerveaux étriqués placent au-dessus de tout : s’abandonner à l’individualisme pur des sexualités dégenrées, envoyer chier parents et enfants sous couvert de posture artistique, de morale anti-morale, de dandysme queer.

Lire aussi : Édouard Louis : la grande arnaque des vieux boomers

C’est pourquoi il est bien difficile de trouver des voix discordantes dans la tempête de louanges qui vient d’accueillir le dernier méfait de Constance Debré, Nom (titre évidemment grotesque). Les vieilles murènes du Masque et la Plume en mouillent leur protège-slip, elles se rêvent peut-être en greluches stérilisées, coupées à la garçonne, tatouées comme des cahiers de brouillon. « On dirait du Angot qui aurait écouté les Ramones », jubile un de ces plumitifs du dimanche soir. Ça tombe bien, n’importe quel amateur de punk sait pertinemment que les Ramones sont une arnaque. Quant à Angot… effectivement, il y a du Angot, chez Debré. Le même psittacisme qui vous donne l’impression de lire une rédaction de mongolien, la même absence totale de style (mais c’est une « voix blanche » ! hurlent les pécaris de la critique), la même distance qui se voudrait abrasive mais qui trahit surtout un manque cruel d’empathie – voir une tendance sociopathe tout à fait embarrassante. [...]

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Ils sont vivants : à nous les p’tits migrants !
Une belle histoire d’amour entre un migrant et une raciste : vous en rêviez. Le genre d’argument niais qui vous donne envie de vous rendre à la projection presse armé d’un bazooka. Mais comme nous ne sommes pas de gauche, nous refusons de juger un film sur son propos idéologique. Du moins on essaye. Et ce n’est pas facile. Ça démarre fort : Marina Foïs enterre son mari, elle semble peu touchée, et on la comprend, c’était un flic raciste, alcoolique (le bougre est mort d’une cirrhose) qui la battait régulièrement. C’est beau comme une banderole du PSG : raciste, violent, alcoolique, bienvenue chez les Chtis. Les collègues s’enflamment : « Ils sont pires que nos arabes, ce sont des vrais sauvages ! » déclame l’un d’eux en parlant des migrants. Restons neutres : ça peut arriver, et après tout, c’est tiré d’une histoire vraie. Marina Foïs est habitée, c’est le rôle de sa vie, elle ne parle plus, elle hurle, et sans maquillage. [...]
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Selon la police : la condition policière
Encore un film sur la police et son quotidien pas toujours rose. Dans celui-ci, le flic qui s’occupe de l’accueil, ou plutôt du « bureau des pleurs » comme il l’appelle, donne assez vite une définition imagée du métier: « appuyer sur le couvercle de la cocotte et éviter que la merde ne déborde ». [...]
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Le chêne : navet
Le chêne raconte l’histoire de son titre : celle d’un chêne, filmé pendant un an dans sa forêt. On y suit l’existence des écureuils, des insectes, des rapaces et autres geais, dans le cycle de la nature qui s’organise sous ses branches. Voilà qui ne présente aucun intérêt. [...]
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Un Peuple : docu bateau
Un Peuple d’Emmanuel Gras ressemble au prototype dont accoucherait un générateur de films sur les Gilets Jaunes. Tout ressort du déjà-vu, des feux de camp sur les ronds-points aux AG préparées la fleur au fusil, des portraits sensibles se terminant par des larmes aux manifestations à Paris avec suspense obligatoire [...]
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DéLIBERATI du mal, de la Sofres à Saint-Simon

Ce livre est une œuvre d'art, et comme toutes les œuvres d'art il ne sert à rien, seulement à exister. Les pages peuvent s'ouvrir au hasard, comme une bible, pour y trouver ce qu'on cherchait et encore plus – comme un bon texto, une nouvelle manière de porter une veste. La littérature est tellement solide qu'elle n'a pas besoin de narration.

Doit-on encore présenter Simon Liberati, journaliste (de 20 ans à Vogue)  mondain, alcoolique (on se souvient de son passage chez Ardisson), anthologiste de génie (113 études de littérature romantique), écrivain à paillettes et destin brisé, aristocrate white trash sans château.

L'écho est ici intime. Ce journal – comme tout livre – est une déclaration d'amour à Eva Ionesco. Sont-ils vraiment séparés ? Peut-on se séparer vraiment ? L'autre nous dérange toujours, dans l'absence comme dans la présence. « L'autre pue » dit-il. Et de continuer, « mais il brise une certaine facilité d'être seul qui m'aurait desséché ».

Les choses sont toujours menacées, précaires, comme les états de grâce.

Il aime les ruines d'Armentières sur Ourq, les monuments aux morts d'Oulchy le Château, les tombeaux abandonnés comme le bois du Mausolée, la désolation des lieux comme les pin-ups assassinées et le vieux cuir des bagnoles anciennes ; la peinture aussi, notamment le portrait de Lady Alston par Thomas Gainsborough au Louvre. [...]

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