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Éditorial culture d’avril : La littérature en 2022

Les chefs-d’œuvre de l’histoire littéraire s’érigent devant nous dans une aura d’éternité, pourtant, ils furent forgés au feu des circonstances. Un artiste est un soldat au front de l’époque, qui à la fois l’attaque et l’immortalise. Le temps passe et l’assaut, quand il fut mémorable, se fige en monument d’où partent les routes nouvelles. Ce qui vaut pour les batailles d’hommes vaut pour les batailles d’esprits.

Lire aussi : Éditorial culture de mars : Louis vs Schuhl

Chrétien de Troyes lance des chevaliers aux quêtes individuelles une fois accomplies les premières épopées collectives et nous invente à tous une destinée.Dante synthétise tout le génie médiéval, à la fois divin et burlesque, métaphysique et passionné, en jetant au passage en enfer Philippe le Bel, Mahomet, Brutus et tous ses ennemis personnels. L’Arioste témoigne d’une Renaissance toujours chevaleresque, mais qui compile avec ironie les légendes du premier grand élan avant que ne soit précipitée sa chute.…

Sélectron : les meilleurs films de Bruce Willis

5 – Le Cinquième Élément (1997)

Bon ok, on est un peu chauvin me direz-vous. Oui et alors ? Et puis Bruce version blonde platine et marcel orange fluo ça vaut le détour. En plus, Besson ne se prend pas au sérieux, ça change de son Léon aussi dégueulasse qu’une tapin croûtée, et trouve trente idées par plan.  On y croise Gary Oldman et Ian Holm, on retrouve la patte de Jean Giraud et Jean-Claude Mézières, les costumes sont signés Jean-Paul Gaultier et Bruce s’amuse comme un enfant (et nous avec).

https://www.youtube.com/watch?v=7rzmiE-pESk&ab_channel=Gaumont

4Armageddon (1998)

Ah les petits plaisirs coupables des dimanches pluvieux au lendemain d’une cuite à la tequila bas de gamme. Armageddon arrive sur le podium juste à côté d’une rediff de Burger Quizz et d’une compil de Michel Sardou. Franchement, le voir chasser cette tronche de cul de Ben Affleck au fusil à pompe parce ce sagouin se tape sa fille (la merveille Liv Tyler) sur une plateforme pétrolière ou jouer au golf en visant des militants de Greenpeace se révèlent assez jouissif. Et puis Bruce qui sauve le monde, c’est autre chose que ce gifleur de Will Smith. [...]

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Jean-Luc Giraud : Peintre du temps retrouvé
Depuis des années Jean-Luc Giraud peint, inlassable- ment, son propre visage. Ses tableaux, il les appelle avec une certaine malice ses « œuvrettes ». Avec son visage, il se sent très libre et se permet tout. Il le triture, le travestit, l’affuble de bêtes, de plantes, etc. C’est ainsi qu’il prend une dimension universelle et permet de sonder la vérité de l’être, ce visage du peintre visant à représenter l’image d’un « pauvre de nous » parmi nous tous. [...]
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Trou gascon : la renaissance de l’armagnac
Quel est le point commun entre la vodka et l’armagnac ? Aucun! Si ce n’est l’envie furieuse d’absorber un alcool fort qui vous transporte ailleurs. L’armagnac sent bon les mousquetaires et le patois du sud ouest. Dans l’imaginaire collectif, il se situe au sud de Cognac, tout là-bas vers les Pyrénées. À la fin du repas, papi et mémé sortaient la bouteille de leur fausse armoire normande, pour régaler les invités. C’est tout cela l’armagnac, de vieux souvenirs et un accent du terroir à couper au couteau. Tout ! Peut-être pas, car une bande d’irréductibles entrepreneurs (oui, cela existe encore en France) ont décidé de rajeunir l’armagnac. À les entendre, il s’agit d’un trésor national. Les fins connaisseurs et autres artistes du lever de coude considèrent l’armagnac comme une boisson d’élite. Sur les 16 milliards de bouteilles de spiritueux commercialisées dans le monde, seules 5,5 millions contiennent de l’armagnac. Un Petit Poucet parmi les géants du whisky (1,6 milliard), de la vodka (5 milliards) et du cognac (205 millions). Cognac, c’est le frère ennemi ! Apparu vers 1530 alors que l’eau-de-vie d’armagnac est connue depuis 1310, le cognac a pris le pas au fil des siècles sur l’armagnac. L’accès facile à la mer et l’investissement massif des familles du négoce ont permis l’expansion du cognac dès le XVIIe siècle. [...]
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Qui, mais qui ? Peter Doherty

Qui, mais qui peut dire ce que je serais aujourd’hui si je n’avais pas été ensorcelé à quatorze ans par le charme espiègle, insolent et tendre de Peter Doherty ? Le coup de foudre eut lieu au début des années 2000. Au milieu d’une ennuyeuse après-midi comme seule la province en fabrique, résonna « Time For Heroes » des Libertines et cette première phrase éclatant comme un verre de cristal au sol: « Did you see the stylish kids in the riot? » (« As-tu vu les gamins stylés au sein de l’émeute? ») Ce fut comme une apparition.

Période libertines

Pete Doherty est né à Haxham, dans le Nord de l’Angleterre, quelques jours avant le printemps et quelques mois avant la sortie de London Calling. Il grandit entre une mère institutrice et un père officier (il faudra un jour rendre compte du nombre de merveilleux artistes instables que nous auront offerts le professorat et l’armée). Sa jeunesse est une tempête de délicieux clichés qui désormais semblent presque exotiques : goût pour la poésie décadente, le punk de 1977 et la pop anglaise ; errances dans les cimetières anglicans, petits boulots misérables et premières ivresses. Le jeune Doherty rencontre alors Carl Barat. C’est le début d’une relation à la fois fraternelle et amoureuse, orageuse et sentimentale, mais d’abord et surtout musicale. Ces jeunes gens connaissent leurs classiques. Il y a eu Lennon-McCartney, Richards-Jagger, Morrissey-Marr: il y aura Doherty-Barat, qui forment bientôt (e Libertines pour sortir, à la fin de l’année 2002, l’album Up The Bracket, produit par Mick Jones du Clash. Rarement on avait réussi pareil cocktail de fougue et de nonchalance. Doherty sait ce qu’il veut: comment fringuer ses acolytes, quelle guitare choisir et que dire dans les interviews pour hameçonner les journalistes. Plus sa vie est dissolue, plus sa garde-robe est élégante. Ainsi, ses miroirs seront toutes ces caméras, ces paparazzis, ces admirateurs, ces tabloïds, pour le pire et le meilleur. Après un second album aussi foutraque que charmant, les Libertines se séparent en 2004, peu de temps après avoir atteint le sommet des charts avec leur single « Can’t Stand Me now ». [...]

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Plumes : cauchemar contemplatif
L’ombre du réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul plane sur ce premier film égyptien: plans fixes, souvent décadrés, à la plastique irréprochable, et suggérant par l’hors-champ un monde inquiétant, insitué dans le temps. Sur un prétexte surréaliste – un père de famille disparaît pendant une séance de magie, remplacé par un poulet – Omar El Zohairy dresse le portrait terrible d’une mère de famille hébétée par la misère, dans un pays entrevu comme une gigantesque friche industrielle, régulièrement menacé par un brouillard chimique qui fait peser sur tout le film un danger imminent, digne d’une bande-dessinée d’Enki Bilal. [...]
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Berlin Berlin : humour noir, folie rouge

Gérald Sibleyras: J’ai un lien avec la RDA, ma mère était berlinoise, elle a fui le régime communiste dans les années 50, sa famille est restée, pensant que ça s’arrangerait. Je suis né en 1961, comme le mur. Lorsque j’étais enfant, nous allions en vacances visiter la famille à Berlin Est, ce qui n’était pas la destination touristique la plus courue, sauf pour les jeunesses communistes. Il y a quelques beaux films allemands sur le sujet, La Vie des autres, bien sûr, mais aussi Goodbye Lenine, qui est une sorte de comédie, Le Vent de la liberté, Barbara (très beau film). Il me semble que les intellectuels et les artistes français ont souvent été complaisants avec les communistes depuis la fin de la guerre, c’est peut-être la raison pour laquelle ils n’ont pas utilisé les régimes de l’est comme décor.

Et vous, Maxime d’Aboville, comment avez-vous composé ce personnage d’agent convaincu de la Stasi qui semble inaccessible au doute tant politique que sentimental ?

Maxime d’Aboville: Il ne faut jamais oublier qu’un personnage sort d’abord de l’imaginaire d’un auteur. La mission de l’acteur est ensuite de se glisser dans cet imaginaire et, malgré lui, d’y apporter sa singularité. Ce qui m’est venu d’emblée (et sans réflexion) pour le personnage, c’est une tonalité très « bonne famille » française, entre Jean d’Ormesson et Christian Clavier, alors que le personnage est allemand et, par définition, de gauche ! Je crois que ça renforce le ridicule du personnage, la dimension totalement improbable de ce type. Ça me permet aussi de jouer d’un milieu social que je connais bien et de l’image que certains pourraient avoir de moi… Disons que j’en rajoute et ça m’amuse ! [...]

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Azuro : conte d’été
Farniente dans un pays méditerranéen imaginaire : un groupe d’amis diversement accompagnés ou non (famille avec enfants, couple, célibataire) profite de la mer quand surgit un bel inconnu à gros bateau. La tentation saisit l’épouse ; saura-t-elle y résister? Premier film réalisé en France après le confinement de 2020, Azuro, adapté des Petits chevaux de Tarquinia, rend compte de la bulle sanitaire dans laquelle il a été tourné. Les acteurs sont heureux de jouer entre eux, et ils saisissent le texte de Duras avec une légèreté singulière. Le grain de la pellicule fait ressentir la chaleur sur la rocaille et les feux incessants qui entourent les vacanciers. [...]
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