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Traité de la vie élégante : Malotru et demi

Mon cher E., il faut décidément que je tienne à vous pour vous accompagner dans ce lieu de perdition !

– Ma chère Mathilde, vous savez à quel point j’en suis heureux. Ceci dit, qualifier les magasins Olaf surgelés de lieux de perdition me paraît un tantinet excessif, même si je reconnais que, là aussi, c’était mieux avant, lorsqu’on pouvait y trouver, à côté des steaks hachés à 5 % et des brocolis bio, des pigeons, du chevreuil et du sanglier, et que les vendeuses étaient réputées très à cheval sur la politesse… Elles se répandaient littéralement en « bonjour monsieur », « merci monsieur », « au revoir monsieur » et se mettaient en quatre pour les clients, au point que je me suis demandé parfois si le fait de connaître par cœur le manuel de savoir-vivre de la Baronne Staffe ne figurait pas parmi les conditions d’embauche.

Songeant à cette époque heureuse, E. posa distraitement son sac isotherme rempli à ras bord sur le présentoir, séparé de la caisse par une vitre de plexiglas qui montait jusqu’à deux mètres de hauteur – mais sans remarquer que du même coup, il s’approchait de quelques centimètres de trop de la cliente précédente, enfreignant par là-même les sages prescriptions de Salomon – le bras droit d’Olivier Véran, pas le fils du roi David. […]

Avant d’ouvrir la porte, il lui glissa en souriant qu’être malotru, c’est mal, mais que parfois, ça fait du bien

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The French Dispatch : notre critique

Faux Citizen Kane en Tatiscope, The French Dispatch enquille trois sketches coinços-farfelus sis dans la ville imaginaire d’Ennui-sur-Blasé. Convoquant autant de citations qu’il est possible à chaque plan, la prolifération narrative est mise au carreau dans l’habituel style ligne claire que ne dérangent pas les sinueux décadrages de caméra. L’écart strabique entre voix-off et images devient néanmoins rapidement déplaisant comme un caillou dans la chaussure. […]

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La Fracture : notre critique
L’ouverture du film laisse dubitatif : un couple de bourgeoises (Marina Foïs et Valeria Bruni-Tedeschi) s’engueule par sms dans leur joli appartement parisien. En montage parallèle, un routier surexcité (Pio Marmaï) débarque dans la capitale pour participer à une manifestation de Gilets jaunes. Le ton est léger et, pour le moment, on craint le pire : une comédie boulevardière sur la lutte des classes. Il n’en est rien : contre toute attente, La Fracture est un terrible uppercut, un vrai film politique et social. [...]
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Pleasure : notre critique

Un sexe dressé pointe vers le visage de Bella Cherry, jeune Suédoise exilée à L.A. pour devenir une star du X. L’écart ne sera comblé qu’au montage, coupes et angles assurant qu’en vrai, aucun des deux n’est entré en contact avec l’autre. Pleasure, c’est la Belle et la Bite version faux-cul, récit d’initiation pompant sans vergogne sur le Showgirls de Verhoeven, avec ascension douloureuse, trahisons et fascination lesbienne.

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Pig : notre critique
Un chasseur de truffes vit en ermite dans la nature sauvage de l’Oregon, quand l’enlèvement de sa truie truffière le pousse à retourner vers la civilisation à Portland où il devra faire face aux démons de son passé. Film surprenant que ce Pig. Un script qui sent bon la vengeance version John Wick du pauvre et un acteur qui a déserté les salles obscures pour les étagères poussiéreuses des nanards, il fallait a minima une sélection au prestigieux festival américain de Deauville pour attirer sur lui notre œil bien amoché par l’empilement de daubes de novembre. [...]
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Yannick Haenel ou seul le langage déroute le crime

« L’amour veut tout. L’adoration ne veut rien ». On parle ici de la solitude avec Delacroix, de la mort de Sardanapale, de la sueur, du sperme, des vapeurs d’été. L’image nous promet souvent un accès direct à l’inconscient. La vérité nue et crue. Une sorte de totalité sentimentale proche de l’espoir et de la déroute. Le langage du corps et son désordre l’emportent régulièrement sur celui du savoir et des règles. L’adversité nous rapproche de la bizarrerie et de la mystification. On mêle les événements épars et les affects contraires, ce qu’on appelle la vie. Content et déçu à la fois. Nous sommes comme des statues de dieux inconnus au milieu d’un parc. Le présent donnant au passé un avenir. Au milieu d’une masse à la dynamique mimétique, tout le monde a une cause à défendre. Le malaise est aujourd’hui souvent figé dans l’identité. Pourquoi soi sans cesse ? La vraie force est d’aller contre-nature. […]

La chair est déchue. L'ennui est une puissance d'être contrariée. L'amour de soi est infect

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Laurent James : « Fernandel est un père du désert »

Vous écrivez que « si Fernandel est un saint, c’est aussi parce qu’il possède le don des larmes » …

En tant que fervent lecteur de Rabelais et Suarès, la notion de sainteté présente chez le héros comique m’était tout à fait familière. Mais je n’avais jamais encore songé au caractère de sainteté présent chez certains acteurs comiques du cinématographe, et il me semble bien que Fernandel soit le seul acteur – et chanteur ! – français qui ait pu réellement franchir les arcanes de l’Église triomphante. Mais Fernandel n’est pas seulement un acteur qui fait rire, bien entendu : le caractère hénaurme de sa gestuelle chevaleresque et disloquée montre bien sa proximité bloyenne, je dirais, avec la source lacrymale de toute vie sacrée. Si Fernandel parvient réellement à nous faire pleurer, c’est aussi parce qu’il vit en permanence dans l’infini de la solitude. Fernandel est un Père du désert. […]

Cinq cents étudiants pénètrent dans la Sorbonne pour en faire un lupanar géant, Cohn-Bendit entonne son premier discours public, les flics s’en donnent à cœur joie… Et que fait le général de Gaulle ? Il reçoit Fernandel à l’Élysée !

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Zwyntar : Il était une fois dans l’Est

Country, folk, americana : autant d’appellations pour désigner une musique enracinée dans l’exil. Confrontés aux grands espaces, à la brutalité d’un Nouveau Monde bâti sur le sang, les colons britanniques ont brodé autour de leurs influences celtes une musique rurale qui leur est propre, adaptée aux étendues désolées de l’Ouest sauvage. Il fallait bien que la culture alternative s’en empare, ce fut le cas au mitan des années 90, lorsque des groupes issus de la scène underground tentèrent pour la première fois d’incorporer des sonorités western à leur rock sombre : Sixteen Horsepower fut probablement l’un des pionniers de cette hybridation. Influencé par le néo-cabaret, ce qu’on appelle désormais la « dark country » a depuis pris son envol, évoquant un univers uchronique dans lequel le Far West aurait dérivé dans les ambiances vénéneuses d’Edgar Poe ou de Robert W. Chambers.

Aujourd’hui le style remporte un tel succès qu’il s’exporte même outre-Atlantique, jusqu’en Ukraine, pays bien éloigné des cowboys mais qui a de solides prétentions en matière de paysages sauvages et de spleen, et où Zwyntar a vu le jour. Mêlant habilement l’americana au folklore local, à la fois profondément enraciné dans son terroir et rendant hommage aux sonorités licencieuses du cabaret noir, porté par une voix féminine qui chante en ukrainien, Zwyntar propose une bande-son crédible pour apocalypse à six coups. Rencontre avec Eric Voloshin, fondateur et banjoïste du groupe.

Nous évoquons dans nos textes aussi bien le folklore ukrainien que des histoires horrifiques concernant des sorcières des marais et autres créatures des Carpates…

Que signifie zwyntar ?

C’est une transcription latine du mot ukrainien « ??????? » qui signifie « cimetière ». L’ukrainien utilise habituellement le cyrillique, mais nous voulions ajouter un peu de mystère en épelant le mot différemment… et pour nous, l’alphabet latin est mystérieux ! [...]

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