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Bernanos, le paratonnerre du XXe siècle

Comment vous êtes-vous lancé dans cette biographie ?

C’est une commande du Seuil. Après mon petit volume sur Léon Bloy, La Fureur du juste (titre français d’une série B de karaté avec Chuck Norris, ce que j’ignorais et qui me réjouit), la proposition est venue d’un parent de Bernanos. Rapidement la demande est passée d’un titre poche à un ouvrage grand format. J’ai accepté, on ne refuse pas pareille offre.

Comment avez-vous découvert Bernanos, comme lecteur ?

Mon parcours de lecteur m’a mené, sans reniement des étapes antérieures, de la littérature fantastique (Jean Ray, Lovecraft) aux surréalistes hérétiques (Artaud, Bataille, Le Grand Jeu) puis à la mystique (Jean de la Croix avant tout). C’est parallèlement à ces lectures spirituelles que j’ai découvert ce que l’on labellise depuis un siècle sous l’appellation « Le renouveau catholique en littérature », d’abord Huysmans et Claudel, puis Bloy et Hello. La lecture de Bernanos s’est inscrite dans ce parcours, chocs puissants de Journal d’un curé de campagne et de La France contre les robots.

Les travaux sur Bernanos sont nombreux, y compris les biographies

La tradition critique bernanosienne est vaste et riche, on dispose d’un matériau considérable. Côté biographie, j’ai surtout travaillé à partir de Milner, Bothorel et des mémoires de son fils Jean-Loup Bernanos, mine irremplaçable, avec les souvenirs brésiliens du docteur Bénier. Mais le but pour moi était de suivre, mot à mot, texte après texte, l’aventure intérieure de Bernanos avec sa langue, le français. J’ai donc privilégié sa passion d’écrivain en proie à sa mission de rédempteur du verbe national, plutôt que sa vie intime et familiale sur laquelle on est, en réalité, peu informé. [...]

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Astérix, la fin d’une ère

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À lire le dernier opus d’Astérix scénarisé par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad, on comprend pourquoi Hergé n’a jamais voulu céder les droits de sa créature après sa mort. Nos héros de papier, aussi immortels qu’ils soient, sont le reflet de leur époque et peu sont ceux qui peuvent s’adapter à un temps qui n’est pas le leur. Imaginerait-on aujourd’hui Tintin aux prises avec notre modernité glapissante, Haddock s’en prenant à Daech, Tournesol découvreur d’un sérum contre le COVID ? Pourtant, Hergé est l’un des seuls auteurs de bande-dessinée qui a su cadenasser son héritage. Pour les autres, le ravalement de façade est de mise, et tant pis si le résultat est plus ou moins heureux. Spirou est devenu une créature polymorphe déclinée à l’infini, lorsque Blueberry et même Corto Maltese sont confiés à des petits papes de la BD intello et arty – sans doute pour casser leur image vieillissante et un peu trop conservatrice.…

Les critiques musicales d’octobre

CHIC ET TRAGIQUE

De Pelicula, The Liminanas et Laurent Garnier, Because Music, 12,99€

A priori, rien ne destinait The Liminanas à faire un album avec Laurent Garnier, sauf que : le duo garage est habitué des cohabitations improbables. Ils nous avaient déjà offert une collaboration avec Anton Newcombe, et avaient même formé un groupe avec ce dernier et Emmanuelle Seigner : L’épée. Cette fois-ci, c’est donc avec le pape de l’électro française que ces fines lames croisent le fer. On entame avec « Saul », beats dansants, bourdons lancinants, et une voix, calme, placide. De Pelicula sonne parfois (souvent) comme une bande-son de film, d’ailleurs le drame n’est jamais loin, ainsi dans le très garage et fuzzé « Je rentrais par le bois… BB ». The Liminanas et Laurent Garnier nous offrent une promenade dans un univers toujours en tension. Alerte divulgâchage : rien ne se termine bien. Alain Blanville


MADE IN MARSEILLE

Cumbia Chicharra, El Grito, Discos la Chicharra / Music Box Publishing / L’Autre Distribution, 15€

Quelle vertigineuse ascension pour le groupe Cumbia Chicharra depuis sa création en 2001. Voici El Grito, le cri, quatrième album digital et une première sortie vinyle pour ce groupe de la Canebière. Des méandres des docks du sud à leurs récentes tribulations au Chili, en passant par la Russie, l’Espagne, l’Italie, la Croatie et la Hongrie : la chicharra n’est plus à proprement parler de la Cumbia, dorénavant, c’est un astucieux combo de sonorités latines afro-caribéennes aux accents de funk, de dub et d’afro-beat où la sensualité de ces genres rejoint la transe des tambours ancestraux et l’euphorie d’un rock attemporel. Huit musiciens multi-instrumentistes de caractère nous offrent huit compositions sublimées par la voix timbrée et sexy de Patricia Gajardo et une musique qui se danse. Alexandra Do Nascimento [...]

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Kit Sebastian : Frisson anatolien

Melodi est-il la suite de Mantra Moderne ?

Kit Sebastian?: Melodi poursuit l’exploration sonore commencée dans notre premier album sans constituer pour autant un « deuxième volet ». Après avoir exposé notre manifeste artistique dans Mantra Moderne, nous avons élargi notre langage pour le transposer vers quelque chose de plus grand et contemplatif, tout en enrichissant notre palette instrumentale par des cithares, clavecins, congas, bongos, balalaïkas, orgues et saxophones.

Merve Erdem?: On a franchi un cap, trouvé une nouvelle dimension dans le son : des musiciens de session ont rejoint l’aventure pour conférer à l’album une saveur orchestrale plus intense.

Lire aussi : Les Sparks au panthéon pop

Que trouvez-vous chez M. Bongo, au-delà de leurs rééditions éclairées ou compilations pointues ?

K.Sebastian?: J’aime leur façon de connecter les artistes entre eux. Ils relient les scènes et les géographies pour créer de nouveaux dialogues musicaux. […]

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Ibrahim : notre critique
Pour son premier passage derrière la caméra, l’acteur Samir Guesmi (Engrenages, Adieu Berthe) livre l’histoire poignante d’une relation d’un père célibataire avec son fils. La vie du jeune Ibrahim se partage entre son père, Ahmed, écailler sérieux et réservé à la brasserie du Royal Opéra, et son ami du lycée technique, Achille, plus âgé que lui et spécialiste des mauvais coups. Mais un plan qui tourne mal va bouleverser sa vie. [...]
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Le Milieu de l’horizon : notre critique

Les drames paysans, on adore ça. Mais c’est un genre qui a été tellement exploré que vouloir s’en emparer en 2021 relève de la gageure. Delphine Lehericey s’en tire avec les honneurs. Située dans la France des années 70, cette chronique rurale nous embarque à hauteur d’enfant pour témoigner d’une famille d’agriculteurs menacée d’abord par la canicule qui frappe leur élevage de poulets, puis par une passion amoureuse enfiévrant la pauvre Nicole – Laetitia Casta – à la fois minérale et touchante dans ce rôle de mère de famille séduite par une femme divorcée. […]

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Abel Quentin : sous le soleil du progrès

Jean Roscoff, universitaire à la retraite, divorcé nostalgique, alcoolique, dépressif et désœuvré, décide de se reprendre en main en renouant avec la passion de jeunesse qu’il nourrissait pour le poète Robert Willow et lui consacrer un livre. Mais n’est-ce pas lui-même qu’il cherche à réhabiliter, cherchant à impressionner son ex et sa fille en révélant au monde un génie obscur, Américain communiste victime du maccarthysme, débarqué en France dans les années 50 où il fréquentera Sartre et les existentialistes avant de s’exiler à Étampes pour écrire en français une poésie mystique atemporelle, quasi médiévale, et mourir oublié ? Cela paraît évident. D’autant que la nouvelle petite amie de sa fille lesbienne, Jeanne, militante afro-féministe fatalement agressive, s’emploie à déboulonner ce qui lui reste d’autorité patriarcale. Raté : tout à son empathie pour son sujet, l’ancien militant socialiste de l’époque des « potes » et de l’inexistence des races, a oublié un détail crucial : Willow était noir. Ses réflexes universalistes comme sa passion l’ont fait verser sans qu’il s’en aperçoive dans de l’appropriation culturelle caractérisée, et d’un article de blog à l’emballement des réseaux sociaux jusqu’aux grands médias, le voici livré au lynchage.

Wokes contre potes

Avec ses personnages attachants et bien campés, son intrigue habilement développée (quoi que n’évitant pas les longueurs), ses tableaux cocasses et son style souvent incisif, Quentin a fait œuvre de moraliste en déchaînant un processus typique de l’époque, le lynchage virtuel pour des propos désignés comme coupables, dont les phases, les seuils, les aberrations, les explosions délirantes sont ici mis en scène comme pour l’analyse méthodique de la formation d’un cyclone. [...]

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Arnaud Martin : en quête de nuit

Arnaud Martin peint depuis sa nuit, depuis sa grotte. Et c’est ainsi que son imaginaire est infini. Il ne cesse de révéler les formes spectrales fluorescentes que les ténèbres, par la révélation de l’artiste, ne parviennent plus à retenir. Nous avons accès au négatif de notre monde en plein jour. L’artiste crée des chimères où le végétal et l’animal se mêlent à la personne humaine pour en faire un symbole. Si ces hommes-totem-épouvantails-gargouilles, rappelant les êtres des visions de l’enfer de Jérôme Bosch, semblent irradiés, c’est qu’ils sont porteurs de la lumière. « Ma quête se fait la nuit, c’est là qu’apparaissent les fantômes, les monstres, c’est là que naissent les contes de fées, les cauchemars, et c’est ce qui me nourrit ». […]

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