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Sorties musique : critiques du meilleur et du pire

Plagiaire abject

IDOLS, Yungblud, Capitol Records, CD 18€

Le mois dernier, j’exprimais mon dégoût d’entendre partout les détestables dernières chansons de Damiano David : il faut croire que rien ne s’arrange jamais, me trouvant désormais face à Yungblud qui présente ses abdominaux autant que ses fatigantes nouvelles chansons. Pour couronner le tout, il faut se farcir les « Il est adorable et proche de ses fans » de la part d’idiots aux oreilles infectées par on ne sait quelle foutue maladie audio-cérébrale. Écoutez une chanson comme « Zombie » pour vous rendre compte de l’abomination : c’est un peu comme si le chat de Richard Ashcroft (vous savez, « Bittersweet Symphony », tout ça) s’était mis à imiter son maître avec un cancer de la gorge. Tout ou presque est inaudible, et quand ça n’est pas le cas, c’est d’une répugnante fadeur. Même lorsqu’il vole à Placebo (« The Greatest Parade ») ou honteusement au Parklife de Blur (« Lovesick Lullaby »), c’est en éboueur musical.…

Xavier Accart : « Il semble logique que, pour trouver de nouvelles voies, il faille se ressourcer à l’origine »
Le chant grégorien a été revalorisé lors du concile Vatican II, et c’est pourtant à ce moment qu’il a failli s’éteindre. Comment expliquez-vous ce paradoxe ? La constitution sur la liturgie de Vatican II affirme en effet : « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc […]
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Haugerud : le nouveau trafic amoureux
Et sinon, comment va la Norvège ? Pas Et sinon, comment va la Norvège ? Pas évident de savoir à quoi s’en tenir avec ce pays souvent engoncé dans ses stéréotypes contradictoires  – du black metal à la soi-disant américanisation des esprits, celle qu’on prête volontiers à tous ces protestants nordiques histoire de ne pas […]
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Pierre Jourde : phénoménal
Nous sommes au crépuscule du XIXe siècle, période fétiche de Pierre Jourde, où l’Europe en passe de basculer dans la modernité d’acier du XXe se noie dans un trouble nostalgique, hallucinogène et fantasmatique ; où les formes artistiques comme les alternatives spirituelles se multiplient dans une espèce de panique sourde. Pourquoi Jourde nous y ramène-t-il, hormis en raison de sa passion propre, laquelle serait déjà suffisante ? Sans doute parce que cette période de crise morale traversant un continent tout-puissant résonne curieusement avec notre période de crise morale baignant un continent en faillite. Le roman s’y développe donc, par deux voix alternées et trois personnages principaux : un clown tragique, voire sanglant, Alastair ; une muse active, Thalia ; un psychiatre esthète, Charles, le seul à ne pas s’exprimer directement. Celui-ci vit un amour fusionnel, mystique, absolu avec Thalia, son ancienne patiente et sœur d’Alastair, lequel a perdu la mémoire, mais la retrouve par flashs et cherche sa sœur, se livrant sur son passé de clown au physique fascinant en racontant notamment comment sa troupe familiale a profité de la grande vogue des cirques anglais. [...]
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Pierre Joncquez : « Le christianisme est peut-être au stade zombie mais il continue d’agiter un panache de ralliement qui a pour nom l’Amour »
Comment avez-vous eu la révélation de ces trames bibliques dissimulées dans les superproductions ? C’est d’abord le Terminator de 1984 qui a attiré mon attention, avec cette histoire de Sarah Connor, l’héroïne du film, à qui est annoncé qu’elle va mettre au monde un enfant et que cet enfant sera le sauveur du monde. En […]
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Alain Finkielkraut, Éric Naulleau et Patrice Jean : la mort du livre est-elle inévitable ?
La reine littérature a fait la France. La France se défait-elle sans elle aujourd'hui ?

Alain Finkielkraut : En 1928, le grand philologue allemand Ernst-Robert Curtius écrivait, dans son Essai sur la France : « La littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d'elle-même et de sa civilisation. Aucune autre nation ne lui accorde une place comparable. Il n'y a qu'en France où la nation entière considère la littérature comme l'expression représentative de ses destinées. » Moins d’un siècle plus tard, en 2017, Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, affirmait : « Il n'y a pas de culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. » La France est devenue un pur réceptacle et la littérature a été noyée, avec la bénédiction de ses dirigeants, dans la diversité des pratiques culturelles. [...]
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Éditorial culture de Romaric Sangars : Tautologies & miracles

Il m’arrivait naguère de visionner quelques épisodes de téléréalité lorsque ce genre-poubelle initiait un nouveau concept pour voir jusqu’où pouvait se vider la vacuité. Je restais fasciné quelques heures, et puis je passai un cap de lassitude, redécouvrant à chaque fois avec le même étonnement blasé combien le néant, passée la première impression de vertige, est ennuyeux. Je ne prétends pas n’avoir que des loisirs haut-de-gamme, loin de là, mais quitte à se vider la tête, je préfère descendre une bouteille de vin d’Anjou en admirant la pluie couler sur les vitres que de m’abuser devant de tels spectacles. Ces visionnages ne furent pas complètement stériles puisque je retins cette déclaration d’une candidate qui répondait, à la question de son avenir, qu’elle verrait, une fois rendue célèbre, ce qu’elle choisirait comme carrière entre actrice ou chanteuse. Cette inversion totale de l’ordre des choses selon laquelle ce n’était plus un talent particulier qui attirait la célébrité, mais la célébrité autonomisée, acquise comme un chèque vierge, qui permettait de choisir le talent qu’on serait ensuite obligé de nous prêter pour justifier le fait qu’on nous adule, m’avait paru promise à un grand avenir.…

François-Henri Désérable ou l’élégance du vagabond

On pourrait se gausser d’un titre trop romantique pour un récit de voyage – Chagrin d’un chant inachevé, un vers de Neruda en bandoulière. Pourtant, dès l’amorce, Désérable nous convainc : il y a ici rude lumière, audace et mélancolie réunies. Son périple sud américain n’est pas un simple itinéraire – mais un lieu philosophique où la poésie tient lieu d’instrument, et où la liberté se mesure à l’aune du sac de voyage, et non des meubles bon marché.

Sous sa plume, le souvenir du Che Guevara n’est plus hagiographie, mais écran de projection : ni apologie ni traité politique sérieux, juste un moyen de renaître hors du rang. Sa posture critique porte surtout sur lui-même, sur l’« insuffisance des mots », sur l’insupportable beauté – comme s’il fallait préférer un paysage vécu à un livre écrit sur ce même paysage.

La langue, d’une élégance trempée, résiste au lyrisme panthéiste : un ton sobre de poésie vraie, qui entend mettre un terme à « l’extase panthéiste dont regorge la littérature de voyage ».…

L’Incorrect

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