
Si vous êtes nés dans les années 80 vous avez sans doute découvert Tchéky Karyo dans Nikita (peut-être le seul bon film de Luc Besson avec Le Dernier Combat) : dans le rôle de l’instructeur d’Anne Parillaud, il dévoilait une impressionnante palette de jeu, tour à tour protecteur et sadique, inquiétant et rassurant, amoureux et glacial… un rôle taillé à la mesure de celui qui a longtemps assuré les rôles de jeune premier, grâce à sa belle gueule de métisse franco-turc: on se souviendra de lui chez Eric Rohmer en amant ombrageux, lorsqu’il donne la réplique à Bulle Ogier dans Les Nuits de la Pleine Lune : figure tragique de l’amoureux éconduit mais rationnel qui ne parvient pas à comprendre les errances nocturnes de sa belle.
Déjà, il y a avait là comme une méprise : car enfin Tchéky Karyo n’a pas vraiment une tête de jeune premier, avec son visage taillé à la serpe, sa mâchoire carrée, ses yeux où brille un feu sombre… il aurait même plutôt quelque chose d’un garçon sauvage, quelque part entre le gitan et le bastonneur.…








