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Le mois dernier, le rédacteur en chef du Monde, Michel Guerrin, s’interrogeait dans une tribune sur la digue culturelle qui était en train de sauter : « Quand les peuples se droitisent, l’argent public peut-il encore être monopolisé par des artistes et des œuvres de gauche ? », demandait-il pour débuter un texte fleurant l’amertume des fins de règne. De là, un début de remise en cause sur les thèmes de la culture subventionnée obsédée par les minorités et ignorant, voire méprisant, le gros de la population (mais c’est que l’artiste s’intéresserait davantage à ceux qui souffrent) ; ou sur le système Lang qui aura réussi habilement à intégrer à son modèle de financement de la culture progressiste tous les maires de droite ; voire sur le sectarisme d’un milieu rejetant le film Bac Nord (2020) de Jimenez, au prétexte qu’il n’était pas anti-flic et donc suspect. Quant à moi, qui suis suspect et catholique, j’aime les Mea Culpa.…

Le célèbre philosophe et dramaturge Fabrice Hadjadj, que nos lecteurs connaissent bien, nous offre une pièce d’actualité, puisqu’elle parle du déluge, avec un point de vue élevé et éternel, puisque son sujet est tiré de la Bible : Noé, commencer à la fin du monde. Joué par deux comédiennes comme deux hôtesses de l’air, rendez-vous pour l’embarquement le jeudi 12 juin, à 20h aux Bernardins (https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/spectacle-noe-commencer-a-la-fin-du-monde-de-fabrice-hadjadj), et les 19, 20 et 22 juin à Saint-Étienne-du-Mont (https://www.helloasso.com/associations/le-theatre-de-la-carne/evenements/billetterie-noe-a-saint-etienne-du-mont).…

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Depuis quelques jours, le spectacle Murmures de la Cité, prévu à Moulins du 11 au 13 juillet, fait l’objet d’attaques émanant du Député communiste Yannick Monnet et d’élus de gauche de Moulins et d’Yzeure, sous prétexte que les soutiens et idées supposées des porteurs du projet (Pierre-Edouard Sterin, catholicisme « d’extrême droite », etc…), les symboles choisis ou la forme narrative ne leur conviendraient pas.
Ce spectacle de grande ampleur, mêlant théâtre, musique, projections monumentales et récits patrimoniaux est un projet culturel ambitieux, pensé pour rassembler les habitants et attirer des visiteurs, faire rayonner le Bourbonnais au-delà de ses frontières, et en célébrer les richesses trop méconnues.
N’est-il pas paradoxal – pour ne pas dire scandaleux – que des élus d’un territoire trahissent ainsi son intérêt collectif pour privilégier leurs médiocres jalousies politiques avec une étroitesse d’esprit et un sectarisme digne des procès de Moscou ? Doit-on rappeler que la culture ne saurait se plier à des injonctions partisanes, ni être jugée à l’aune de considérations politiciennes ?…

Il faut parfois tout perdre pour écrire vraiment. C’est la leçon terrible et splendide que nous laisse La soif de honte, le dernier livre de Nicolas Bedos, paru chez L’Observatoire. Un récit où l’on n’attendait plus rien sinon quelques excuses mal écrites, quelques lamentations médiatiques, et où surgit, contre toute attente, un grand texte littéraire. Non pas un plaidoyer, encore moins un manifeste, mais un miroir tendu au lecteur, et peut-être à notre époque tout entière.
Il aurait pu se taire, se terrer, devenir ce visage déchu que les plateaux n’osent plus inviter qu’à la marge. Il aurait pu écrire une lettre aux Français dans Le Figaro comme Gérard Depardieu, une justification édulcorée, ou, comme tant d’autres, se réfugier dans la victimisation chic. Mais Bedos n’a choisi ni l’évitement, ni le pardon instantané. Il a choisi ce qu’il manie le mieux : la plume. Une langue belle, dense, parfois précieuse, souvent incandescente, dans laquelle il se livre sans fard.…

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