
HYPNOTIQUE
LES FORCES, Laura Vazquez, Éditions du Sous-sol, 304 p., 22€50
Avec sa casquette indévissable et son piercing, Laura Vasquez, poétesse et romancière, a le charme d’une adolescente butée mais un style passé à maturité. Les Forces est un roman expérimental qui rappelle un peu les premiers Mehdi Belhaj Kacem, phrases perforatrices, exploration intérieure, ruminations décalées et scènes improbables. La perspective de fond est une gnose sublimant un peu les fadaises de la déconstruction en les rattachant à une forme de théologie négative par le biais de Simone Weil et Plotin, ça n’empêche pas les lieux communs, mais ça ne fait pas obstacle au déploiement de sa folie méditative de femme décalée soulignant sans cesse l’étrangeté du réel, l’arrière-plan des discours convenus et la dimension froidement matérielle des choses. Surtout, Vazquez élabore une suite d’allégories saisissantes : gouine souveraine, assistant social dostoïevskien, maison de drogués, pendue rescapée, pompier philosophe, entre des monologues-fleuves et des poèmes soudains.…








