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Cioran, pour le pire et le meilleur : entretien avec Anca Visdei
Comment avez-vous connu Cioran ? Journaliste en Suisse et en France dans les années 1980, j’ai rencontré Eugène Ionesco et sa femme Rodica, qui m’ont souvent parlé de lui. Je n’avais alors lu que quelques citations. Lorsque j’en ai parlé à ma rédaction, mes confrères ont déclaré l’entretien impossible, Cioran étant très secret. Cela n’a fait qu’augmenter mon désir… Je lui ai téléphoné, grâce au numéro fourni par Ionesco. Il m’a proposé un rendez-vous chez lui, rue de l’Odéon, le 17 octobre 1985, et a été le plus aimable des hôtes. Nous avons noué un lien amical, il m’a présenté certains de ses amis et, en février 1986, j’ai publié dans Les Nouvelles Littéraires l’un de ses rarissimes entretiens pour la presse française : « Cioran parle ». [...]
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« Printemps de la liberté d’expression » à Perpignan : Naulleau sur le front

Comment est née l’idée de ce « Printemps de la liberté d’expression » ?

Le plus simplement du monde ou plutôt de la France. D’une conversation avec Louis Aliot, maire de Perpignan, et de l’infatigable et vibrionnant André Bonet, secrétaire général du Prix Franc-parler, et plus précisément du constat partagé que la liberté d’expression, récemment encore aussi naturelle que l’air que nous respirons, n’allait plus de soi dans notre pays. La suffocation menaçait, il fallait que les esprits libres se comptent et se parlent, un sentiment dont nous avons pu vérifier lors de la première édition du Printemps de la Liberté qu’il était largement partagé. 

La capitale est-elle menacée d’asphyxie et d’entre-soi ? Le salut viendra-t-il de Perpignan ? 

Salvador Dali avait fait de la gare de Perpignan le centre du monde, Perpignan pouvait bien devenir le centre de la liberté d’expression – qui peut le plus, peut le moins. Plus sérieusement, la France est un pays très centralisé et Paris concentre l’essentiel des lieux de pouvoir médiatico-intellectuels.…

Jean Le Gall : dandy ultime
Le livre s’achève sur une notule au sujet de Nicola Palumbo, soit une preuve administrative que, contrairement à la plupart des personnages de roman, lui a bien existé ; ou une preuve de l’inverse : que nous n’existons pas davantage que les personnages de roman…

Nicola Palumbo, personnage principal du roman, constate progressivement qu’il n’existe pas, que nous n’existons pas, du moins que nous avons toutes les peines du monde à exister. Je comprends que l’on puisse douter de ce postulat. Mais amusez-vous, de votre côté, à remonter le temps ; pensez aux dernières semaines qui viennent de s’écouler : combien de fois avez-vous eu la sensation que vous étiez dans la vie (et non pas en bordure de la vie) ? Pardon d’insister, mais gardez-vous de cette période le souvenir d’une intensité quelconque, d’une vibration ? Sans préjuger de l’intérêt de vos actions, de vos agissements, vous conviendrez de notre impuissance commune à faire coïncider la « compacité » et la lourdeur du quotidien avec les espoirs que nous plaçons dans l’existence. Car le voilà, le grand problème posé par le monde moderne : il nous tient trop éloignés de la vie vivante (pour reprendre les mots de Dostoïevski). D’autant que cette époque en particulier, certainement la seule que nous connaîtrons, réussit l’exploit d’être plate et pesante à la fois. Mais revenons maintenant à Nicola Palumbo. À rebours de Sartre, qui soutient « qu’exister, c’est être là, simplement », voire à l’opposé de Sartre, chez qui, rappelons-le, la racine d’un marronnier est une révélation assez éclairante pour démontrer la réalité de l’existence, Nicola Palumbo s’aperçoit que nous sommes en réalité destinés à un état… d’Inexistence. Une inexistence aggravée par une faiblesse dont nous ne saurons jamais guérir : la mémoire sort des hommes et les hommes sortent de la mémoire. Il faut rendre hommage, ici, à l’immense Borges qui, lui, avait tout vu, tout compris, en affirmant que l’on ne peut exister qu’à condition d’être « représenté ». Eh bien, c’est cette « représentation » dont j’ai fait cadeau à Nicola Palumbo. Je lui ai donné une voix, une famille, des amis, des idées, des buts stupides et inatteignables. Je lui ai même donné une biographie officielle, que l’on trouve effectivement à la fin du livre. Être le personnage d’un roman ou d’un film, c’est être. C’est être enfin. [...]
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« Indomptables » : révélation
Thomas Njjgol, humoriste et acteur talentueux d’origine camerounaise, nous séduit avec ce polar fiévreux et touchant filmé au pays de ses ancêtres, dans une capitale grouillante qui semble constamment au bord de l’écroulement, entre embouteillages monstres et coupures de courant massives qui plongent régulièrement la ville dans le noir total. [...]
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Qiu Jiongjiong : miracle chinois
Il existe deux sortes de spectateurs, ceux qui préfèrent le déjà-vu, agrémenté de variantes plus ou moins maigres selon leurs capacités digestives, et ceux qui sont prêts, n’hésitons pas à citer Baudelaire, « à plonger dans l’Inconnu pour trouver du nouveau ». A New Old Play de Qiu Jiongjiong ravira les seconds et, qui sait, […]
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Éditorial culture de Romaric Sangars : Fin de règne

Le mois dernier, le rédacteur en chef du Monde, Michel Guerrin, s’interrogeait dans une tribune sur la digue culturelle qui était en train de sauter : « Quand les peuples se droitisent, l’argent public peut-il encore être monopolisé par des artistes et des œuvres de gauche ? », demandait-il pour débuter un texte fleurant l’amertume des fins de règne. De là, un début de remise en cause sur les thèmes de la culture subventionnée obsédée par les minorités et ignorant, voire méprisant, le gros de la population (mais c’est que l’artiste s’intéresserait davantage à ceux qui souffrent) ; ou sur le système Lang qui aura réussi habilement à intégrer à son modèle de financement de la culture progressiste tous les maires de droite ; voire sur le sectarisme d’un milieu rejetant le film Bac Nord (2020) de Jimenez, au prétexte qu’il n’était pas anti-flic et donc suspect. Quant à moi, qui suis suspect et catholique, j’aime les Mea Culpa.…

« Noé » de Fabrice Hadjadj : d’une fin du monde à l’autre

Le célèbre philosophe et dramaturge Fabrice Hadjadj, que nos lecteurs connaissent bien, nous offre une pièce d’actualité, puisqu’elle parle du déluge, avec un point de vue élevé et éternel, puisque son sujet est tiré de la Bible : Noé, commencer à la fin du monde. Joué par deux comédiennes comme deux hôtesses de l’air, rendez-vous pour l’embarquement le jeudi 12 juin, à 20h aux Bernardins (https://www.collegedesbernardins.fr/agenda/spectacle-noe-commencer-a-la-fin-du-monde-de-fabrice-hadjadj), et les 19, 20 et 22 juin à Saint-Étienne-du-Mont (https://www.helloasso.com/associations/le-theatre-de-la-carne/evenements/billetterie-noe-a-saint-etienne-du-mont).…

© DR
Les critiques littéraires de mai
RADICALISÉ Les piliers de la mer, Sylvain Tesson, Albin Michel, 224 p., 21,90 € « Quand on se prétend aventurier, il est vexant de vivre au XXIe siècle. » : c’est avec ce superbe incipit que Tesson lance Les Piliers de la mer, ce récit d’échappée superlative d’un Tesson comme radicalisé. La méthode de l’écrivain […]
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