8 avril 2020
Avec le confinement, les rues, les routes, les grandes artères de nos villes se sont asséchées. Ces grands flots ont cessé, de véhicules et de personnes dont le sac et le ressac berçaient le flâneur épris des plages urbaines, lui dont l’œil glissait, curieux, d’une carrosserie blessée à l’énigme d’un visage.
Chacun, chez soi, aperçoit maintenant, par échos réguliers, l’image des monuments abandonnés; le silence règne, à peine quelques vrombissements aléatoires, comme le dernier repli des vagues. La mer s’est retirée.
À cette ascèse contrainte, nous dit-on, trouvons un emploi judicieux ! Très bien. Pourquoi ne pas en profiter pour jouer à la roulette russe ? Je vois deux avantages à la propagation d’un tel loisir: premièrement, voici le moyen le plus rapide de retrouver des sensations fortes même sans quitter sa chambre. Deuxièmement: la mortalité du covid-19 s’en trouverait diminuée, relativement parlant, grâce aux 17% du barillet de 6. Je fais du mauvais esprit ? Oui. J’adore.