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Petit précis de Barbey d’Aurevilly

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Barbey d’Aurevilly était-il le premier des féministes ? Certainement pas, vociféreront les contempteurs du conservatisme et de la morale bourgeoise ! Car c’est bien cette morale, défendue par Barbey, qu’il faut mettre à bas dans la logique libertaire de Mai 68 qui sévit de nos jours. Comment donc qualifier un tel pamphlétaire rétrograde comme premier défenseur des femmes ? Commençons par les présentations.

 

 

Généralités :

 

Jules Barbey d’Aurevilly est un auteur iconique du XIXème siècle. Royaliste et catholique, il est issu d’une famille de la noblesse normande, dont il récuse un temps l’héritage. Son biographe, Patrick Averane, revient sur ce passage mouvant et charnière de sa vie. Né au début du siècle, il cherche d’abord à embrasser la carrière militaire. Empêché, car sa famille n’est pas reconnue à la Restauration, il connaît alors une période d’insouciance et d’inspiration libérale dans les années 1830 avant de se retirer de la mondanité parisienne la décennie suivante.

Le confinement a du bon : ce à quoi vous échappâtes
Le grand gel culturel à quoi ont abouti les mesures sanitaires prises pour luter contre la pandémie représente globalement un désastre. Pour soutenir le moral de nos lecteurs, à L’Incorrect, nous nous sommes dits qu’il fallait néanmoins savoir considérer les aspects positifs du problème. En ce printemps 2020, on ne nous a pas seulement privés d’actualité littéraire, de concerts, de spectacles et de débats enflammés sur le nouveau crypto-réalisme scandinave, on nous a aussi épargné quelques saloperies. Alors sachons nous réjouir de ce que nous offrent les circonstances. HELLFEST ET VIEILLES CHARRUES. Certes, nos festivals, ébranlés par les annulations et menacés par l’avarice des assureurs, sont sur la sellette. On ne peut s’empêcher néanmoins de saluer la jachère offerte à nos terres clissonnaises ou finistériennes, tant ces grand-messes du rock ne sont désormais plus qu’un cuisant prétexte à la godaille, où l’illustre homo festivus affiche sans vergogne son appétence pour l’ivrognerie de masse, ingurgitant d’égale manière décibels et Kronenbourg diluée à l’eau dans ces parcs d’attraction pour adultes où la musique n’est plus que la bande sonore de son rite consumériste. LADY GAGA. Dans un tweet posté le 24 mars dernier, Lady Gaga annonçait, épidémie oblige, le report aux calendes grecques de son dernier album, Chromatica. Tout ce que l’on sait de ce disque pour le moment, c’est sa pochette futuriste et glamour façon Hello Kity. Futurisme, vous avez dit futurisme ? Hélas, la science-fiction gagaesque relève davantage d’une version queer de Matrix que de la peinture de Chirico ! C’est pourquoi on n’est guère pressé que cet avenir advienne. MADAME MONSIEUR. Souvenez-vous, ce tandem français nous avait (encore) foutu la honte durant le concours de l’Eurovision 2018 avec une chansonnette étique et larmoyante (« Mercy »), qui glorifiait les poupons migrants et se dansait en couverture de survie. L’hécatombe de vieux autochtones européens aura annulé la sortie de leur dernier album prévue le 4 avril. On rêve qu’ils aient l’idée, en post-confinement, d’aller divulguer leur jerk sans frontière en Corée du Nord. Ce serait du moins avoir pitié de nous. LE SALON DU LIVRE. Le Salon du livre de Paris, devenu « Livre Paris » depuis 2016, histoire de s’aligner sur le « devenir marque » des capitales connectées au monde et délestées de leurs patries, aurait dû se tenir du 20 au 23 mars. On a raté l’Inde comme pays invité d’honneur, on s’en fiche un peu, d’autant que cette grande foire a tellement abusé sur les tarifs de location que même le stand Gallimard n’aurait pas été monté cette année. Autant dire qu’on s’y emmerde chaque fois un peu plus et qu’il ne restera bientôt plus que Titeuf, Nothomb et France Inter pour y faire la réclame. [...] Suite à lire dans L'Incorrect numéro 31 et en ligne pour les abonnés.
Hey June : l’anti-héroïne qui vous sauvera
L'humour cinglant de Fabcaro frappe à nouveau après Zaï Zaï Zaï Zaï (2015) ou le génial Open Bar (2019), l’auteur s’associant cette fois-ci à l’illustratrice Evemarie pour créer June. June, ça pourrait être votre voisine, votre pote à son compte, vous-même ou un beau concentré des pires tares de chacun des collaborateurs de L’Incorrect. Le livre nous expose le quotidien d’une trentenaire illustratrice, célibataire (ou en relation avec son ours en peluche), légèrement fauchée, poursuivie par son banquier, légèrement siphonnée aussi, aux répliques totalement incorrectes. Vingt-quatre heures de la vie de June, c’est beaucoup de cigarettes, un café dégueulasse, des clients insupportables, un déjeuner déprimant en famille, une copine à la masse et une soirée emmerdante. Cette anti-héroïne nous est étrangement familière ; surtout, on rêverait d’avoir une répartie aussi franche que la sienne dans certaines situations. En soirée, elle invente le « Mochito »: « C’est un comme un mojito mais avec quelqu’un qui fait chier » et à un type qui lui annonce « Je fais des installations conceptuelles autour du thème de la transversalité post-moderne », elle répond avec toute sa sincérité : « Moi aussi, je galère ». Merci June ! [...] Suite dans le numéro 31 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Gustav Temple : le prince des chaps s’adresse aux Français
En 1999, Gustav Temple lance avec Vic Darkwood une revue confidentielle, The Chap, qui rencontre rapidement un succès inattendu. D’abord pensée comme une publication pour gentlemen se distinguant de la vulgarité des magazines masculins, la revue va bientôt devenir le porte-étendard de tout un mouvement, le chapisme, prônant un retour à l’étiquette et à la désinvolture chic. Rédigée dans un style néo-victorien, la revue The Chap défend rien moins qu’une alternative sociétale face à la standardisation consumériste globale ; et une alternative à l’extrême opposé de la pouillerie zadiste. En plein confinement européen, nous sommes allés interviewer Gustav Temple, leader de cette résistance dandy à la fabrique de l’homme sans qualité, afin qu’il nous explique comment les chaps traversent quant à eux la crise sanitaire. [...] Un entretien à lire dans le numéro 31 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Boîtes de nuit : la fête est finie ?
« Depuis cinq ans, nous subissons de plein fouet les conséquences des attentats, des manifestations des "gilets jaunes" et maintenant du Covid-19. Notre métier n’est pas aidé à Paris. Le Vip Room ne rouvrira pas ses portes. C’est terminé. J’ai mis le fonds de commerce en vente », a déclaré l’ancien roi des nuits parisiennes Jean Roch. [...]
La série va-t-elle tuer le cinéma ?
Au moment où de nouvelles plateformes se lancent pour concurrencer Netflix, et après deux mois qui semblèrent consacrer la série consommée en flux tendu comme genre triomphant au milieu du désert culturel, il était temps pour L’Incorrect de se pencher sur cette grande question. La série s’annonce-t-elle comme la forme artistique du XXIe siècle ? Est-elle en train de tuer le cinéma, qui fut au XXe siècle ce que le roman fut au XIXe et le théâtre au XVIIIe ? Remarquons déjà qu’en matière de format artistique, la série représente plutôt un retour à la diversité et la prolifération originelles de la narration qu’à une rupture inédite. En effet, qu’il s’agisse de l’anthologie de contes divers selon une perspective cohérente ou de l’infinie ramification des histoires, cette extrême plasticité narrative est bien celle d’Hésiode et d’Homère, des romans de la Table Ronde, de Balzac ou de Maupassant. On peut juger cette reviviscence salutaire, qui rompt avec le petit format sclérosé du film familial d’une heure trente qui s’imposa dans la seconde moitié du XXe siècle. On peut aussi s’inquiéter de la consommation compulsive, invasive, zombificatrice qu’induit le genre représenté par The Walking Dead. Voilà en tout cas un beau sujet de réflexion et qui promet de nombreux autres épisodes à venir. Un dossier préparé par Romaric Sangars, Alexandra Do Nascimento, Arthur de Watrigant, Gabriel Robin, Marc Obregon et Jacques de Guillebon. Suite à lire dans le dernier L'Incorrect (numéro 31) et en ligne pour les abonnés.
Culture en confinement

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En cette période difficile, où les librairies et les salles de spectacle, de concert et de cinéma sont fermées, L’Incorrect est allé chercher quelques conseils de survie auprès d’artistes à notre goût.

 

 

Olivier Maulin – Écrivain, journaliste

 

Quels conseils de lecture auriez-vous à proposer à nos lecteurs confinés ?

 

Certainement beaucoup de vos lecteurs l’ont-ils déjà lu, mais si ce n’est pas le cas, je leur conseille vivement Le Cheval rouge d’Eugenio Corti, un grand roman catholique dont le caractère monumental m’a longtemps incité à en repousser la lecture et qui vient de reparaître aux éditions Noir sur Blanc dans la traduction que Françoise Lantieri avait donnée à L’Âge d’Homme en 1996 (le livre est paru en 1983 en Italie). Sur près de 1 500 pages, ce roman retrace l’histoire de l’Italie de 1940 au début des années soixante-dix à travers le destin de plusieurs jeunes gens d’un village de Lombardie.

Guillaume Lapaque : Jean Carmet contre les robots
Guillaume Lapaque, caviste à l’enseigne de « La Dive bouteille », préside depuis février l’Union commerciale de Bourgueil (Indre-et-Loire), cité viticole de 4 000 habitants. Il fut candidat centriste à la mairie de Tours en 2008. Le 25 avril, Jean Carmet, originaire de Bourgueil et inoubliable interprète de La Soupe aux choux, aurait eu 100 ans. La commémoration que vous organisiez a dû être annulée. Un crève-cœur pour vous on l’imagine ? Oui, mais Jean, « Jeannot les petits bras » comme l’appelait son ami Gérard Depardieu, on le fête tous les jours, et on aura d’autres occasions! Le vrai crève-cœur, c’est que j’avais prévu de fleurir la tombe de ses parents au cimetière de Bourgueil. Mais des technocrates abrutis ont fait fermer ce cimetière dans lequel on ne croise pourtant jamais personne ! Ne le dites pas à la gendarmerie locale ni aux associations véganes, mais j’ai organisé un rendez-vous interdit chez un charcutier du coin: autour de la fabrication du fromage de tête, spécialité charcutière préférée de Jean Carmet, on prépare un hommage clandestin! Les conséquences policières du coronavirus frappent ces grands solitaires que sont les pêcheurs à la ligne ou les cueilleurs de champignons, sans oublier les jardiniers retraités dont le jardin n’est pas contigu à la maison. La réponse pénale du gouvernement est-elle un complot contre les usagers de la nature ? C’est un délire qui n’est même plus descriptible ! À Bourgueil a habité un autre grand nom de mon imaginaire français: Pierre Desproges. Il se serait bien marré de cete époque incongrue ! Le weekend dernier, la préfète a déployé des dizaines de véhicules de gendarmerie, et même de l’Office français de la biodiversité. L’OFB, je ne savais même pas que ça existait! Ils avaient même un hélicoptère pour traquer les dangereux délinquants qui se promènent sur les bords de la Loire… Après des heures de recherches, ils ont attrapé trois péquins qui lambinaient au bord du fleuve royal. Avec leur hélicoptère, j’aurais préféré qu’ils aillent nous chercher des masques ou des tests. Paradoxalement, alors que les citadins redécouvrent les joies de la vie à la campagne, l’onde de choc économique du coronavirus ne risque-t-elle pas de marginaliser encore plus la France périphérique ? Quel remède faut-il y appliquer d’urgence pour limiter la casse ? Quand vous parlez de « France périphérique », vous voulez parler de celle qui est à l’intérieur du périphérique et qui ne comprend plus rien à rien ? Ma France à moi, c’est la vraie. Celle où sont nés Vercingétorix, Jeanne d’Arc, Henri IV, de Gaulle et Jean Carmet. Une France où on sait manger avec les doigts. Si cette France-là venait à tomber, je ne donne pas cher du ridicule parc d’attractions que vous appelez « région parisienne ». C’est ma France qui tient le pays ! Et si Paris n’envoie pas rapidement les taxis de la Marne, Paris tombera ! [...] Suite à luire dans le dernier L'Incorrect (numéro 31) et en ligne pour les abonnés.

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