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Light of my life : Jamais sans mon père
Si le sujet du père dans un monde nocif n’est pas une nouveauté cinématographique, on remarque depuis quelques années le développement d’une vraie réflexion sur ce thème en provenance d’outre-Atlantique (Captain Fantastic ou Leave no trace) et qui semble faire pièce à la propagande hystérico-connasse dénonçant l’affreux patriarcat pour mieux promouvoir les inepties idéologiques du « genre ». Avec Light of my life, Casey, le cadet des Affleck, se met en scène en tant que « papa », seul nom attribué au personnage, assumant son statut dans un monde apocalyptique. Dans cet avenir proche, après l’éradication de la population féminine, seule Rag, sa fille unique, a été miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal où se déchaînent les instincts primaires, la survie passe par la discipline, la vigilance, l’échappée permanente et les subterfuges. Les situations extrêmes où nous projette le réalisateur ont l’avantage d’aller droit au but tout en excitant l’empathie, conjuguant ainsi raison et émotion. Quand l’ombre de la mort envahit tout, il n’est plus temps ni pour les tricheries ni pour les pudeurs. Et ô surprise, on découvre des choses étonnantes: par exemple, que l’homme, ce grand singe patriarcal, prédateur, voire esclavagiste de surcroît s’il est blanc, se révèle finalement bien moins encombrant que prévu lorsqu’il faut défoncer une abominable bestiole tentée de becter vos enfants
Jean-Patrick Manchette : les heures claires du roman noir
La parution de deux œuvres mineures – la collation de ses chroniques sur les jeux de société dans Métal hurlant à la fin des années 70, et sa correspondance avec d’autres écrivains entre 77 et sa mort – parachève le portrait d’un écrivain surdoué, américanomane, populaire et à la curiosité sans frein. Un écrivain qui eût mérité de ne pas être de gauche, un anti-hussard, si français malgré ses invectives comiques à l’endroit de la France L’incroyable Jean-Patrick Manchette est, comme son prénom le laissait soupçonner, un fruit parfait des Trente glorieuses; le boomer absolu si sa vie avait poursuivi sa course au-delà de 1996. Heureusement il aura contourné la sénilité en s’échappant de ce monde à l’entour d’une petite cinquantaine. L’inventeur de ce que l’on nomma « néo-polar » dans les années 70 est le bâtard du gauchisme et de l’américanisme. Peu engageant à première vue. Et pourtant, l’auteur de La Position du tireur couché fut doué d’un esprit et d’une culture qui le placent bien au-dessus de ses pairs soixante-huitards. que son double réactionnaire, l’immense ADG, s’y méprît lorsque Manchette publia son second roman L’Affaire N’Gustro, le prenant pour un frère d’armes. [...]
Gunther Wüsthoff, le chant des machines
Faust reste une énigme fascinante. Évoluant dans la scène allemande qualifiée de krautrock (« rock-choucroute ») par la presse britannique, scène qui revendiquera l’insulte et inventera rien moins que les bases de la musique électronique pop, du rock industriel et du post-rock, ce groupe de la RFA en pleine crise psychédélique parvint à captiver toute une génération de jeunes Anglais avec son premier album éponyme sorti en 71. Parmi eux, un certain Richard Branson, qui leur devra une partie de sa fortune en les signant chez Virgin en 73.
Livre numérique : révolution manquée
Passées les années 2000 et devant le ravage de l’industrie musicale par la numérisation et internet, le marché français du livre se mit à trembler. Et s’il était le prochain secteur à être bouleversé de fond en comble par de nouveaux supports et de nouvelles pratiques ? « Le papier disparaîtra ! » entendait-on alors très régulièrement scander, et l’inquiétude diffuse du milieu se voyait encore accentuée par les slogans péremptoires des prophètes de la religion technicienne. Une inquiétude d’autant plus prégnante qu’aux États-Unis, au début du XXI e siècle, l’expansion du livre électronique allait de pair avec le délitement des librairies et que notre avenir se joue en général outre-Atlantique. [...]
Kim Kardashian : L’apothéose du vide

Tout le monde connaît Kim Kardashian, même ceux d’entre nos lecteurs qui vivent dans les endroits les plus reculés, armés uniquement de leurs fusils et de leurs livres. Impossible d’être passé à côté du rouleau-compresseur culturel que fut L’Incroyable Famille Kardashian, série précurseur de la médiocrité érigée en modèle. Mais outre une poupée de savon, qui est réellement Kim Kardashian?

DE CYBERPOUFFE À JUSTICIÈRE

Kim Kardashian est une proie qui semblerait presque trop facile pour les affûtés chasseurs de L’Incorrect. En effet, la starlette de télé-réalité, connue principalement pour son émission L’Incroyable Famille Kardashian, son mariage avec Kanye West, sa sex-tape, son sens de la mode et les excentricités de son mari (leur maison, par exemple, est entièrement « no label », tout est vidé dans des bocaux transparents ou blancs), elle ne semblait même pas digne d’exciter notre mépris. Mais ça, c’était avant. Avant que le bloc de silicone humain le plus populaire de la planète ne se pique de politique. Est-ce parce que son mari, fervent soutien de Donald Trump, compte se présenter à la présidentielle de 2024 (il ne souhaitait pas se présenter en 2020, afin de ne pas faire d’ombre au Don) ? [...]

Amin Sidi-Boumédiène : Algérie fatale
Il y a dans Abou Leila une volonté de brouiller les pistes et les genres : western, quête métaphysique, conte kafkaïen, récit politique… Cette envie était-elle à l’origine du projet ?
La nuit venue, Abou Leila : La semaine cinéma

La nuit venue, Noir et poétique

Jin est un immigré pékinois qui travaille à Paris comme chauffeur de VTC pour rembourser sa dette envers la mafia. Après avoir rencontré Naomi à l’occasion d’une course, il va tenter de s’émanciper du joug de la pègre pour vivre librement son amour. Pour son troisième long-métrage, Frédéric Farruci livre un film noir et poétique.

Alternant plans larges et caméra embarquée, le réalisateur français prend son temps pour arpenter avec délectation le Paris nocturne. Cette dimension contemplative s’accorde parfaitement avec l’intrigue, celle-ci traitant avec intelligence des thèmes de la pulsion de liberté chez les individus aliénés et de l’amour comme seul remède à l’impossibilité d’habiter le monde. Le mal est inhérent à l’homme, voilà la vérité que nous rappelle Farrucci et l’exploitation comme le racisme ne sont pas l’apanage de l’homme blanc. Voilà qui a dû laisser perplexe Camélia Jordana, qui interprète Naomi, confirmant une nouvelle fois qu’une débile peut aussi être une bonne actrice.…

Fabuleux Dior
Au milieu de tout ce marasme infernal de nouvelles idoles qu’on nous force à approuver, Dior nous présente sa nouvelle collection automne hiver 2020/2021 dirigée par Maria Grazia Chiuri dans un petit clip vidéo de Matteo Garrone. Là où l’on pourrait décemment s’attendre à l’ambiance demi-épileptique des créations contemporaines, on retient son souffle et on plonge dans un univers merveilleux. Et ce fut comme une apparition.

L’Incorrect

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