18 mars 2019
L’écrivain Dominique Noguez nous a quittés la semaine dernière à l’âge de 76 ans. Notre ami Olivier Maillart, critique cinématographique et romancier, lui rend ici hommage.
C’est l’une des premières choses qui frappe, lorsque l’on se met à fréquenter le petit monde des lettres, ses auteurs, ses revues et ses cercles : la plupart des jeunes sont vraiment très cons. Projetés avec ardeur dans la lutte pour la reconnaissance, ils sont méfiants, retors, envieux, et c’est à qui marchera le plus méchamment sur le pied du voisin.
Pris dans une espèce de concours de bite sans fin (le concours, pas la bite), ils ne voient dans les autres qu’autant d’obstacles ou d’outils à manier pour arriver plus loin. De ce point de vue, j’ai eu de la chance. Lorsque mon ami Francesco Forlani commença à m’amener aux mardis de L’Atelier du roman (ça devait être en 2002 ou en 2003), il n’y avait pratiquement que des vieux – du moins, c’est ainsi que je les voyais. Et, parmi ces personnes qui avaient déjà fait leurs preuves, qui n’avaient plus à écraser personne, qui pouvaient en toute tranquillité se montrer accueillantes et sympathiques à l’égard des petits nouveaux, il y avait Dominique Noguez.