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À l’ombre des épées
La tradition des ferias est centrale dans l’identité méridionale. Le tourisme de masse les a transformées en vastes beuveries dans les années 80. À Béziers, la mairie rend à ces six jours de fête leur authenticité. En remettant le taureau au centre du village. « Monsieur le maire, on a un problème : il y a 4 000 personnes ». Quelques jours auparavant, Robert Ménard récemment élu maire de Béziers avait refusé de participer à la messe réservée aux notables de la ville, qui était célébrée en petit comité dans la chapelle de l’arène. Et décrété que cette liturgie qui lance les ferias serait désormais publique et pratiquée directement sur le sable de la piste. Les 300 chaises... A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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La mémoire assiégée, de Robin Terrasse
L’Histoire, et plus particulièrement le récit qui en est fait par un pays, impacte de manière directe l’attitude de sa population. La fierté nationale est un moteur puissant de confiance en soi. Mais ce levier est à double tranchant : depuis plusieurs décennies, il est le principal moyen utilisé pour faire accepter aux Européens leur propre disparition, via la création et l’entretien minutieux d’une culpabilité historique. Le propos de La mémoire assiégée est de proposer une suite d’éclaircissements sur plusieurs périodes historiques manipulées ou dissimulées. Ce livre est rigoureux sur le plan scientifique et très documenté. L'auteur use d'un style peu littéraire mais précis et efficace. L'ouvrage présente un intérêt historique certain et a une certaine qualité pédagogique. Cependant le parti-pris de l'auteur est plus sujet à discussion : constatant avec un certain réalisme l'hégémonie de la posture victimaire dans les débats, Robin Terrasse cherche dans l'Histoire européenne les occasion de se prévaloir d'une invasion, d'une colonisation, de mise en esclavage, etc. Ces éclaircissements sont intéressants mais le fait d'accepter d'entrer dans la compétition victimaire est en soi une négation de ce qu'est l'Europe, quand bien même notre continent a eu sa part de douleur. La lecture de ce livre sera très pertinente comme complément pour un public disposant déjà de repères historiques, et capable de contextualiser les différents faits présentés par l'auteur.
Ces Français qui ont fait l’amour
La langue d’oc est la langue maternelle de l’amour courtois, mélange de légèreté et de gravité menant à la vraie joie à la française. "Pour que la France reste la France. » Cette formule, paraît-il, aurait fait polémique à l’heure de la distribution d’un tract chez Les Républicains. Sans doute l’emploi du verbe rester heurte-il certains conservateurs du progressisme, qui sont entrés en réaction contre le fait que leur pays pourrait demeurer leur pays avec les valeurs qui le fondent. À moins que ce soit le mot France, deux fois utilisé, qui leur donne la nausée et ce sentiment de non appartenance. Bizarre ces polémiques comme montées de toutes pièces. Et puisqu’il s’agit ici de rendre hommage aux Français qui ont fait la France, (pardon pour ceux des Républicains complexés d’avoir la carte d’un parti de droite) il nous semble indispensable de saluer ce qui distingue la France d’entre toutes les autres nations, à savoir l’amour courtois et les troubadours qui en ont inventé la langue.
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Metal : l’interview croisée d’un chanteur et d’un prêtre
Nous nous sommes entretenus avec deux personnalités atypiques du metal. En premier lieu: Rose Hreidmarr, ancien chanteur d’Anorexia Nervosa et personnalité du milieu metal extrême français, et le père Robert Culat. Cette exacerbation du mal relève plus d'une opposition au monde moderne. Rose Hreidmarr Vous avez commencé dans les années 1990. Comment voyez-vous les changements au sein de la scène ? Le milieu était plus restreint à l’époque, parce que beaucoup moins accessible. Tout a changé avec Internet, et par ailleurs, l’enregistrement des disques s’est démocratisé avec les nouvelles technologies. À l’époque, faire un disque était tellement compliqué et coûtait tellement d’argent qu’il fallait être signé sur un label ou être fils de milliardaire. Maintenant on peut le faire depuis sa chambre. C’est très bien en soi, mais l’effet pervers est que tout est noyé dans la masse.
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Reflets et réflexes : une nouvelle inédite de l’écrivain italien Francesco Forlani en exclusivité pour L’Incorrect
Après une année marquée par l’affaire Weinstein et une véritable déferlante phallophobe, Francesco Forlani imagine les conséquences délirantes consécutives, sur une plage, à l’érection involontaire d’un estivant. Une lecture rafraîchissante pour traverser les dernières grosses chaleurs. Je voudrais raconter l’histoire d’un homme qui, endormi sur une chaise longue, à la plage, n’a plus conscience de lui-même. Une grande étendue de parasols bleus. D’abord, un simple reflet. Le long du rivage, les transats s’étendent à perte de vue, en files interminables. Et puis aussi des chaises longues, le dossier rabaissé. Deux reflets, ensuite, presque en même temps. Le bourdonnement des premières heures de l’après-midi sert de bruit de fond aux annonces distraites du haut-parleur. À présent, les voilà devenus cent, mille, ces reflets qui semblent se multiplier à l’infini en suivant les vagues, avant de se perdre dans le sable. La plage est principalement occupée par des familles. Dans un alignement proche de la passerelle, un homme est étendu sur une chaise longue.
Sagas pour ados et super slips : l’overdose

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Les films de grand spectacle, ceux qui invitent à se rendre au cinéma pour leur caractère spectaculaire, peuvent désormais se scinder en deux catégories distinctes, aussi pénibles l’une que l’autre : les adaptations de romans pour adolescents et les adaptations de bande-dessinées de super slips.

 

Tous les mois, au minimum, un film ayant engendré des coûts de production largement supérieurs à la barre des 50 millions de dollars sort de l’usine à rêves hollywoodienne. Le plus généralement, il s’agit d’un film ultra manichéen et cousu de fil blanc, adapté à un public décérébré ou infantile. En à peine quelques années, Hollywood a tué la majorité des auteurs et des cinéastes anglo-saxons, rendant presque impossible le financement de films exigeants, qu’ils soient destinés à un large public ou à la course aux récompenses. Pour un retour sur investissement conséquent, les producteurs ont compris qu’il fallait segmenter, prendre un minimum de risques créatifs de manière à s’assurer de rentrer dans les frais.

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