13 mars 2023
Fin janvier 2023 : mille voix scandalisées font bruisser la sinistre « twittosphère ». En cause, la bande-annonce d’un film qui circule sur la Toile et où l’on aperçoit l’écrivain Michel Houellebecq, nu comme un ver, embrasser goulument une étudiante batave. On parle déjà d’un « porno-arty » dans lequel l’écrivain se livrerait à des actes non-simulés. L’opinion grince et raille, Libération fulmine : Houellebecq sombre dans le malsain, juge-t-on, après avoir pris un « virage à l’extrême droite ». Porno, morale et politique : le bingo du buzz, servi avec un assaisonnement salé – typiquement néerlandais. Quant à la bande-annonce, elle intrigue : l’atmosphère évoque celle d’un docu-fiction dérangeant, quelque part entre le Dogme de Lars Von Trier et le film amateur d’étudiant en art plastique.
L'origine du mal
Et pour cause : annoncé pour le 11 mars, ce moyen-métrage est l’œuvre d’un jeune couple installé à Amsterdam, Stefan Ruitenbeck et Kate Sinha. Cachés derrière un collectif transmédia, KIRAC, acronyme de Keep it real art critics : la réalité des critiques d’art. Tout un programme. Sur leur site, principalement des moyens-métrages bavards où les deux activistes interviewent des sommités de l’art contemporain pour les pousser dans leurs retranchements et leur tirer quelques contre-vérités bonnes à alimenter une très nébuleuse « critique de la critique ». Rien de très subversif a priori, à moins de ne vivre que pour Art Press ou d’avoir investi dans les NFT. [...]