Mécènes fameux, les Sackler trônent à la tête d’un empire financier basé sur la souffrance et l’addiction par le biais de l’OxyContin, molécule responsable de plus de 500 000 morts aux USA. En documentant le combat de la photographe Nan Goldin contre ces marchands de mort, Laura Poitras poursuit ses portraits de lanceurs d’alerte (Citizenfour 2015), modestes héros d’aujourd’hui. Toute la beauté et le sang versé est néanmoins plus complexe et grevé d’un second récit où la grande photographe se raconte à partir de ses œuvres.
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Si la dénonciation fragmentaire n’a aucun contrechamp (un procès en visio trop vite expédié), la partie autobiographique impressionne et bouleverse. Commentant ses photos qui se succèdent, à la façon de son chef-d’œuvre le diaporama : The Ballad of sexual dependency, Goldin dénoue les fils d’une vie d’art et d’amitiés, par-delà les traumas et les accoutumances. Ses images, entre abandon et secret, apparaissent pour ce qu’elles ont toujours été, d’inestimables preuves de vie.
TOUTE LA BEAUTÉ ET LE SANG VERSÉ (1h57), documentaire de LAURA POITRAS, en salles le 15 mars





