
De prime abord, la polémique autour de Bastien Vivès semble se résumer à un débat autour de la censure. On voudrait censurer un dessinateur qui n’a fait que dessiner, un créateur qui n’a fait que créer. Pire, on voudrait aseptiser l’art pour complaire à l’ère du temps et lui retirer sa vertu cathartique, laquelle ne va pas sans une certaine transgression nécessaire à son accomplissement. Mais si on réclame la catharsis dans l’art, on reconnaît alors à l’art une dimension morale et c’est cette question de la morale dans l’art qu’il faut poser, même si on craint ce faisant de donner l’impression de céder à la fureur woke qui entend à terme effacer tout ce qui a été. Tant pis, l’effort de la réflexion mérite qu’on prenne ce risque car si l’hérésie woke pose pour une fois une bonne question, tout nous oblige à lui apporter urgemment une réponse correcte afin d’éviter qu’elle ait pour elle à la fois l’initiative et la conclusion, bref, qu’elle gagne.…













