


Taguieff prend au sérieux le « grand remplacement ». Il refuse toutefois de le prendre à la lettre et, le considérant comme un mythe, renvoie dos à dos tenants de l’identité pure et partisans de l’égalité parfaite, contempteurs et zélateurs de la créolisation du pays, tout ce beau monde demeurant prisonnier d’une infernale rivalité mimétique qui paralyse la réflexion. Cet essai entend établir une généalogie de ce mythe politique, et apaiser les angoisses que l’immigration et son corollaire, l’islamisme, peuvent légitimement susciter dans l’opinion. Bref, il tente de le rationaliser, et partant de contribuer à une démystification de la politique. Difficile exercice comme en témoigne cet essai hybride, très descriptif mais hélas trop peu argumenté.
Comme d’habitude, le travail de Taguieff est très documenté. Il faut néanmoins attendre le chapitre 14 intitulé « démystifier la politique », pour que soient avancés quelques arguments visant à désamorcer ce mythe. Il y apporte notamment des précisions importantes sur l’émigration africaine en s’appuyant sur les travaux du politologue néo-conservateur Bruno Tertrais. Pour atteindre son but manque sans doute à ce chapitre le renfort de statistiques ethniques, l’occasion de constater combien leur absence se retourne aujourd’hui tragiquement contre les partisans d’une approche apaisée de l’immigration (mais existeraient- elles, seraient-elles pour autant apaisantes ?) [...]
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La vérité n’est pas essentiellement une chose aisée, et ce d’abord dans la mesure où elle est déplaisante. Elle s’impose à nous comme un accident qui nous dévie de notre chemin, alors que nous étions en terrain connu avec pour but précis d’aller où nous désirions nous rendre. Voici donc que nous quittons la route pour dévaler hors des sentiers battus, non pas pour nous distraire et découvrir de nouveaux points de vue, mais parce que nous avons perdu notre équilibre, que notre assiette est désaxée, bref qu’on s’est paumé sans s’en être aperçu suffisamment tôt pour ne pas l’être entièrement. Il fait sombre, c’est moche, on dirait qu’il va pleuvoir, et on ne sait ni le nord ni le sud, le ciel est noir, on ne voit rien. Ajoutons à cela la nausée qui persiste bien trop longtemps après l’étourdissement qui nous a fait quitter la route sans carte, et la trouille d’être blessé au beau milieu de nulle part, on aura une idée un peu plus précise de ce qu’est être aux abords de cette vérité qui nous a précipités dans le ravin pour s’enfuir aussitôt.…

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