« La crise est dans l’homme », proclamaient les intellectuels non-conformistes des années 1930. « La crise est dans le peuple », leur répond en écho, près d’un siècle plus tard. Antoine Cargoet, jeune pousse d’une gauche républicaine qui tente de survivre à la retraite de Jean-Pierre Chevènement. Dans un premier essai prometteur, le fondateur du média en ligne Le Vent se lève prend au mot le populisme pour en faire le révélateur des failles de nos sociétés contemporaines. La part de danger que recèlent ces élans vitaux lui apparaît moins inquiétante pour l’homme contemporain que l’acceptation d’un ennui devenu l’horizon de sociétés occidentales gangrénées par la sécession d’élites ayant abandonné tout sens de l’État.
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Écartant d’emblée les solutions néolibérales et autoritaires, l’auteur opte pour une troisième voie, celle tracée par le peuple souverain : « Réenchanter le politique et le monde exigera la mobilisation de toutes les forces sociales nécessaires. Et il faudra bien pouvoir compter sur toutes les puissances du peuple pour conjurer le sort réservé aux nations ». Jusque-là on est en mesure de le suivre sans sourciller. Il nous permettra d’être moins enthousiastes sur la nostalgie d’une vertu révolutionnaire véhiculée par une tradition qui n’est évidemment pas la nôtre. Même si l’idéal qu’il convoque ne relève pas plus du jeu que du nihilisme, son ciel laïc semble un peu vide. Que la lumière soit !

Éd. du Cerf, 198 p., 18 €





