
IDÉES



Je n’ai pas tant été trompée par le féminisme progressiste que par le libéralisme dans son ensemble, c'est-à-dire une idéologie qui invite chaque individu réputé libre et autonome à faire non seulement ce qu'il veut, mais aussi à ne pas faire ce qu'il ne veut pas. Lorsque j'ai eu un enfant, j'ai rapidement compris que ce cadre était totalement inadéquat pour rendre compte de la relation d'amour viscéral et de dépendance totale qui existe entre une mère et son bébé. Lorsque votre enfant pleure pour avoir du lait au milieu de la nuit, vous ne pouvez pas rester allongée et penser « je ne veux pas me lever ». Cette prise de conscience m'a amenée à plusieurs conclusions en rupture avec le féminisme libéral. D'une part, cela implique qu'il existe des limites naturelles à l'aplanissement des différences entre les sexes ; cela suggère également que la liberté individuelle offre une vision trop réductrice du bien, en ne tenant pas compte de la valeur à accorder au soin apporté à nos proches dépendants. La maternité est l’angle mort du féminisme dominant depuis la deuxième vague. [...]


Les gauchistes sont formidables. Lorsqu’ils se sentent menacés, ils pleurnichent et crient à l’essentialisation. Ce sont pourtant les premiers à se vautrer dedans lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts. Dernier exemple en date, ce brûlot commis par une « autrice genevoise » dont le but consiste à nous faire croire que le sexisme et le « carnisme » sont défendus par les mêmes personnes : ces hommes infâmes qui vous expliquent que rien ne vaut un bon steak seraient les mêmes qui abusent des femmes. C’est scientifiquement prouvé, puisqu’on vous le dit. De là à nous expliquer que les « viandards » sont de gros cons prolétaires, il n’y a qu’un pas que Castillo franchit allègrement – tutoyant au passage le mépris de classe le plus forcené, mais passons… Elle nous rassure : les patrons de la Silicon Valley sont tous végétariens et défenseurs de la cause animale. La technocratie a encore de beaux jours devant elle… Si la consommation de viande à outrance est en effet à interroger, puisque le fait d’en consommer à chaque repas est bel et bien une invention capitaliste récente, notre « penseuse » helvète préfère taper sur les mêmes cibles que toutes ses consœurs néo-fems : à savoir les hommes, de Platon (!)…

Suite au décès de Martin Aurell, professeur d’histoire à l’université de Poitiers, qui venait de faire paraître sa belle biographie d’Aliénor d’Aquitaine, nous ne pensions plus avoir le plaisir de lire encore un inédit de l’éminent médiéviste. Et pourtant, cette chance nous est une ultime fois offerte avec Les Croisades – Histoire et idées reçues, ouvrage qu’il a codirigé avec Sylvain Gouguenheim, professeur d’histoire médiévale à l’ENS de Lyon rendu célèbre par la triste affaire à laquelle il donna son nom il y a de cela vingt ans. Cette somme réunit autour des deux un cortège d’historiens internationaux et spécialistes des croisades, dont l’objectif est de rendre sa complexité au phénomène en tordant le cou aux nombreuses caricatures qui en sont faites. L’ouvrage, organisé en chapitres thématiques qui adoptent chacun une approche originale ou inattendue, s’adresse plutôt aux initiés à l’histoire médiévale, au vu de sa densité et de son érudition.…


Au sens littéral, la catastrophe est un renversement et une chute. Un « mouvement vers le bas » qui coïncide avec la rupture d’un équilibre et qui, ce faisant, révèle une vérité cachée. Elle diffère du déclin et de la décadence qui constituent des processus qui s’étalent dans le temps, tandis qu’elle désigne l’instant capital où tout se joue, ce qui lui confère son intensité métaphysique et sa force de fascination. [...]
L’Incorrect
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