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Cicéron : la vertu en acte
Il est sans doute le plus grand auteur latin classique, à l’origine d’une œuvre monumentale qui compte discours, correspondances et traités en tout genre. Source de l’humanisme occidental, rien ou presque de sa pensée ne semble pourtant être resté, comme si sa réputation avait tout éclipsé. À peine se souvient-on de quelques éléments biographiques – originaire de la classe équestre, il devient à force de travail l’un des avocats les plus brillants de Rome, avant de se lancer en politique ; élu consul en -62, il est le premier homo novus (aucun de ses aïeux n’a occupé de charge publique) depuis une trentaine d’années à remplir le cursus honorum ; sénateur proche du parti conservateur (les optimates, opposés au réformisme des populares), il déjoue le coup d’État de Catalina puis se lie à Pompée contre César, puis à Octave contre Marc-Antoine, mais finit trahi et assassiné. [...]
« Le Prince et la loi en Occident » : miroir des bons princes
En quoi le prince est-il fondé à gouverner ? À quel point le peuple lui a-t-il délégué son pouvoir ? Dans quelle mesure son action est-elle soumise à la loi et circonscrite à un périmètre d’action ? Quels rapports entretient-il avec la coutume qui le précède et avec le droit naturel qui le surpasse ? À toutes ces questions qui sont le fond du problème politique, Yves Sassier examine les réponses que leur ont apportées les Occidentaux depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Âge tardif, dans une fresque passionnante qui tient ensemble érudition et concision. Où l’on voit que la France est bien fille d’Athènes, de Rome et de Jérusalem. [...]
Mary Harrington : pour un féminisme réactionnaire
Vous ouvrez le livre en évoquant votre cheminement personnel. Comment vous êtes-vous rendue compte avoir été dupée par le féminisme progressiste ?

Je n’ai pas tant été trompée par le féminisme progressiste que par le libéralisme dans son ensemble, c'est-à-dire une idéologie qui invite chaque individu réputé libre et autonome à faire non seulement ce qu'il veut, mais aussi à ne pas faire ce qu'il ne veut pas. Lorsque j'ai eu un enfant, j'ai rapidement compris que ce cadre était totalement inadéquat pour rendre compte de la relation d'amour viscéral et de dépendance totale qui existe entre une mère et son bébé. Lorsque votre enfant pleure pour avoir du lait au milieu de la nuit, vous ne pouvez pas rester allongée et penser « je ne veux pas me lever ». Cette prise de conscience m'a amenée à plusieurs conclusions en rupture avec le féminisme libéral. D'une part, cela implique qu'il existe des limites naturelles à l'aplanissement des différences entre les sexes ; cela suggère également que la liberté individuelle offre une vision trop réductrice du bien, en ne tenant pas compte de la valeur à accorder au soin apporté à nos proches dépendants. La maternité est l’angle mort du féminisme dominant depuis la deuxième vague. [...]
« Le Christianisme à l’épreuve de l’histoire » de Philippe Bénéton : Intelligence du catholicisme
Les dynamiques sociales et le mouvement des idées entretiennent la plus passionnante des conversations. Ainsi la période précédente, celle des folies sociétales qui détricotaient pour de bon notre dentelle sociale et anthropologique, fut comme ramassée par le maître-ouvrage de Chantal Delsol, La Fin de la chrétienté. La civilisation chrétienne était défaite ; mais la foi devait encore être défendue pour ne pas être emportée avec elle – et l’on assista au retour spectaculaire de l’apologétique. Aussi, après nous être enthousiasmés ces dernières années de la hausse continue des baptêmes d’adultes, il fallait un livre jalon qui vienne échafauder la cathédrale des croyants pour qu’elle puisse lancer plus haut encore ses flèches nouvelles. C’est ce livre que nous tenons entre les mains. [...]
La viande pour les nulles

Les gauchistes sont formidables. Lorsqu’ils se sentent menacés, ils pleurnichent et crient à l’essentialisation. Ce sont pourtant les premiers à se vautrer dedans lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts. Dernier exemple en date, ce brûlot commis par une « autrice genevoise » dont le but consiste à nous faire croire que le sexisme et le « carnisme » sont défendus par les mêmes personnes : ces hommes infâmes qui vous expliquent que rien ne vaut un bon steak seraient les mêmes qui abusent des femmes. C’est scientifiquement prouvé, puisqu’on vous le dit. De là à nous expliquer que les « viandards » sont de gros cons prolétaires, il n’y a qu’un pas que Castillo franchit allègrement – tutoyant au passage le mépris de classe le plus forcené, mais passons… Elle nous rassure : les patrons de la Silicon Valley sont tous végétariens et défenseurs de la cause animale. La technocratie a encore de beaux jours devant elle… Si la consommation de viande à outrance est en effet à interroger, puisque le fait d’en consommer à chaque repas est bel et bien une invention capitaliste récente, notre « penseuse » helvète préfère taper sur les mêmes cibles que toutes ses consœurs néo-fems : à savoir les hommes, de Platon (!)…

Croisades contre les idées reçues

Suite au décès de Martin Aurell, professeur d’histoire à l’université de Poitiers, qui venait de faire paraître sa belle biographie d’Aliénor d’Aquitaine, nous ne pensions plus avoir le plaisir de lire encore un inédit de l’éminent médiéviste. Et pourtant, cette chance nous est une ultime fois offerte avec Les Croisades – Histoire et idées reçues, ouvrage qu’il a codirigé avec Sylvain Gouguenheim, professeur d’histoire médiévale à l’ENS de Lyon rendu célèbre par la triste affaire à laquelle il donna son nom il y a de cela vingt ans. Cette somme réunit autour des deux un cortège d’historiens internationaux et spécialistes des croisades, dont l’objectif est de rendre sa complexité au phénomène en tordant le cou aux nombreuses caricatures qui en sont faites. L’ouvrage, organisé en chapitres thématiques qui adoptent chacun une approche originale ou inattendue, s’adresse plutôt aux initiés à l’histoire médiévale, au vu de sa densité et de son érudition.…

« L’Euthanasie en débat » : tu ne tueras point
À ceux qui souhaitent y voir plus clair sur l’euthanasie ou qui cherchent des arguments pour convaincre leur entourage, voilà le livre qu’il vous faut. Il est signé par l’apologète Matthieu Lavagna, auteur d’une entrée remarquée dans le débat public avec Soyez rationnel, devenez catholique, suivie d’ouvrages de circonstance : une réponse aux élucubrations d’Onfray (Le Christ n’est pas un mythe), une critique non-religieuse de l’avortement (La Raison est pro-vie), désormais une réfutation des arguments pro-euthanasie (L’Euthanasie en débat). À chaque fois, la même démarche féconde : s’il mène ces combats sociétaux au nom du Père, c’est toujours en usant d’arguments rationnels et non-religieux, et en s’appuyant sur le cadre légal de la République laïque. Diplômé en mathématiques, inspiré par la philosophie analytique et la disputatio médiévale, il surprend le lecteur français sur la forme – pas de grandes envolées littéraires, mais une argumentation serrée, didactique, référencée, en fait imparable, qu’il déroule aussi facilement qu’une bobine de fil.
Alexis Rostand : derrière la catastrophe, l’espérance
Qu'est-ce qu'une catastrophe ? Quelles différences avec le déclin ou la décadence ?

Au sens littéral, la catastrophe est un renversement et une chute. Un « mouvement vers le bas » qui coïncide avec la rupture d’un équilibre et qui, ce faisant, révèle une vérité cachée. Elle diffère du déclin et de la décadence qui constituent des processus qui s’étalent dans le temps, tandis qu’elle désigne l’instant capital où tout se joue, ce qui lui confère son intensité métaphysique et sa force de fascination. [...]

L’Incorrect

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