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L’art et les manières

On pourrait résumer les bonnes manières en listant une suite de règles de protocole. Certains livres le font d’ailleurs très exhaustivement, comme le bien connu Manuel de savoir-vivre de Nadine de Rothschild, seul livre par lequel jure votre Tatie Danièle, heureuse propriétaire de douze chats. Tout ceci reste cependant assez lointain et un rien ringard. Pour nous autres simples mortels, difficile de s’y retrouver dans cet empilement de codes sans l’aide d’un bon avocat. Pourtant, rien de bien sorcier.

Intello social

« Plus qu’une suite de règles, le savoir-vivre est l’art de mettre tout le monde à l’aise » explique Bérangère de Montebois, experte en savoir-vivre. Cette pétillante jeune femme de 28 ans vient de lancer, en compagnie de Cédric Kannengiesser, l’école L’art de vivre à la française, proposant un ensemble de formations à la bienséance. « Rien de rigoureux ou de trop codifié ! Il s’agit avant tout d’une démarche d’estime de soi et des autres ». Bref, mettre ses interlocuteurs en confiance, par de simples petites actions, une harmonie de gestes et de paroles qui éviteront à tout le monde un aller express pour Malaise TV. « Dans un monde qui nous infantilise, nous pousse à avoir des comportements instinctifs, presque animaliers, le savoir-vivre nous appelle à une exigence envers nous-mêmes », souligne notre experte. Si mamie vous enguirlandait pour que vos pieds dégagent de sa table basse, ça n’était pas qu’une question d’hygiène ; après tout, on sait que cette table basse sera nettoyée trois fois avant le coucher du soleil. Elle vous épargne de mauvaises habitudes, qui seraient gênantes lors d’un dîner chez vos collègues. Le vrai « vivre-ensemble », en somme. [...]

Difficile d'expliquer à Timéo qu'il faut tenir la porte aux filles quand on lui répète à longueur de programme télé que les filles et les garçons, c'est pareil

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Pisse-mémé et des orties

La verveine?: Rien de tel qu’une verveine bien tassée pour faire passer la nausée. Une cuillère à soupe infusée pour une tasse d’eau frémissante fera disparaître les lourdeurs d’estomac. Il vous faudra au moins ça pour digérer les slides montrant Bruce devenue Caitlyn Jenner devant lesquelles vous devez faire semblant de vous extasier. Bonus : la verveine détient également des effets légèrement narcotiques. Aussi, vous pouvez en préparer à l’avance en prévision de la réunion sur l’énergie éolienne.

La camomille?: Cette plante miracle recèle des propriétés anxiolytiques et relaxantes. On en fait infuser une cuillère à café dans une tasse d’eau bouillante pendant 10 minutes, et on l’avale d’un trait. Bien préparée, elle vous évitera de ricaner nerveusement devant l’intervenant, tout émerveillé par la transition d’Ellen devenu Elliot Page après des années d’un véganisme zélé. Bonus : certains s’en servent comme d’un redoutable insecticide.

Lire aussi : Élégante et frileuse

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Artisans ciriers : tous de mèche

Pour échapper à la vulgarité du monde, Jean des Esseintes compose des parfums subtils. Le personnage de Huysmans est un dandy antimoderne, et dans À rebours, il s’agit bien d’une lutte : la lutte contre une pensée qui aplatit tout au nom du progrès aussi inéluctable que désastreux. Des Esseintes est un résistant réactionnaire et l’odeur de frangipane qu’il combat chez lui à coups de vaporisateur est l’odeur de l’indifférenciation, l’exhalaison d’un monde industriel et aseptisé.

Un siècle plus tard, nous autres modernes devons affronter le monde digital, tout aussi liquide et aseptisé. Derrière nos écrans, nous manipulons des symboles, les fesses scellées à nos chaises. Nos corps ne se déplacent plus, nos mains ne produisent plus rien. Le calcul a pris le pas sur les sens. Sentir l’odeur de la terre, des plantes et des fleurs est devenue une expérience relevant du cabinet de curiosités. Mais comme des Esseintes, ils sont nombreux aujourd’hui à vouloir reprendre le contrôle de leurs existences. Dans son livre Les Défricheurs, Éric Dupin décrit les nouveaux modes de vie de ces Gaulois réfractaires. Lassés des « bullshit jobs » (les métiers à la con qui ne produisent rien de concret), ils se tournent vers les métiers manuels.

L'odeur de la terre, des plantes et des fleurs est devenue une expérience relevant du cabinet de curiosités

En 2018, Julie Manzoli reçoit comme cadeau un kit de fabrication de bougies : « Je travaillais comme opticienne mais j’étais très attirée par l’artisanat. Je voulais pratiquer une activité manuelle et créative ». Julie plaque tout pour créer sa marque : Iokko. Rien de japonais, il s’agit du nom de son chat ! […]

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Élégante et frileuse

Les chaussures?: Ne jamais lésiner sur le budget pompe ! Les pieds au chaud dans de bonnes chaussures affrontent le plus rigoureux des hivers. Une question demeure : bottes, bottines ou cuissardes ? Les règles de l’esthétique sont mathématiques et impitoyables : on réserve les cuissardes aux plus grandes d’entre vous. Les plus petites raflent les bottines. Pour affiner les chevilles, on choisit des modèles fourrés qui peuvent se retourner à la hauteur stratégique. Les bottes sont populistes : elles vous conviennent à toutes. [...]

Vraie ou fausse, la fourrure vous attirera les regards suspicieux des végans ; rien de tel pour ensoleiller les sombres jours hivernaux et faire ressortir le rose de vos pommettes

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La croûte est-elle de droite ?

J’entends par croûte la partie extérieure du pain, durcie à la cuisson. Qu’il soit bien entendu que je ne méprise pas les autres croûtes, comme celles qui renferme des pâtés, mais je ne traiterai ici que de la croûte de la baguette, voire du bâtard. Celle qu’on casse, qui s’émiette, qui a parfois bruni au feu?; celle que nous n’aimions pas quand nous étions petits car elle était dure, craquante, elle concentrait les saveurs les plus amères, elle rendait la bouchée compliquée, nous sentions ses dents rentrer dans notre palais et scier nos gencives. Nous n’aimions pas la croûte car elle nous paraissait défendre la mie ou plutôt nous la refuser en nous opposant une résistance incongrue et mesquine. Nous nous vengions en rongeant le pain jusqu’à la croûte et en laissant celle-ci, amollie de salive et dédaignée, sur la table du goûter (à table, on nous forçait à la manger?: nous la détestions encore plus). […]

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La passion des vignerons indépendants : l’or blanc d’Alsace

Véritable moteur économique, la filière viticole représente 40 % du produit agricole de l’Alsace. 4 000 viticulteurs emploient 15 000 personnes et 20 000 saisonniers. Chaque année 140 millions de bouteilles sont commercialisées dont 74 % sont destinées au marché français. L’exportation est essentiellement européenne avec pour marchés principaux la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. Le grand export (Asie, États-Unis) représente 25 % des exportations.

Devant la Loire et la Bourgogne, l’Alsace est le plus gros producteur de vin blanc. Son vignoble s’étend de Strasbourg à Mulhouse sur une bande étroite de coteaux. Protégé par la montagne (le massif sous-vosgien), le vignoble alsacien bénéficie d’un microclimat favorable à l’ensoleillement. Cette maturité exceptionnelle des raisins blancs donne des vins généreux et fruités.

Région élitiste et prospère, l’Alsace est aussi pionnière dans la viticulture biologique et biodynamique. En 2021, le bio représente 20 % du vignoble alsacien. En développant la viticulture durable, l’Alsace épouse les tendances actuelles de consommation.

Devant la Loire et la Bourgogne, l’Alsace est le plus gros producteur de vin blanc

Dans les années 50, l’exploitation du pétrole transforme radicalement le mode de vie des Bédouins. Chercheurs de perles, pirates ou commerçants à chameau, les Bédouins des Émirats deviennent en quelques années, les villageois les plus riches du monde. À 5 000 km de là, les Alsaciens prennent conscience de la richesse de leur sol. Dès les années 60, l’ouverture des frontières au commerce offre des perspectives d’enrichissement. Les paysans alsaciens abandonnent la polyculture pour se consacrer exclusivement au vin. Alors, posons la question crûment : les vignerons alsaciens sont-ils les Bédouins des Vosges ? [...]

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Traité de la vie élégante : Malotru et demi

Mon cher E., il faut décidément que je tienne à vous pour vous accompagner dans ce lieu de perdition !

– Ma chère Mathilde, vous savez à quel point j’en suis heureux. Ceci dit, qualifier les magasins Olaf surgelés de lieux de perdition me paraît un tantinet excessif, même si je reconnais que, là aussi, c’était mieux avant, lorsqu’on pouvait y trouver, à côté des steaks hachés à 5 % et des brocolis bio, des pigeons, du chevreuil et du sanglier, et que les vendeuses étaient réputées très à cheval sur la politesse… Elles se répandaient littéralement en « bonjour monsieur », « merci monsieur », « au revoir monsieur » et se mettaient en quatre pour les clients, au point que je me suis demandé parfois si le fait de connaître par cœur le manuel de savoir-vivre de la Baronne Staffe ne figurait pas parmi les conditions d’embauche.

Songeant à cette époque heureuse, E. posa distraitement son sac isotherme rempli à ras bord sur le présentoir, séparé de la caisse par une vitre de plexiglas qui montait jusqu’à deux mètres de hauteur – mais sans remarquer que du même coup, il s’approchait de quelques centimètres de trop de la cliente précédente, enfreignant par là-même les sages prescriptions de Salomon – le bras droit d’Olivier Véran, pas le fils du roi David. […]

Avant d’ouvrir la porte, il lui glissa en souriant qu’être malotru, c’est mal, mais que parfois, ça fait du bien

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Chute de tissus

Les grands noms de la mode paniquent. Leurs ventes n’en finissent plus de chuter, les boutiques physiques leur coûtent des sommes astronomiques, et leurs employés au SMIC se lassent de harceler les clients pour les « aider à trouver ce qu’il vous faut ! ». Perte sèche de 55 % en 2020, compensée uniquement à 4 points par des ventes internet faiblardes. Car derrière l’écran, la vendeuse « à disposition » n’est pas là pour vous rajouter « la ceinture qui va avec ! » destinée à disparaître au fond du placard. Ces peu coopératifs charbonniers furent près de 40 000 à perdre leur emploi depuis début 2020, la plupart par suite des fermetures administratives de novembre dernier.

Lire aussi : Blanc sein

La faute à qui ?

Déjà, au Covid. Nos chers touristes venus se délecter d’un Paris consciencieusement saccagé ont trouvé porte close chez les grands magasins dispensant la mode française au monde mal fagoté. Les aficionados français du shopping, en manque d’une collection de sacs à trimballer entre copines, n’ont pourtant pas boudé leur plaisir lors de la réouverture des commerces. Les seules soldes de juillet constituent près de 15 % du chiffre d’affaires de l’exercice 2020. Mais une fois passées l’attraction et la prise de bec avec le banquier, le phénomène s’est tassé. Le coupable était tout trouvé : c’est la faute des turbo-capitalistes extrêmement perfides, et de surcroît venus de l’étranger. Ignominie ! Scandale ! Il faut dire que les géants de la mode express tels que Shein, Asos ou AliExpress, n’entretiennent pas eux-mêmes de boutiques physiques. [...]

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