Skip to content

Artisans ciriers : tous de mèche

Allumer une bougie parfumée, c’est donner un esprit à sa maison. Après une journée stressante, la flamme chaleureuse de la mèche et la fragrance des parfums constituent un moment de détente. Depuis la crise sanitaire, les ventes des bougies s’envolent. Contraints à travailler chez eux, les Français veulent vivre dans un univers serein. Toutefois, le marché de l’odorat demeure très opaque. Le prix des bougies oscille entre 1 et 70 euros. En termes de santé, le pire comme le meilleur se côtoient.

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Pour échapper à la vulgarité du monde, Jean des Esseintes compose des parfums subtils. Le personnage de Huysmans est un dandy antimoderne, et dans À rebours, il s’agit bien d’une lutte : la lutte contre une pensée qui aplatit tout au nom du progrès aussi inéluctable que désastreux. Des Esseintes est un résistant réactionnaire et l’odeur de frangipane qu’il combat chez lui à coups de vaporisateur est l’odeur de l’indifférenciation, l’exhalaison d’un monde industriel et aseptisé.

Un siècle plus tard, nous autres modernes devons affronter le monde digital, tout aussi liquide et aseptisé. Derrière nos écrans, nous manipulons des symboles, les fesses scellées à nos chaises. Nos corps ne se déplacent plus, nos mains ne produisent plus rien. Le calcul a pris le pas sur les sens. Sentir l’odeur de la terre, des plantes et des fleurs est devenue une expérience relevant du cabinet de curiosités. Mais comme des Esseintes, ils sont nombreux aujourd’hui à vouloir reprendre le contrôle de leurs existences. Dans son livre Les Défricheurs, Éric Dupin décrit les nouveaux modes de vie de ces Gaulois réfractaires. Lassés des « bullshit jobs » (les métiers à la con qui ne produisent rien de concret), ils se tournent vers les métiers manuels.

L'odeur de la terre, des plantes et des fleurs est devenue une expérience relevant du cabinet de curiosités

En 2018, Julie Manzoli reçoit comme cadeau un kit de fabrication de bougies : « Je travaillais comme opticienne mais j’étais très attirée par l’artisanat. Je voulais pratiquer une activité manuelle et créative ». Julie plaque tout pour créer sa marque : Iokko. Rien de japonais, il s’agit du nom de son chat ! […]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest