Personne ne se posait la question il y a quelques années encore : si bébé hurle parce que son bidon gargouille, on le nourrit. Certaines préfèrent l’intimité d’une pièce fermée, d’autres choisissent de ne pas faire attendre leur progéniture, d’autres encore sortent l’artillerie lourde du chauffe-biberon pour s’épargner la question. Depuis peu cependant, les scandales concernant l’allaitement en public se multiplient.
Police des seins
À Bordeaux, en mai dernier, Maylis nourrissait discrètement son bébé dans la file d’attente d’un relais-colis en centre-ville. Elle se serait pris une gifle de la part de ce qu’il convient d’appeler poliment une « vieille bique ». Quelques jours plus tard, la même scène se déroule cette fois-ci au château de Versailles. Fort inapproprié pour un palais qui a dû voir bien plus indécent. De même, l’affaire d’une jeune Australienne sommée de stopper son allaitement à Disneyland Paris a défrayé la chronique en juillet. La raison invoquée par le personnel de sécurité du parc ? Cet acte choquerait la sensibilité de la clientèle étrangère. Pas la clientèle australienne, vous l’aurez compris. Nous touchons là un point saillant du problème : la mondialisation apporte, ainsi que la Pravda officielle vous le radote, un enrichissement constant et sans limites.
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Beaucoup trop riches
D’un côté, l’enrichissement d’outre-Atlantique : le puritanisme américain se délite au profit d’une tendance progressiste de libération du corps féminin. Allaiter en public n’est plus un besoin vital du bébé, c’est désormais une revendication féministe de la mère. De l’autre côté, l’enrichissement d’outre-Méditerranée : l’importation massive de populations à forte culture islamique oblige les femmes occidentales à repenser leur tenue. Plus question de laisser paraître trop de décolleté, même pour nourrir la chair de sa chair. La distinction entre santé et érotisme n’étant pas encore tout à fait perceptible dans l’arc culturel musulman, les dames devraient tout cacher pour épargner les prunelles de nos sensibles nouveaux concitoyens. Et puis, que faisaient ces dames dehors avec un bébé, d’abord, c’est sûrement pour draguer ? Ces deux outre-cultures collisionnent sur notre territoire si poreux aux influences étrangères enrichissantes. La loi est pourtant formelle : rien d’interdit concernant l’allaitement, mis à part en entreprise.
Toujours pas de pétrole, et pas beaucoup d’idées
Pour réitérer ce droit naturel, les élus prennent des initiatives. La mairie de Bruxelles a inauguré, le 4 août, un banc d’allaitement public, en partenariat avec la marque Elvie. Le 15 juin, la députée LREM Fiona Lazaar a déposé un projet de loi visant à rendre le délit d’entrave à l’allaitement passible d’une amende de 15 000 euros. Ce qu’elle déplore à nos confrères du journal 20 Minutes : « Il est dommage de devoir en venir là pour faire respecter un droit naturel, qui devrait être évident pour tout le monde ». « Tout le monde » : peut-être faut-il justement y justement chercher la source du problème.





