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Fabuleux Dior
Au milieu de tout ce marasme infernal de nouvelles idoles qu’on nous force à approuver, Dior nous présente sa nouvelle collection automne hiver 2020/2021 dirigée par Maria Grazia Chiuri dans un petit clip vidéo de Matteo Garrone. Là où l’on pourrait décemment s’attendre à l’ambiance demi-épileptique des créations contemporaines, on retient son souffle et on plonge dans un univers merveilleux. Et ce fut comme une apparition.
Le blanc, le buzz et l’Oréal
Enfants, nous jouions tous à ce jeu un peu naze qui consistait à faire deviner un mot en évitant d’en placer une liste précise dans la description. Le groupe l’Oréal, prêt à tout pour se faire remarquer dans le marché ultra concurrentiel de la beauté, réinvente ce jeu à l’échelle de l’industrie cosmétique. Désormais, les mots « clair », « blanc » et « blanchissant » sont bannis de son registre. Depuis la mort de Georges Floyd, la planète n’en finit plus de se chiner des motifs d’indignation sur la question ethnique. Qu’importe que le chômage décolle et qu’on sorte à peine d’un confinement catastrophique pour l’économie mondiale : l’urgence est de faire tomber des statues et de bannir des mots méchants.
L’autre rythme de la beauté
Vous ne trouverez pas ce label dans les aéroports, ni dans les galeries marchandes aux enseignes tapageuses. Peut être dans certaines boutique un peu branchouilles du centre-ville. Label bobo ? Pas autant qu’on pourrait le penser. Ce label, c’est celui de la Slow Cosmétique, ou cosmétique lente. On se rassure, leur essence-de-licorne-qui-rend-belle agit tout aussi vite que celle des « grands groupes ». L’aspect « slow » désigne leurs méthodes de production différentes, mais aussi leur approche du marketing. Ce label est décerné à des petits producteurs qui suivent un cahier des charges très précis, et ceux qui ont obtenu le pass magique peuvent être vendus sur le site du groupe. Quelles sont les exigences de la Slow Cosmétique ? Déjà, il faut que le producteur se trouve dans notre bel Hexagone. On apprécie cette touche de localisme qui fait pâlir d’envie un Montebourg en marinière. Ça doit coûter une blinde, me direz-vous, puisque ce n’est pas possible de le faire produire dans un pays au code du travail douteux. Que nenni, car voici la deuxième exigence : pas de pub ! En se délestant de tout frais de marketing, les producteurs parviennent à maintenir des prix extrêmement abordables, largement concurrentiels face aux produits homologues des grands groupes : « Notre mouvement rappelle sans cesse que l'efficacité d'un cosmétique n'a aucun rapport avec une égérie célèbre, un packaging clinquant ou des brevets à la chaîne ». [...] Réservé aux abonnés.

L’Incorrect

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