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Le blanc, le buzz et l’Oréal

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Publié le

30 juin 2020

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En maquillage comme en communication, on peut en faire trop. L’Oréal nous explique comment.

La mode de BLM

Enfants, nous jouions tous à ce jeu un peu naze qui consistait à faire deviner un mot en évitant d’en placer une liste précise dans la description. Le groupe l’Oréal, prêt à tout pour se faire remarquer dans le marché ultra concurrentiel de la beauté, réinvente ce jeu à l’échelle de l’industrie cosmétique. Désormais, les mots « clair », « blanc » et « blanchissant » sont bannis de son registre.

Depuis la mort de Georges Floyd, la planète n’en finit plus de se chiner des motifs d’indignation sur la question ethnique. Qu’importe que le chômage décolle et qu’on sorte à peine d’un confinement catastrophique pour l’économie mondiale : l’urgence est de faire tomber des statues et de bannir des mots méchants.

Parle correctement

L’Oréal ne possédant pas de statue, ils mettent les bouchées doubles sur la censure lexicale.

Dans son communiqué du 27 juin, le groupe annonce sobrement qu’il a « décidé de retirer les mots « blanc / blanchissant » et « clair » de tous ses produits destinés à uniformiser la peau ».

Leurs services marketings en seront réduits à des contorsions linguistiques créatives pour pour indiquer les teintes de leurs produits aux consommatrices.

Le résultat sur les ventes risque de ressembler à un naufrage de compétition.

Le résultat sur les ventes risque de ressembler à un naufrage de compétition.

Conséquences salées

La valeur de l’Oréal dévisse sur les marchés. Les actionnaires, voyant le désastre de relations publiques suscité par cette déclaration, se sont empressés de remettre en liberté leurs parts de cette entreprise trop inclusive pour être parfaitement sincère. Après tout, ce n’est pas comme si tout leur conseil d’administration était bl… leucoderme, si ?

L’Oréal a réussi, par un prodigieux manque de stratégie, à se flanquer à dos non seulement les opposants aux oukases de la Bien-pensance – ce qui était attendu – mais aussi les militants de la Team Progrès – ce qui l’était beaucoup moins.

Lire aussi : Olivier Battistini : « Les civilisations se consument de l’intérieur »

Les rangs se divisent

Le Camp du Bien ne voit évidemment aucun problème à ce que le mot blanc soit évincé. Après tout, chacun sait que le blanc est à l’origine de la faim dans le monde, des embouteillages sur l’A86 et du temps pourri qu’on a eu en mai. En revanche, les maîtres de la vertu dénoncent le black washing de fortune. Le problème réside selon eux dans le fait que l’Oréal rebaptise ses produits blanchissants sans pour autant les retirer de la vente. Et pour cause : il ne faudrait pas se mettre à dos 30% des recettes totale de la branche asiatique du marché cosmétique. Sous ces latitudes, la blancheur est synonyme de beauté, et aucune campagne antiraciste n’y pourra rien.

En revanche, les maîtres de la vertu dénoncent le black washing de fortune. Le problème réside selon eux dans le fait que l’Oréal rebaptise ses produits blanchissants sans pour autant les retirer de la vente.

La blancheur de peau y est considérée comme un marqueur de réussite sociale, et ce depuis des millénaires. Mais de nombreux militants, pour faire coïncider la réalité et leurs visions du monde, y lisent et y dénoncent une forme hallucinée de suprématie européenne.

L’Afrique emboîte sérieusement le pas, même si de manière beaucoup plus modeste en matière de pouvoir d’achat, avec des normes de production des produits blanchissants au rabais. On ne compte plus les horribles résultats de dépigmentation qui provoquent des lésions à faire grimacer les médecins les plus endurcis.

Le conseil d’administration diversifié de l’Oréal : 

Personne n’aime les fayots

Dans ce contexte, le fait de rayer le mot « blanchissement » sur un produit ne suffit pas. C’est même contre productif. En anglais, on appelle ça du virtue signaling, ou « signalement de morale ». Ça revient globalement à mettre un filtre sur sa photo facebook pour gratter du like auprès de Senglutaine, activiste écoconsciente engagée pour les droits des pandas roux. D’ordinaire, ça fonctionne, comme par exemple lors de la semaine de la gaypride où l’ensemble des groupes mondiaux arbore religieusement leurs petits logos coloriés à l’arc-en-ciel convenu avec leurs airs compassés et satisfaits.

Mais cette fois, l’Oréal a fayoté trop fort, et ça commence à se voir.

Tollé en ligne

Les réactions en ligne ne se sont pas faites attendre, et le hashtag #jarreteloreal, lancé par Damoclès, a rapidement pris de l’ampleur. Samuel Laffont, fondateur de Damoclès, témoigne pour L’Incorrect : « Certains pensent que les affaires concernant l’Oréal ne sont pas importantes et qu’il ne faudrait rien faire. C’est l’inverse qui est vrai : laisser ces marques propager cette propagande abjecte dans nos quotidiens, c’est céder toujours plus de terrain ». Le hashtag est passé premier de France dans les tendances twitter du week end, devançant même celui des #municipales2020.

Et les actions symboliques ont suivi avec entrain. Sur une courte vidéo, on voit Thaïs d’Escufon, la nouvelle icône de Génération Identitaire, jeter sans un mot son produit de coiffure l’Oréal dans une poubelle. En voilà au moins une qui aura voté ce weekend.

Lire aussi : L’autre rythme de la beauté

Parce qu’ils ne le valent plus

L’image de l’Oréal s’est effondrée à travers le monde. Ce qu’ils espéraient voir se transformer en une salve d’applaudissements convenus et citoyen-du-mondesques a mué en un désastre de communication.

Le maquillage s’estompe, et on arrive à discerner, derrière les restes de fond de teint non-sombre, le visage un peu totalitaire de cette nouvelle forme perfide de racisme anti _ .

Après les folles déclarations de ces derniers temps autour de Black Lives Matter, l’Oréal a fait déborder un vase plein à ras bord – notamment parce que les mots censurés visaient encore, comme un bingo magique, ceux dont le phénotype n’a pas l’heur de convenir aux seuils de mélanine attendus. Le maquillage s’estompe, et on arrive à discerner, derrière les restes de fond de teint non-sombre, le visage un peu totalitaire de cette nouvelle forme perfide de racisme anti _ .

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