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PSG-Inter Milan : Les barbares sont entrés dans Paris

Fluctuat nec mergitur, disaient-ils. Et pourtant, cette nuit-là, la capitale semblait sombrer. Elle tanguait sous les brasiers, suffoquait sous les lacrymogènes, bégayait sous les hourras d’une liesse devenue haine. Ce devait être une nuit de gloire, elle fut une nuit d’effroi. On attendait la joie, on eut le chaos. Le PSG triomphait enfin sur la scène européenne, mais Paris, elle, sombrait.

Tout avait pourtant commencé comme une promesse. Une ville parée de ses plus beaux atours, des drapeaux bleu-rouge aux balcons, des chants entonnés place du Trocadéro, sur les terrasses du 16e arrondissement, dans les bars saturés de cris et de vapeurs d’alcool. Il faisait chaud, trop chaud peut-être, comme un avertissement dans l’air lourd de fin mai. Le Paris Saint-Germain menait la finale contre l’Inter Milan. Les écrans géants diffusaient les images d’une victoire attendue depuis toujours. Les corps vibraient, les voix s’unissaient. Et puis…

Départ de feu

Puis il y eut Kléber.…

Quand la dignité devient une performance : entretien avec Chantal Delsol et Louis-André Richard sur l’euthanasie

La loi sur la fin de vie marque-t-elle, selon vous, un nouveau basculement anthropologique après la loi bioéthique et la PMA pour toutes ? Passe-t-on définitivement d’un devoir de soin à un droit à la mort ?

Chantal Delsol : Oui. C’est une étape de plus dans une longue marche qui nous mène du christianisme au paganisme. Tant que tout ne sera pas accompli, ce mouvement ne s’arrêtera pas. Ce que nous vivons, ce n’est pas une rupture mais une continuité logique. On va jusqu’au bout. On ne reviendra pas en arrière. Je me bats pour l’honneur, en sachant que je suis minoritaire. Mais cela en vaut la peine.

Lire aussi : [Enquête] Euthanasie : à qui profite le crime ?

Louis-André Richard : Au Québec, où la loi a été votée il y a dix ans, nous sommes passés de six cas la première année à plus de 5 000 aujourd’hui.…

Carlo Acutis, un millennial au Paradis : entretien avec le père Will Conquer

Qui est Carlo Acutis ?

Carlo Acutis, mes amis, n’est pas un simple nom dans les annales poussiéreuses de l’Église. C’est un météore de sainteté, un adolescent italien né en 1991 à Londres, mort en 2006 à Monza, emporté par une leucémie foudroyante à l’âge tendre de 15 ans. Mais ne vous y trompez pas : ce garçon en baskets et sweat-shirt n’était pas de ces âmes tièdes qui se contentent de vivoter. Non ! Il était un « geek de Jésus », un apôtre du numérique qui, armé de son clavier et de son amour incandescent pour le Saint-Sacrement, a transformé Internet en une cathédrale virtuelle. Sa vie ? Une offrande, un « fiat » joyeux au Christ, une offrande de soi-même dans l’Eucharistie, qu’il appelait son « autoroute vers le ciel ».

Vous avez écrit sa biographie : qu’est-ce qui vous a touché chez lui ?

Ce qui m’a saisi, c’est cette alliance paradoxale entre sa normalité désarmante et sa radicalité évangélique.…

Carte noire pour Richard Millet : Jacques Henric, un témoin
Qu’est-ce qu’un témoin ? Un contemporain de la vérité, quelquefois son martyr. Par son style et par son corps, l’écrivain est l’intempestif contemporain d’une vérité dangereuse pour le parti dévot qui a fait de l’inversion générale le viatique de l’empire du Bien, pour reprendre un titre de Philippe Muray. [...]
Sainteté mode d’emploi : entretien avec avec l’abbé Christian Venard

Qu’est-ce qu’un saint ?

Si je vous donne une réponse façon catéchisme, un saint est un homme ou une femme qui ont vécu une vie conforme à l’Évangile, en pratiquant les vertus (comme la charité, l’humilité, la foi, la patience, et l’amour de Dieu et du prochain…) de manière héroïque. Il y a la multitude innombrable de saints inconnus comme le décrit le livre de l’Apocalypse. Il y a aussi les saints, si vous permettez l’expression, « estampillés », c’est-à-dire que l’Église a canonisés : comme sainte Jeanne d’Arc, saint Pierre, ou plus récemment Jean-Paul II, Mère Térésa, et bientôt un jeune comme Carlo Acutis ! Si l’on veut élargir notre définition, dans la Bible, le mot saint désigne tous les fidèles, vivants ou morts, qui sont consacrés à Dieu. Dans ce sens, tous les baptisés sont appelés à devenir saints : « Soyez saints, car moi, je suis saint » (Lv 11, 44 ; 1 P 1, 16).…

L’héroïsme, pour quoi faire ?
La période moderne a vu le remplacement du régime héroïque par le régime victimaire. Ce ne sont plus les hauts faits qui sont distingués mais les victimes, en proportion des horreurs qu’elles ont subies. Ce sont elles, bien que là involontairement et passivement, et alors que personne ne voudrait embrasser leur condition, qui fascinent, parce que leurs souffrances nous sont inexplicables, et par-là intolérables. Premier paradoxe : l’ère de la victime met en lumière l’action du Mal, mais n’a jamais été si peu capable de le comprendre. Leur malheur n’a aucun sens ; elles ont vécu un martyre sans être martyrs. D’où leur sacralité : elles sont les élues d’un Mal qu’on avait promis de faire disparaître. Victimes expiatoires de notre cheminement vers le paradis terrestre, elles deviennent forces motrices du progrès, dont elles montrent l’inachèvement. On célèbre les damnés de la terre pour confesser notre incomplétude collective. À chaque fois, la « der des ders ». Second paradoxe : on révère les victimes car on rêve d’un monde où elles n’existeraient plus. [...]
Comic Con : fin de race pour les héros de l’Occident
À celui qui voudrait prendre la mesure du déclin réel de l’Occident, il fallait emprunter ce dimanche-là la voie royale du RER B, celui qui se perd dans les échangeurs autoroutiers, au nord de la capitale, avant de s’enfoncer dans les brumes industrieuses de la Plaine Saint-Denis, puis du Parc des expositions à Villepinte, étoile de béton quasi-brutaliste où se tiennent les foires annuelles de VRP et autres conventions de bimbeloteries – à commencer par celle qui nous occupe : le « Comic Con », démarcation française de son émanation américaine, rendez- vous officiel de tous les fans de comics – c’est-à-dire de bandes dessinées américaines estampillées DC ou Marvel et où s’époumonent des super-héros bigarrés et vaguement bipolaires. Ici, c’est l’empire de ce qu’on appelle, entre initiés, le fandom, c’est-à-dire le cercle d’initiés qui vouent un culte à cette contre-culture, élargie depuis à l’animation japonaise, à Star Wars, et aux feuilletons télévisés M6 du type Charmed ou Stargate SG-1, enfin bref à tout ce qui constitue en quelque sorte le divertissement industriel conçu dans les athanors à rêves de la post-modernité. [...]

L’Incorrect

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