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Gisèle Pélicot : l’héroïne que la France mérite
Certains la veulent pour le Prix Nobel de la paix. Une pétition réunit déjà 177 000 signataires. Gisèle Pélicot n’a pas attendu cette grotesque pétition pour être bombardée héroïne des temps modernes. Nouvelle icône en vogue pour les tabloïds, retenue par la BBC dans son classement des 100 femmes les plus influentes de l’année, aux côtés de l’actrice américaine Sharon Stone ou de Nadia Murad, cette jeune Yazidie qui lutte pour « mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’armes de guerre », elle était même en couverture de Paris Match, posant à son corps défendant, pourrait-on dire, avec son nouveau compagnon, « Jean-Loup » avec qui elle tente de se « reconstruire ». Si l’avocat de Mme Pélicot s’est empressé de dénoncer ces photos volées, rien ne semble pouvoir arrêter la machine médiatique qu’elle a même contribué à lancer : elle a déjà vendu les droits de son histoire à HBO, qui ne manquera pas d’en tirer un feuilleton tout aussi édifiant que racoleur. Quant au livre évidemment, il est déjà écrit et constituera pour son éditeur Flammarion une des valeurs monétaires sûres de la prochaine rentrée littéraire. En refusant le huis clos, c’est la France et bientôt le monde tout entier qui pourra approcher l’enfer de Mazan et poser ses jumelles dans la chambre des époux. Rien n’échappe au monde-spectacle, et surtout pas les alcôves les plus extrêmes de la perversion masculine… Au milieu de tout ça, Gisèle Pélicot ressemble déjà à une marque : sa frange soigneusement coupée, ses lunettes noires, son visage de Shar-Peï font déjà l’objet de pochoirs et de fresques sur tous les murs de France et de Navarre – en d’autres temps, on l’aurait bientôt vue au dos des paquets de céréales… [...]
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François, le pape des ruptures : entretien avec Christophe Dickès
Le pape François a débuté son pontificat avec une volonté de réformer-purifier la curie, notamment à la suite des différents scandales. Quel bilan tirez-vous ?

La réforme de la curie par le pape François faisait partie de la feuille de route qui lui avait été donnée par le Sacré collège en 2013. Elle était un impératif au regard des scandales qui avaient jalonné les pontificats depuis trop longtemps, c’est-à-dire depuis le pontificat de Paul VI (1963-1978). Même s’il affirmait le contraire, les scandales touchant la curie ont d’ailleurs été une des raisons de la fragilité et de la fatigue de Benoît XVI, qui a donc pris la décision de renoncer à sa charge. Une fois élu, François a pris des mesures drastiques et salutaires en vidant de sa substance – c’est-à-dire de son pouvoir financier – la fonction du Secrétaire d’État, le numéro deux du Vatican. En outre, il a nettoyé les écuries d’Augias de la fameuse banque du Vatican afin de répondre aux normes internationales en matière de transparence financière. Là aussi, son bilan a été positif il me semble. La réforme de la curie elle-même a pris bien plus de temps. Publiée très tardivement en 2022, la constitution Praedicate evangelium marqua la volonté de François de mettre fin à la centralisation romaine. Comme j’ai pu déjà le dire, il s’agissait de mettre l’accent sur la mission de l’Église plutôt que sur le contrôle doctrinal, de passer d’une « autorité-pouvoir » à une « autorité-service » d’inspiration jésuite. Seul l’avenir dira si cette réforme constitutionnelle portera véritablement ses fruits. [...]
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François, le pape du paradoxe : entretien avec l’abbé Vincent de Mello
Vous attendiez-vous à l’unanimité des réactions politiques et médiatiques à la mort du pape François ?

Je n’en ai pas été surpris. Cette classe politique, très peu surnaturelle, juge les papes avec les critères du monde. Elle réagit selon une logique conforme à ses propres catégories. Le conformisme règne. Le pontificat de François a été lu, interprété, voire salué à travers des lunettes purement politiques, selon une grille de lecture qui ignore la réalité théologique, ecclésiale, spirituelle. Cette grille politique, justement, semble avoir été omniprésente dans l’analyse de son pontificat. Est-ce spécifique à François ? Ce qui est particulier chez François, c’est qu’il a brouillé les pistes. Les mots n’ont pas le même sens dans le champ ecclésial et dans le champ politique. Être « progressiste » dans l’Église ne recouvre pas les mêmes implications qu’être « progressiste » en politique. Le progressisme politique défend l’avortement, l’euthanasie, la théorie du genre. Le progressisme ecclésial peut parfois lui ressembler mais il peut aussi en être très éloigné. François a lui-même affirmé qu’il n’avait jamais été conservateur, mais cela ne signifie pas qu’il soit un progressiste au sens où l’entendent les médias. Il y a là une ambiguïté terminologique majeure. On croit dire la même chose, on utilise les mêmes mots, mais on parle de réalités radicalement différentes. [...]
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Victime de père en fils : entretien avec Pascal Bruckner
D’où vient notre attrait pour la victime ?

Le victimisme est un dérivé du christianisme et du judaïsme. Le souci pour la victime vient de la Passion de Jésus-Christ, le Fils de Dieu crucifié comme un esclave sur la croix, et qui dans son martyr témoigne pour tous les faibles, opprimés et affligés. Les premiers sur terre sont les derniers au ciel, et inversement. C’est la subversion apportée par cette figure unique dans l’histoire humaine : pour la première fois, les forts n’ont pas raison contre les faibles, c’est une révolution fondamentale. Le culte de la victime vient donc du christianisme lequel, contrairement à ce qu’on entend ici ou là, dépérit peut-être comme pratique mais triomphe comme mentalité et continue à irriguer la société française dans toutes ses parties, y compris chez les athées ou à l’extrême gauche. En somme, la victimisation est une illustration de cette phrase de Chesterton : « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. » [...]
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Éditorial d’Arthur de Watrigant : Tu seras une victime, mon fils

Le pape nous a quittés. François est parti au lendemain de la victoire du Christ. Il aura tenu son ministère jusqu’au bout, rappelant que le sacerdoce n’est jamais loin de l’expression populaire. Après un carême de souffrance, mourir après la défaite de la mort, c’est quand même pas mal. Le temps de l’Église est long, bien hasardeux celui qui tirera le bilan de son pontificat dès aujourd’hui. On verra si les semences poussent – du moins si on tient jusque-là. L’époque se révèle bien incertaine, les choses bougent bien vite, trop peut-être. L’Église, elle, reste droite, solide sur ses appuis malgré les bourrasques. Si l’emballage eût pu paraître des plus suspects à certaines époques, deux mille ans d’existence prouvent que le produit est bon. On a même doublé le nombre de catéchumènes baptisés en France. Pareil pour les ados. Les obsédés de la laïcité – que François ne pouvait pas blairer – pointeront du doigt la chute des baptêmes des nouveau-nés pour se rassurer.…

Retraite des anciens conseillers généraux : Y’a bon la Wépub’ique !
Aaaaah ces mecs de droite ! Ils en ont des choses à dire sur les retraites. Surtout ne rien céder. Faut bosser les pauvres. Réalisme ! Dette ! Économies ! Partout dans le monde, c’est différent. Parie que cette couille molle de Bayrou va encore se coucher devant la CGT ! [...]
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Tanaland, le meilleur des mondes des néo-féministes
Tout commence le 16 septembre 2024 par une courte vidéo postée sur le réseau favori de la génération Z TikTok dans laquelle Salimatou, une élève de terminale de 18 ans plus connue sous le pseudonyme d’Hadja_bh2, annonçait officiellement faire ses valises pour rejoindre le monde merveilleux de « Tanaland ». [...]
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Carte noire pour Nicolas d’Estienne d’Orves : Cosette a la coupe
J’ai beau chanter la charcutaille, vénérer la tripe, génuflexer devant les andouillettes, il est des saucissonnages écœurants. Flânant l’autre jour dans le Relais H (oui, je dis encore Relais H) de la gare d’Avignon TGV, je fais une découverte étrange. Parmi les rayons de la librairie, je repère la petite tête d’oiseau perdu de Cosette, aux cheveux mouillés de pluie, dans le célèbre dessin d’Émile-Antoine Bayard (et non Gustave Doré, comme on croit trop souvent) et m’étonne que cette version des Misérables soit si mince. Je prends donc le Folio et le feuillette avec curiosité : 416 pages. Bizarre, bizarre. Chez moi, le Pléiade en fait 1900… Quant au résumé, il me semble aussi maigre qu’erroné : « Sorti du bagne, Jean Valjean cherche la rédemption, mais la société lui refuse ce pardon. Pour porter secours à Cosette, il devra s’inventer une autre identité… » Ben voyons ! La phrase suivante n’est guère plus engageante : « Ponctué par les voix de Paris et la musique de ses rues, Les Misérables compose le chant du peuple en armes. » On dirait ce jus de crâne régurgité par les pubards en quête de formules creuses pour vendre du vent. Alors je comprends, sidéré : « Ce volume est une version abrégée du chef-d’œuvre de Victor Hugo, qui suit le déroulé des épisodes chantés dans la comédie musicale. » [...]
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