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Papacito : « Je prends un malin plaisir à aborder des sujets sensibles pour la gauche »

Ce mercredi 9 juin, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête contre vous pour « provocation publique non suivie deffet à la commission datteintes à la vie ou à lintégrité des personnes », après la publication d’une vidéo visant à « tester si le gauchisme est pare-balles ». Comment avez-vous réagi ?

Je sais pertinemment que c’est sous la pression médiatique que le parquet, pour montrer qu’il n’y a pas une immunité absolue, a décidé d’ouvrir une enquête. Je suis confiant sur le contenu de ma vidéo, je pense que ça n’ira pas plus loin. Si cela débouche sur une procédure pénale, je pense que ce serait un mauvais calcul : cela me donnerait beaucoup de visibilité, me permettrait de lever des cagnottes et d’attaquer à mon tour pour diffamation. Il y a la jurisprudence Dieudonné. Je pense qu’ils marchent sur des œufs, qu’ils doivent ménager la chèvre et le choux, et ils n’ont surtout pas envie de voir émerger une nouvelle figure qui soit le porte-parole de la « fachosphère ».

Aimeriez-vous justement devenir cette figure du conservatisme ? 

Je ne veux pas avoir le monopole, j’estime que le combat est multiple, et qu’il y a des gens qui sont bien plus performants que moi. Bien sûr, dans ce que je fais, j’aspire à avoir plus de visibilité, mais je ne veux pas devenir le représentant de ce courant parce que les défauts qui sont les miens deviendraient ceux de mon camp.

Je montre l’extrême dichotomie qu’il y a entre l’état d’esprit de la gauche souvent anti-armes et anti-police, et la réalité de la violence d’une attaque terroriste.

Vous attendiez-vous à un tel détournement de votre vidéo ?

En la faisant, je savais qu’il y avait des ingrédients qui feraient réagir la gauche. Je pensais qu’il y aurait des articles de presse et c’est un peu ce que je visais, parce que j’aime la provocation. En revanche, je ne m’attendais pas à ce que ce soit repris idiotement par Mélenchon, puis à la télévision. Un stade a été dépassé, mais qui il m’offre plus de visibilité. Si on s’attache à ce qui est dit et à ce qui est montré, bien sûr qu’il y a de la provocation. Mais je montre l’extrême dichotomie qu’il y a entre l’état d’esprit de la gauche souvent anti-armes et anti-police, et la réalité de la violence d’une attaque terroriste. Je voulais montrer ce que c’est que de vivre quelque chose d’extrêmement violent comme une attaque terroriste, et c’est ce qui les a vexés. Je prends un malin plaisir à aborder des sujets sensibles pour la gauche, à savoir la sécurité, et non pas celle des autres mais la leur. Habituellement, c’est caché, on l’apprend par les médias, les mots sont choisis : il y a un « camion fou » plutôt qu’un mec qui roule sur des gens. [...]

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Un samedi contre les idées d’extrême-droite

Le 4 mai 2021, Libération publiait une tribune appelant à une grande manifestation au printemps contre les idées d’eXtReMe DrOiTe. Écrit par un collectif de militants politiques, d’associations, de syndicalistes et de quelques personnalités de la société civile, ce texte rédigé en écriture inclusive a tout pour exciter les plus hautes sphères étudiantes, allant du département d’archéologie à celui d’histoire de l’art.

Les signataires espèrent que ce rassemblement organisé dans plusieurs villes permettra un « sursaut démocratique et citoyen». La complaisance des médias, des partis politiques et des dirigeants, notamment de Jean-Michel Blanquer, de Gérald Darmanin et Marlène Schiappa selon les signataires, à l’égard des idées nauséabondes doit cesser. [...]

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Racisme, sexisme, violence et harcèlement : bienvenue à la mairie de Paris – Episode 1

L’affaire du jeune Guillaume et de Maxime Cochard, conseiller municipal, a révélé l’ampleur et la perversité d’un vaste réseau « d’amis » de la mairie de Paris. Certains agresseurs semblent jouir d’une impunité et d’une bienveillance qui interrogent. « SosFonctionnaireVictime », une association qui comme son nom et son objet l’indiquent vient en aide aux fonctionnaires victimes de souffrance au travail, a recueilli nombre d’histoires relatant la descente aux enfers de fonctionnaires, hommes ou femmes, pour avoir désigné un supérieur hiérarchique ou un élu comme étant source de leurs tourments.

À propos de Guillaume Tran Tahnh, cet étudiant de 20 ans qui s’est suicidé le 9 février dernier après avoir accusé Maxime Cochard et son compagnon Victor Laby – tous deux militants PCF proches de Ian Brossat – de l'avoir abusé sexuellement en 2018, l’association, contactée par L’Incorrect, explique : « On trouve à travers cet exemple le schéma typique de ces dernières années. Une personne se signale comme victime, aussitôt l’auteur présumé fait savoir publiquement qu’il la poursuit pour « dénonciation calomnieuse ». On note un déséquilibre dans les moyens à dispositions des protagonistes. D’un côté, un jeune en rupture familiale, isolé, sans emploi en pleine période de confinement ; de l’autre un couple plutôt à l’aise financièrement qui publie les SMS de Guillaume dans Le Parisien laissant entendre que sa démarche serait vénale ou répondrait à un désir de vengeance. Le choix de la photo de l’article en question est en soi un parti pris puisqu’elle a été fournie par Maxime Cochard. Est-ce cette démonstration de force qui a conduit Guillaume au suicide ? C’est probable. Dans les dossiers qu’on traite, le « supérieur » bénéficie assez souvent de la prise en charge par la mairie de Paris des frais d’avocats pour poursuivre le plaignant démuni  ».

Mais il se pourrait que cette affaire – qui est encore en cours d’instruction judiciaire – ne soit que la pointe émergée de l’iceberg. D’autres révélations mettent en lumière des pratiques et des méthodes de harcèlement, de sexisme mais aussi de racisme courantes chez certains cadres de la mairie de Paris. La chape de plomb qui recouvrait ces habitudes commence à s’effriter au point de gêner dans les plus hautes sphères de l’Hôtel de Ville. Parmi les différentes affaires, un nom revient de façon récurrente, celui de Didier Conques.

Lire aussi : Racisme, sexisme, violence et harcèlement : bienvenue à la mairie de Paris – Episode 2

Qui est-il ? L’homme se définit comme un « Béarnais », et ne manque pas d’être folklorique. Ce haut fonctionnaire de 62 ans a gravi les échelons de la Poste avant d’intégrer la mairie de Paris. Une ascension non dénuée d’éclaboussures : en effet, ces dix dernières années, son nom apparaît défavorablement dans diverses polémiques. Proche de la maire du XXe arrondissement Frédérique Calandra, et protégé d’Anne Hidalgo, il a semblé jusqu’à maintenant intouchable, comme s’il bénéficiait d’une protection particulière.

Revenons en arrière : pourtant bien installé depuis 2008 à la mairie du XXe en qualité de Directeur général des services, Didier Conques a été démis de ses fonctions à l’issue d’un ultime scandale en octobre 2018. Depuis son arrivée, son comportement avait été mis en cause dans trois enquêtes internes dirigée par l’Inspection générale des services. Pourquoi l’Inspection de la Ville de Paris, pourtant informée, n’a pas mis un terme plus tôt au management qu’orchestre monsieur Conques « par la terreur et le racisme » selon le Comité justice et liberté pour tous (CJL) ? Candidate de la France insoumise dans le XXe arrondissement aux dernières municipales, Danielle Simonnet avait relayé au Conseil de Paris « plusieurs échos d’agents se plaignant de l’autoritarisme du DGS de la mairie, certains songeant même à entamer des démarches devant les tribunaux pour discrimination ». Mais qu’a donc bien pu commettre Didier Conques ?

Le racisme en commun

Ils sont légions les employés de cette mairie de l’Est parisien et les délégués syndicaux qui rapportent les propos surréalistes tenus par le soutien et proche d’Anne Hidalgo. Cet homme fièrement socialiste cacherait-il un grand raciste dans l’âme ? C’est ce que laisse penser un ensemble de témoignages répandus à travers les médias : ainsi, Metronews titrait-il : « À la mairie du XXe, les agents priés de ne plus "parler arabe"» ; dans Le Parisien, on découvre que lors du mariage entre une femme blanche et un homme noir, Didier Conques se serait fendu d’un : « C’est contre-nature ». Dans 20Minutes, à propos de Roms recueillis à la mairie après un incendie : « Ils sentent fort ces gens-là », avant d’ordonner aux employés de « surveiller qu’ils ne volent rien ». Un employé est noir ? « Il a estimé qu’Abdou avait le profil d’un videur. Parce qu’il était noir et costaud ». Lorsque le CJL dévoile son enquête, Didier Conques s’indigne d’être « comparé au sénateur RN Stéphane Ravier », pourtant jamais condamné pour racisme. Le Directeur général des « sévices », comme le surnomment en son absence certains agents, porte plainte contre le CJL pour « atteinte à son honneur ».

Harcèlement et drôles de mœurs

En 2018, Sabine Vorin, une femme de ménage originaire d’Afrique et des Antilles, est retrouvée morte dans une bibliothèque de l’arrondissement. Elle avait été mutée ici, quittant son poste et sa « famille » de collègues de la mairie du XXe où elle aurait été victime, selon plusieurs associations et syndicats, de « remarques racistes, sexistes et grossophobes, proférées par le directeur général des services », autrement dit Didier Conques. Danielle Simonnet avait alors lancé un appel à témoigner pour briser l’omerta : d’après certains employés dont son chef direct, monsieur Conques l’aurait surnommée « la grosse noire qui pue ». Sabine Vorin racontait elle-même subir les remarques sur son poids, sa couleur de peau de la part de l’ancien DGS chaque fois qu’elle se rendait à nouveau dans la mairie. Lors des funérailles de madame Vorin, Didier Conques était présent, présence qualifiée de « honteuse » par les collègues et le chef de la défunte.

« Quand Didier Conques, DGS du XXe me demandait au sein de la mairie si sous ma robe je portais « des bas ou des collants », Calandra [la maire du XXe, Ndlr] n’a pas réagi comme il se devait. Une fois de plus elle montre que la lutte contre toutes les violences contre les femmes ne l’intéresse pas. »

Côté Hôtel de Ville, aucune réaction. Pourtant, c’est exactement à cette même période qu’une intervenante extérieure à la mairie de Paris, Sophia Hocini, décide d’accuser publiquement l’ancien DGS depuis son compte Twitter en ces termes : « Quand Didier Conques, DGS du XXe me demandait au sein de la mairie si sous ma robe je portais 'des bas ou des collants', Calandra [la maire du XXe, ndlr] n’a pas réagi comme il se devait. Une fois de plus elle montre que la lutte contre toutes les violences contre les femmes ne l’intéresse pas. « Shame ! ». Mais avant elle, Didier Conques a déjà attaqué d’autres cibles : « J’ai en effet eu droit à la carte Premium de la souffrance au travail, la totale sans avoir rien commandé ! » déclare Yanis [le prénom a été modifié], victime supposée de Conques. Que s’est-il donc passé ?

En 2009, Yanis est recruté par la mairie du XXe arrondissement pour devenir agent de logistique générale catégorie C, c’est-à-dire un petit fonctionnaire au bas de l’échelle. Très vite, Didier Conques semble s’intéresser de trop près à lui. Ces propos nous sont encore rapportés par l’association SosFonctionnaireVictime : si M. Conques refuse de serrer la main à la plupart des agents, il ne rechigne cependant pas à « caresser le bras, le dos, palper le haut du buste et à se montrer très tactile » avec Yanis. Si bien que l’employé fraîchement embauché décide de quitter la mairie du XXe pour se soustraire à ses gestes. Et c’est là le début des problèmes administratifs : Yanis, qui était pigiste dans différents médias en sus de son emploi de fonctionnaire, a des réflexes journalistiques : il enregistre quasi-systématiquement et secrètement les échanges qu’il peut avoir avec son DGS en tête-à-tête quand ce dernier le convoque. L’Incorrect a eu accès à certaines retranscriptions d’enregistrements : « Pourquoi vous voulez me quitter ? » entend-on Conques le supplier.

Dans une relation à sens unique, Didier répand la rumeur selon laquelle Yanis serait homosexuel après que sa compagne de l’époque a appelé à la mairie pour signaler l’arrêt maladie de Yanis. Malveillance ou jalousie ? Un soir alors que Yanis range le mobilier d’une salle de la mairie, il se produit ce qui suit : « J’achève de ranger les chaises sur un chariot (…) M. Conques essaie d’empoigner mes testicules en disant ‘votre pantalon tombe, il faut le remonter’ », tout en dirigeant sa main vers les parties intimes de l’agent qui excédé jette la chaise au sol. Selon la plainte dont a pris connaissance l’association chargée du dossier : « Conques a multiplié les gestes de ce type, lui a tiré avec force sur son pantalon au point d’en déchirer la poche arrière, il lui a glissé la main entre les fesses... Toujours par surprise ! ». D’autres témoignages viennent corroborer les dires de Yanis concernant les agressions de Conques. Damien [le prénom a été changé, Ndlr ], un collègue jusque-là resté discret raconte comment le DGS a mimé une sodomie sur lui alors qu’il poussait un charriot de matériel. Un autre jour, alors qu’ils sont seuls dans une pièce de cette vaste mairie, Didier Conques le gifle par deux fois. Mais toujours en l’absence de témoins, lequel des deux, le cadre ou le manutentionnaire, serait-on censé croire ?

La folle mafia d’Anne Hidalgo

Car Didier Conques peut compter sur une défense en béton. Un important dispositif mis est en place par la mairie. Yanis l’affirme : « Malgré la multiplication des alertes, les signalements de syndicats, des articles, Conques n'a jamais été sanctionné alors qu’en tant que DGS il a détruit la carrière de beaucoup d'agents en ayant recours à la calomnie et au mensonge ».

Lire aussi : Dossier LGBT – Du droit à l’indifférence au droit à la différence

Yanis dépose plainte contre Didier Conques pour harcèlement moral, sexuel, agressions sexuelles et incitation à la violence en mars 2012. Au Parquet de Paris, il précise ne pas vouloir être interrogé au commissariat du XXe, connaissant la proximité de la police avec la mairie. Des accusations graves qui se retournent contre lui. Toujours selon SosFonctionnaireVictime : « Anne Hidalgo aussitôt informée du dépôt de plainte est entrée dans la boucle : elle a ouvertement essayé de prendre de court l'enquête officielle par une pseudo enquête « faite maison » portant sur le comportement de Conques et surtout du plaignant. On nage en plein délire. L’inspection générale a auditionné une quarantaine de personnes dont une trentaine ne connaissait pas Yanis. Lui a été convoqué et y est allé en toute confiance. Sur place, on lui a demandé d'éteindre son portable et de poser ses affaires dans un coin de la pièce, comme s'il s'agissait de Mohammed Merah, d’un terroriste alors que c'est lui qui avait porté plainte ».

Une situation surréaliste qui perdure. Rien n’est épargné à la victime : « On est revenu longuement sur ses origines, sa religion et sa sexualité. Pendant quatre heures, il est resté enfermé et accablé, pressé de questions dans une pièce au septième étage d’une tour », toujours selon l’association. Une fois de plus, Danielle Simonnet interpelle Anne Hidalgo au Conseil de Paris qui laisse entendre que Yanis est un menteur malgré une plainte très circonstanciée.  

« Madame Hidalgo a demandé une enquête sur Yanis, sur ses activités journalistiques et a voulu le faire passer en conseil de discipline pour le révoquer. Ils se sont déchainés contre lui », poursuit Alexandre, membre de l’association. Ce que confirme l’intéressé : « Didier Conques et la mairie de Paris ont tenté de me faire passer pour un mythomane animé d'une soif de vengeance auprès du Parquet de Paris. Je relate des faits précis qu’il nie de son côté. Plus tard, la mairie de Paris, en découvrant l'existence de ces preuves sans en savoir exactement le contenu, va chercher à me faire passer en Conseil de discipline pour avoir... enregistré et filmé ! » Par trois fois, la mairie cherchera à faire traduire Yanis en Conseil de discipline et ce, avec l’aval d’Anne Hidalgo. Au début des évènements, un cadre l’avait mis en garde : « Fais très attention ! En ce moment, il parle de toi au cabinet, il monte un dossier ». Mais qui est cet « il » ? [...]

Burkini à la piscine : le Parti socialiste et les féministes valident

L’été arrive et charrie avec lui les beaux jours, la chaleur étouffante et les débats enflammés : la polémique sur le burkini fait son grand retour, comme chaque année depuis une bonne décennie.
Fin mars, lors des débats sur le projet de loi contre le séparatisme, renommé « confortant le respect des principes de la République », le Sénat à majorité de droite a voté un amendement précisant que le règlement intérieur des piscines et des espaces de baignade publique doit respecter les principes de neutralité des services publics ainsi que le respect de la laïcité. Il ajoutait explicitement l’interdiction pour les mineurs d’y porter des signes religieux ou « des vêtements qui signifieraient l’infériorisation de la femme sur l’homme ». Comprendre : pas de burkini dans les piscines.


Lundi 1er juin, des députés du Parti socialiste soutenus par la majorité présidentielle ont déposé un amendement en commission spéciale visant à supprimer celui cité plus haut. Ils dénoncent son inconstitutionnalité avec la loi de 1905, et son caractère stigmatisant, qui encouragerait le repli communautaire. Ce sont Céline Pina et Naëm Bestandji, militants zélés de la laïcité, qui ont tiré la sonnette d’alarme sur cet amendement porté par la gauche progressiste, amendement qui rouvre une question dont on peine à comprendre qu’elle fasse encore l’objet de débats. Dans une lettre ouverte sur son Facebook, Céline Pina a dénoncé les compromissions du PS avec l’islamisme : « Ami islamiste, le PS t’es dévoué. N’oublie pas de lui renvoyer l’ascenseur. Le clientélisme demande un peu de réciprocité. Sois bon, ce sont des gagne-petits et ils sont en fin de course, bientôt tu pourras te passer d’eux et conquérir tes propres territoires ».

C’est bien le burkini qui est la marque du communautarisme, le même qui sépare les femmes des hommes, puis qui sépare les femmes entre elles


Naëm Bestandji, qui se présente comme un « anti-intégrisme religieux », s’est offusqué de la réaction de l’association Alliance citoyenne, qui s’est félicitée sur son compte Twitter de l’initative du PS : « L’amendement anti-burkini de Michel Savin est tombé ! Préparez vos maillots, on est toustes (sic) à la piscine cet été », sans oublier de mentionner Taha Bouhafs et Rokhaya Diallo. Le blogueur qualifie l’association grenobloise Alliance citoyenne de l’une des « plus sexistes et rétrogrades en France », et souligne son lien avec l’islamisme politique. Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, a lui-même condamné le parti pris islamiste du mouvement, qui lui avait réclamé un entretien alors que plusieurs femmes musulmanes étaient entrées dans les piscines grenobloises en burkini : « Je me refuse d’entrer dans un dialogue avec des revendications communautaristes ». L’association a précisé que leurs revendications visaient le « port de maillot de bain couvrant », et qu’ils s’accommodaient tout à fait des « heures réservées aux femmes dans les piscines ». (...)

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Le retour de la terrasse
En ville, déjeuner « en terrasse » signifie souvent déjeuner sur le trottoir, frôlé par les passants et les trottinettes. Cette année, avec le covid et les jauges, la terrasse est directement située dans la rue, jonchée sur des palettes de chantier, accompagnées d’une moquette en plastique imitation herbe. Un charme unique, qui transforme le […]
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Christophe Geffroy : « Le catholicisme est en voie de marginalisation »

On évoque sans cesse la lutte des pouvoirs, temporel et spirituel : y a-t-il cependant encore un pouvoir spirituel en France aujourd’hui, du point de vue catholique ?

Un pouvoir spirituel au sens où il s’est longtemps exercé tout au long de notre histoire, à savoir faisant peu ou prou jeu égal avec le pouvoir temporel dans un environnement qui demeurait culturellement chrétien, certes non ! Mais cela ne signifie pas qu’il n’y ait plus de pouvoir spirituel en France. Ce pouvoir, bien que fort diminué, existe toujours et l’État, au demeurant, entretient avec lui des relations officielles, montrant par-là que le terme de « séparation » est impropre : la République entretient les églises (après les avoir volées), reconnaît l’autorité spirituelle du pape sur ses fidèles, subventionne l’enseignement catholique sous contrat d’association (aide à double tranchant qui a largement contribué à faire perdre à nombre d’établissements concernés leur spécificité chrétienne), accueille des aumôniers militaires dans le cadre du diocèse aux Armées et, depuis 2002, a établi des contacts réguliers entre Matignon et les représentants qualifiés du Saint-Siège ; ajoutons que l’Église ne subit guère de pressions pour la nomination des évêques et qu’elle bénéficie d’une liberté réelle pour l’annonce de l’Évangile.

Lire aussi : Catholiques, enfin minoritaires !

Tout cela dessine une face plutôt positive du rapport Église-État, mais elle a sa contrepartie, lorsque la laïcité vire au laïcisme : on le voit lorsqu’un gouvernement méprise la religion rabaissée à un aspect secondaire de la vie, cherche à contrôler l’éducation des enfants ou lorsqu’il impose des transgressions anthropologiques sans précédent qui s’inscrivent dans une vision athée de l’homme alors que l’État est censé être « neutre » en la matière, ce qui est impossible

Si 65 à 70 % des Français sont encore baptisés, nombre d’entre eux ne connaissent plus grand[1]chose de leur religion et, surtout, les catholiques pratiquants (ceux qui vont à la messe tous les dimanches) ne représentent plus que 1,8 % de la population. Autrement dit, le catholicisme est en voie de marginalisation dans le pays qui fut la « fille aînée de l’Église » : difficile, dans ce contexte, espérer avoir un pouvoir spirituel très influent, surtout lorsqu’émerge dans ce domaine un « concurrent » agressif et sans complexe qui réussit à imposer ses vues par l’intimidation : l’islam. [...]

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Troisième lecture : l’Assemblée nationale adopte le projet de loi bioéthique

Pour la troisième fois, le projet de loi relatif à la bioéthique a été adopté au Palais Bourbon. Sur les 127 voix exprimées, 84 étaient favorables au texte contre 43. Trois députés se sont abstenus.

Sans surprise, LR a été particulièrement actif avec le dépôt de 850 amendements (sur 1590). Le groupe s’est prononcé à la très grande majorité contre le projet de loi, à l’instar de Julien Aubert, Éric Woerth, Guillaume Larrivé, Patrick Hetzel, Xavier Breton, Jean-Luc Reitzer ou Jean-Louis Thiériot. Trois députés du parti – Maxime Minot, Pierre Vatin et Laurence Trastour-Isnart – ont cependant voté pour la PMA aux couples de femmes. La hiérarchie du parti avait visiblement autre chose à faire : le Président général Christian Jacob, le Vice-président Guillaume Peltier et le Secrétaire général Aurélien Pradié n’ont pas participé au vote.

Si le RN a déposé six amendements, dont un n’a pas été soutenu, il a déserté les bancs de l’Assemblée lors du vote : aucun des six députés, parmi lesquels Marine Le Pen et Sébastien Chenu, n’étaient présents

Des 46 députés de la majorité présidentielle, seul Yves Daniel a résisté en votant contre.…

Vers un impôt mondial sur les sociétés ?

Le sommet du G7 qui s’est déroulé à Londres les 4 et 5 juin dernier a vu les sept pays participants – Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis, le Canada, le Japon et la France – conclure un accord sur la taxation des géants du numérique et sur un impôt minimal des sociétés. Bruno Le Maire s’est félicité de cet « accord historique » sur les réseaux sociaux immédiatement après sa signature.

Lire aussi : L’Inconomiste : Les monnaies locales complémentaires, vers l’économie de demain

Depuis nombreuses années, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) travaille à la mise en place d’un impôt mondial sur les sociétés, mais aucun accord n’avait été sérieusement envisagé du fait de l’opposition des États-Unis et surtout de l’administration Trump. L’élection de Joe Biden a changé la donne : il s’est rapidement déclaré favorable à une telle réglementation, en proposant d’abord un taux d’imposition de 21%, avant d’accepter un seuil minimal de 15% qui donnait bons espoirs aux autres grandes puissances occidentales avant le sommet. La veille de la rencontre, le Guardian publiait d’ailleurs une tribune dans laquelle Bruno Le Maire et ses homologues allemands et espagnols manifestaient leur unité et leur ambition.

L’objectif est de stopper l’optimisation fiscale en mettant fin aux paradis fiscaux, de freiner la concurrence fiscale entre États qui incite au dumping.

L’accord qui a été conclu retient un taux minimal de 15%, quand bien même les acteurs s’accordent sur la nécessité d’un taux plus élevé par la suite. L’objectif est de stopper l’optimisation fiscale en mettant fin aux paradis fiscaux, de freiner la concurrence fiscale entre États qui incite au dumping. Les paradis fiscaux perdraient tout leur intérêt puisque leurs taux d’imposition augmenteraient drastiquement, et que les entreprises seraient obligées de payer cet impôt dans les pays où elles réalisent leurs bénéfices.

Renouveau du capitalisme 

Si cet accord est « historique », c’est à la fois parce qu’il n’y en a pas eu d’une telle ampleur depuis Bretton Woods, parce qu’il marque le retour du multilatéralisme et parce qu’il représente une rupture économique importante. Depuis les années 80, le modèle de concurrence fiscale s’est imposé comme moteur de l’économie. L’optimisation fiscale légale s’est alors répandue, les entreprises se domiciliant dans les pays à faible imposition. Les États à fort taux d’imposition, donc au système social développé, y perdent des recettes conséquentes, ce qui crée une incitation au dumping social. Ce phénomène d’optimisation fiscale a été très largement aggravé par la délocalisation et la digitalisation, et favorise les entreprises les plus puissantes : cinquante entreprises parmi les plus riches des États-Unis ne payeraient pas d’impôt depuis trois ans. [...]

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